La CSDM a trouvé un «accompagnateur»

La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon

Six mois après la publication d’un rapport dévastateur à son égard, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) donne enfin suite à l’une des principales recommandations du document, en nommant la firme de conseil KPMG à titre d’accompagnateur externe, a appris Le Devoir.

Évalué à près de 328 000 $, le contrat accordé à KPMG vise à doter la commission scolaire de « services professionnels d’accompagnement en transformation organisationnelle », explique la résolution du comité de direction adoptée au cours des derniers jours, et dont Le Devoir a obtenu copie.

Le contrat sera toutefois plus court que prévu à l’origine. L’accompagnateur devait initialement prêter main-forte pendant 18 mois, reconnaît la présidente de l’organisme, Catherine Harel Bourdon. Mais compte tenu du travail abattu depuis la publication du rapport d’enquête de la firme Raymond Chabot Grant Thornton sur la situation financière de la commission, dix mois devraient suffire, assure-t-elle.

L’accompagnateur devra formuler des conseils précis pour une « meilleure coordination entre les instances de gestion et celles de gouvernance ». Il se penchera aussi sur la révision des processus administratifs, sur les pratiques de gestion au sein des établissements, sur les rôles et responsabilités des services centraux, ainsi que sur la structure de fonctionnement du bureau de projets institutionnels. L’ensemble de l’organisation de la CSDM « a un énorme travail de transformation à faire », reconnaissait Mme Harel Bourdon en mai dernier.

« Plusieurs choses avaient déjà été faites. […] On a vraiment limité cela à ce qui était nécessaire. Ça va s’échelonner sur l’année scolaire, avec une firme reconnue. Ça va nous permettre d’avoir un regard externe sur nos activités, afin de voir ce qu’on peut faire pour s’améliorer », a affirmé la présidente de la CSDM mercredi.

Surtout, le contrat s’avère bien moins coûteux que prévu à l’origine. À la mi-juin, le conseil des commissaires avait rejeté une recommandation du directeur général de l’organisme, Gilles Petitclerc, qui proposait de concéder ce contrat d’accompagnement à Raymond Chabot Grant Thornton, sans appel d’offres, pour la somme de 825 000 $, à laquelle auraient pu s’ajouter des honoraires additionnels. La proposition de contrat de gré à gré, contraire aux meilleures pratiques, avait stupéfait de nombreux commissaires, à l’heure où Québec scrute à la loupe les actions de la CSDM. À la suite de cet incident, M. Petitclerc a été suspendu avec solde et un appel d’offres public a été lancé.

Alors que les élèves s’apprêtent à rentrer en classe, le directeur général demeure suspendu et l’enquête portant sur ses actions est sur le point de s’ouvrir, selon Mme Harel-Bourdon. Le rapport pourrait être remis à la mi-septembre.

Prudence à Québec

Le cabinet du ministre de l’Éducation, François Blais, accueille avec prudence cette nouvelle. « Nous allons effectuer des vérifications avec la commission au cours des prochaines heures afin de nous assurer de l’atteinte des objectifs du rapport », indique Julie White, porte-parole du ministre.

Établie aux Pays-Bas, présente dans près de 150 pays et détenant un chiffre d’affaires s’élevant à quelques dizaines de milliards par an, KPMG est l’une des quatre principales entreprises de services de conseil, d’audit et de fiscalité dans le monde, avec Deloitte, PwC et EY.

Frais de garde: la hausse sera limitée

Soupir de soulagement pour les parents d’enfants fréquentant les écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Celle-ci est parvenue à restreindre la hausse des frais de garde pour les journées pédagogiques et la semaine de relâche annoncée plus tôt ce mois-ci par le ministère de l’Éducation. Résultat des compressions apportées en mai par le gouvernement Couillard, la facture envoyée aux parents pour chacune des 20 journées pédagogiques que compte le calendrier scolaire doit passer de 8 à 16 $, à l’échelle du Québec. Dans certaines régions, la facture annuelle pourrait donc s’élever à 400 $ de plus pour les parents qui choisissent d’envoyer leurs enfants au service de garde en milieu scolaire lors des journées pédagogiques. La CSDM, dont une très forte proportion d’élèves se prévaut du service de garde lors de journées pédagogiques, a toutefois décidé de fixer à 9 $ par jour par élève, soit un dollar de plus que le service de garde habituel, les frais exigés. Pour la semaine de relâche, les frais seront de 20 $ par jour par élève, soit 5,40 $ de plus que l’année dernière, précise la CSDM dans un communiqué. Ces deux nouveaux tarifs excluent les coûts pour les sorties. « Notre volonté a été d’éviter une trop grande hausse pour les parents, tout en assurant l’autofinancement des services de garde, car nous sommes conscients de l’impact sur les familles montréalaises », explique la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon.
1 commentaire
  • Colette Pagé - Inscrite 20 août 2015 10 h 37

    Les gestionnaires seraient-ils devenus incompétents ?

    La mode est aux accompagnateurs : accompagnateurs pour le président du Conseil du Trésor dans l'analyse des programmes gouvernementaux, accoompagnateur du recteur de l'Université Laval par l'embauche de la firme National à 300 $ l'heure, accompagnateur de la CSDM par l'octroi d'un contrat à KPMG pour un montant de 328 000 $.

    Se pourrait-il que les gestionnaires soient devenus incompétents pour gérer les crises et les changements ? Dans cette éventualité, ne serait-il pas approprié que le Gouvernement crée en permanence un Groupe conseil chargé de conseillers les organismes ?