De nouvelles règles pourraient contrecarrer les plans d’étudiants canadiens

Le gouvernement britannique de David Cameron serre la vis pour s’attaquer aux fraudeurs qui intègrent le marché du travail en arrivant au pays avec un visa étudiant.
Photo: Andy Rain Agence France-Presse Le gouvernement britannique de David Cameron serre la vis pour s’attaquer aux fraudeurs qui intègrent le marché du travail en arrivant au pays avec un visa étudiant.

Les plus récentes règles imposées aux étudiants étrangers par le gouvernement du Royaume-Uni pourraient contrecarrer les plans de nombreux Canadiens, ou à tout le moins ternir l’image de cette destination reconnue pour ses prestigieuses institutions d’enseignement.

Il y a un mois, la secrétaire de l’Intérieur du Royaume-Uni, Theresa May, a annoncé de nouvelles mesures concernant les étudiants provenant de l’extérieur de l’Union européenne qui fréquentent les collèges ou les universités du pays.

Parmi les plus importants changements prévus, le gouvernement compte empêcher les étudiants fréquentant les collèges publics d’éducation supérieure de travailler jusqu’à 10 heures par semaine, comme cela était permis auparavant, et les obliger à quitter le pays pour effectuer une demande leur permettant d’y poursuivre leurs études ou d’y travailler. Le travail en dehors des heures de classe était déjà interdit pour les étudiants des collèges privés.

Les étudiants des universités devront quant à eux démontrer qu’ils ont assez d’argent en banque pour une durée de neuf mois, plutôt que deux mois, comme par le passé. Les modifications entreront en vigueur au mois d’août ou en novembre, selon les cas.

Le gouvernement britannique de David Cameron serre ainsi la vis pour s’attaquer aux fraudeurs qui intègrent le marché du travail en arrivant au pays avec un visa étudiant. Il s’agit par ailleurs d’une nouvelle offensive visant à diminuer le nombre d’immigrants qui s’installent au Royaume-Uni chaque année.

L’annonce gouvernementale affectera assurément les nombreux Canadiens qui décident de poursuivre leurs études supérieures de l’autre côté de l’Atlantique. En 2013-2014, 6350 étudiants canadiens ont fréquenté les établissements du Royaume-Uni, un nombre qui n’a cessé d’augmenter au cours des cinq dernières années.

Pouvoir d’attraction en jeu

L’impact de ces changements est difficile à évaluer et variable selon la situation de chaque étudiant, mais, selon l’Association des collèges britanniques, le gouvernement devrait immédiatement faire marche arrière. « En bloquant la route de l’éducation supérieure vers l’université, le gouvernement va ternir à long terme l’image du Royaume-Uni en tant que destination d’étude », a affirmé son directeur général, Martin Doel.

Le Conseil britannique des étudiants internationaux a pour sa part fait valoir que tout le Royaume-Uni bénéficie de l’apport intellectuel et financier des étudiants venus de l’étranger.

Pour ce qui est des étudiants québécois, tous ne ressentiront pas les effets de la même façon. Le conseiller à la mobilité internationale du Service des relations internationales de l’UQAM, Francis Brown, ne croit pas que ces changements auront un impact considérable sur les étudiants qu’il accompagne, puisque ceux-ci effectuent surtout des séjours d’études d’une durée limitée. Certains pourraient néanmoins être rebutés par les nouvelles exigences, reconnaît-il.

« Si on complexifie les demandes de visa et qu’on alourdit la preuve financière, les étudiants vont aller ailleurs, juge-t-il. C’est surtout dommage pour les universités du Royaume-Uni qui vont perdre des étudiants. »

M. Brown croit lui aussi qu’au-delà des embûches administratives, la politique du gouvernement Cameron pourrait rendre le Royaume-Uni moins attrayant aux yeux des étudiants étrangers.

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