La rentrée universitaire au centre-ville de Montréal

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le campus de l’UQAM ne manquera pas d’animation lors de la rentrée automnale, car l’Université s’est associée au festival OUMF.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le moins que l’on puisse dire, c’est que le campus de l’UQAM ne manquera pas d’animation lors de la rentrée automnale, car l’Université s’est associée au festival OUMF.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’une est nichée au centre-ville de Montréal ; l’autre a pignon sur rue dans le Quartier latin. L’Université Concordia et l’Université du Québec à Montréal ont en commun le fait d’avoir leur campus principal intégré à la trame urbaine. Tour d’horizon de la rentrée universitaire au coeur de Montréal.

De l’aveu de Benoit-Antoine Bacon, vice-recteur aux affaires académiques à l’Université Concordia, l’établissement a le vent dans les voiles. « En une vingtaine d’années, Concordia a connu une forte croissance. Cette année, nous accueillons un peu plus de 46 000 étudiants. »

De ce nombre, une forte proportion, soit 17 %, est composée d’étudiants étrangers en provenance de 150 pays. « Ce pourcentage grimpe à 25 % aux cycles supérieurs. Ce sont surtout des maîtrises et doctorats de recherche, ce qui vient renforcer la position de Concordia comme institution de recherche. » Les Québécois d’origine comptent pour 75 % de l’effectif étudiant et 25 % d’entre eux déclarent le français comme langue première.

L’hiver dernier, l’Université Concordia a mis en place un processus d’orientation stratégique essentiellement basé sur deux axes. Le premier est celui de la recherche. Déjà, l’institution possède ces pôles d’excellence en recherche, dont le Centre de génomique structurale et fonctionnelle et le Centre Perform, ce dernier dans le domaine de la santé. « Nous nous sommes fixé l’objectif de doubler nos efforts en recherche d’ici dix ans, ce que nous avons réussi à accomplir, soit dit en passant, les dix dernières années. De plus, nous ne voulons pas que la recherche soit seulement effectuée par des professeurs et les étudiants des cycles supérieurs, nous voulons aussi impliquer les étudiants du premier cycle. C’est la raison pour laquelle nous accordons une centaine de bourses d’été à des étudiants du premier cycle afin que ceux-ci puissent faire un stage dans un de nos grands laboratoires. »

Ce second axe est celui de l’éducation. « Le monde de l’éducation change, et la nature même des universités est aussi appelée à changer. Nous voulons placer Concordia à l’avant-garde de ce changement. Notre préoccupation présente à ce sujet est comment penser l’enseignement de demain. De quels programmes et de quelles habiletés auront besoin les étudiants de demain pour réussir ? L’éducation universitaire de demain ne pourra plus se faire uniquement en classe. Il faut apprendre à sortir de la classe. »

À ce sujet, il donne en exemple le Centre d’innovation District 3. « District 3 est un écosystème d’innovation voué à développer la culture des entreprises en démarrage. Il accueille non seulement les professeurs et les chercheurs, mais aussi les étudiants, peu importe le cycle ou la faculté. District 3 leur offre un encadrement et un petit fonds de départ afin qu’ils puissent développer de nouvelles idées. Depuis sa création, nous avons soutenu une centaine de projets, dont soixante sont devenus des entreprises en démarrage. »

Une rentrée animée

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le campus de l’UQAM ne manquera pas d’animation lors de la rentrée automnale. « L’UQAM s’est associée au festival OUMF, qui a lieu à la mi-septembre dans le Quartier latin, explique Françoise Braun, directrice du Bureau de recrutement à l’UQAM. Il y a aura des prestations de musique, de danse, des arts de la scène, du cirque, du cinéma et de l’humour. Bref, le Quartier latin sera très animé lors de notre rentrée. » De plus, l’UQAM, qui fut cet été l’un des partenaires des Jardins Gamelin, accueillera tous les mercredis de 12 h à 18 h, du 12 août au 28 octobre, un marché fermier biologique, local et solidaire. Le marché est installé place Pasteur, à l’angle de la rue Saint-Denis et du boulevard De Maisonneuve, devant le clocher de l’UQAM.

Bien que le décompte ne soit pas terminé, l’UQAM accueillera cette année quelque 40 000 étudiants, dont 8 % d’étudiants étrangers. Environ 60 % des étudiants étrangers proviennent de France. « Malgré l’augmentation des droits de scolarité pour les étudiants français, qui maintenant paient les mêmes frais que les étudiants canadiens des autres provinces, nous n’avons pas encore constaté une baisse d’intérêt. »

Les étudiants étrangers bénéficient d’une structure d’accueil spéciale. « Nous les accueillons à l’aéroport, nous les aidons à trouver un logement et nous les accompagnons dans leur acclimatation à la culture québécoise. » Pour les nouveaux étudiants québécois, une trousse d’accueil sur Internet est mise à leur disposition.

On compte deux nouveautés pour la rentrée. L’École supérieure de mode de l’UQAM a de nouveaux locaux, situés dans un bâtiment centenaire entièrement rénové à l’angle des rues Sainte-Catherine et Sanguinet. La seconde est l’ouverture d’un nouveau Centre de la petite enfance. « La particularité de ce nouveau CPE est qu’il a été mis sur pied par des étudiants, majoritairement des étudiantes, et les horaires d’ouverture du CPE sont adaptés au rythme de vie des étudiants qui sont aussi des parents. Ainsi, un parent qui aurait un seul cours un matin peut y déposer son enfant et le reprendre une fois le cours terminé. C’est un autre pas vers une meilleure conciliation études-parents. »

L’UQAM a aussi essaimé et possède maintenant des antennes régionales, notamment à Laval, dans l’ouest de l’île, à Longueuil et à Terrebonne. « Cela nous permet d’offrir certains cours directement dans le milieu où vit, et souvent travaille, l’étudiant. » Selon Françoise Braun, ces nouvelles antennes sont appelées à se développer dans les années à venir.