Ce n’est pas aux parents de payer

Le ministre de l’Éducation, François Blais, rappelle à l’ordre les commissions scolaires du Québec : pas question d’exiger de leurs élèves l’achat de tablettes électroniques pour en faire usage en salle de classe.

Les tablettes de style iPad sont répandues depuis quelques années déjà dans les salles de classe de nombreuses provinces, de même que dans le réseau scolaire privé. Elles font de plus en plus leur entrée dans les écoles publiques québécoises. Depuis l’an dernier, l’école secondaire Le Sommet, à Charlesbourg, dans la région de Québec, a décidé d’imposer l’achat d’une tablette aux parents de ses élèves de première secondaire, celle-ci étant exigée au même titre que les cartables, crayons à mine HB et gommes à effacer. Cette décision aurait été prise avec l’appui du conseil d’établissement de l’école, selon le directeur de l’école, Yves Savard.

Appui des parents ou pas, le ministre de l’Éducation exclut complètement l’idée d’imposer l’achat d’une tablette aux parents des élèves dans cette école ou ailleurs, jugeant qu’il s’agirait d’un dangereux précédent.

Dans une missive acheminée, à la fin de la dernière année scolaire, aux directeurs généraux des commissions scolaires du Québec, il ordonne aux écoles de « fournir gratuitement les tablettes électroniques lorsqu’elles sont exigées par une école ».

Il s’appuie, pour ce faire, sur la Loi sur l’instruction publique, qui stipule que le matériel didactique obligatoire — tels les manuels scolaires — doit être fourni par l’école.

« Il n’est pas question de remettre en cause le principe de la gratuité, a commenté vendredi Caroline Trottier, une attachée politique du ministre Blais. Les commissions scolaires ont déjà des budgets dédiés à l’implantation technologique, comme des ordinateurs, des tablettes, etc. On parle de 57 millions de dollars à l’échelle du Québec. »

Des parents d’accord

La directrice générale par intérim de la Fédération des comités de parents du Québec, Lyne Deschamps, voit les choses très différemment. Elle presse Québec de respecter les décisions des conseils d’école. Elle souligne que la très grande majorité des parents de l’école Le Sommet ont appuyé la démarche de l’école.

« Les explications du ministère [sur l’interprétation de la Loi sur l’instruction publique] datent de Mathusalem. On est content que le ministère insiste pour que les écoles paient. Mais où allons-nous prendre ces fonds ? Ils n’existent pas, les 57 millions servant à payer les tableaux blancs imposés par le gouvernement et à équiper chaque enseignant d’un ordinateur. Le ministre ne tient pas compte des milieux », explique la porte-parole de la Fédération des comités de parents.

Mme Deschamps rappelle que l’école Le Sommet a pris des mesures afin d’équiper les enfants de familles moins bien nanties d’appareils prêtés, donnés ou loués, ou encore payables sur trois ans. « On tient compte de la capacité de payer des parents. »

Il appartient donc au ministère de l’Éducation de débloquer les fonds nécessaires s’il s’oppose à des démarches comme celle-ci, selon Mme Deschamps.

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