Des chaînes humaines devant les écoles publiques

Des parents du regroupement Je protège mon école publique, devant l’école Saint-Jean-de-Brébeuf, à Montréal. À droite, la porte-parole Pascale Grignon.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Des parents du regroupement Je protège mon école publique, devant l’école Saint-Jean-de-Brébeuf, à Montréal. À droite, la porte-parole Pascale Grignon.

Pour une troisième fois en quelques mois, des chaînes humaines se formeront autour des écoles publiques de la province mardi, le 1er septembre, pour dénoncer les coupes budgétaires dans le milieu de l’éducation.

Le mouvement « Je protège mon école publique » prend de l’ampleur alors que plus de 150 écoles réparties dans 15 régions administratives du Québec participeront à l’événement.

Parents et enfants sont invités à se rendre devant leur école de quartier une demi-heure avant le début des classes, mardi, pour se tenir la main et ainsi former une chaîne humaine.

Un symbole pour démontrer que les parents sont préoccupés par les récentes compressions de 350 millions $ imposées au réseau de l’éducation par le gouvernement Couillard, explique Pascale Grignon, qui agit à titre de porte-parole du regroupement.

Chaîne humaine

Une première chaîne humaine avait été formée le 1er mai dernier à l’initiative de parents d’élèves qui fréquentaient l’école Saint-Jean-de-Brébeuf dans le quartier Rosemont à Montréal.

Quelque 26 écoles avaient participé à cette première présentation. Un mois plus tard, plus de 8000 parents avaient récidivé en formant des chaînes humaines devant une centaine d’écoles réparties dans huit régions du Québec.

« Le souhait, c’était de démontrer l’attachement que les gens ont envers leurs écoles, poursuit Mme Grignon. La réalité, c’est que les compressions jouent sur les milieux de vie de milliers d’enfants du Québec. Ces milieux de vie là, ce sont les écoles. »

Elle cite notamment à titre d’exemples les postes de conseillers pédagogiques, d’orthopédagogues, de psychoéducateurs ou de directeurs adjoints qui ont été coupés dans les écoles affectant directement la réussite scolaire, estime-t-elle.

« En ce moment, il n’y a aucune écoute de la part du gouvernement, s’indigne Mme Grignon. Le ministre de l’Éducation François Blais dit encore qu’il n’y aucune mobilisation… il va y avoir 10 000 parents devant les écoles mardi ! »

Mme Grignon invite d’ailleurs tous les parents du Québec à participer au mouvement. Nul besoin de déployer une grande organisation, indique-t-elle, il suffit de se rendre devant une école publique et de tendre la main aux autres parents.

Sonnette d'alarme

En conférence de presse dimanche après-midi à Montréal, les représentants de plusieurs fédérations ont demandé un réinvestissement d’urgence et la fin des compressions dans le domaine de l’éducation. Ils réclament « au minimum » le milliard de dollars qu’ils disent avoir perdu depuis cinq ans.

Selon eux, les professeurs et les directeurs d’école ont épuisé leur créativité et les élèves commencent à ressentir concrètement les effets du manque de ressources. Ainsi, les écoles manquent de personnel, comme des infirmières et des orthopédagogues et les directions doivent abolir des programmes pédagogiques.

Les élèves ne reçoivent même plus leur berlingots de lait, alors que plusieurs d’entre eux n’ont rien dans l’estomac en arrivant le matin, a déploré Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement.

Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) croit qu’il s’agit d’abord d’un « choix politique » du gouvernement du Québec puisqu’il est en « surplus technique », a-t-elle souligné. Il existe des ressources au gouvernement et le premier ministre Philippe Couillard serait en mesure de réinvestir, a-t-elle martelé.

La coalition compte envoyer une lettre au ministre de l’Éducation du Québec, François Blais, pour qu’il « prenne les moyens pour assurer un investissement important et adéquat ».