Fin de l’injonction à l’UQAM

Le climat a été très tendu dans la maison d’enseignement du Quartier latin le printemps dernier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le climat a été très tendu dans la maison d’enseignement du Quartier latin le printemps dernier.

L’injonction qui interdisait le blocage des locaux de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a été levée le 6 juillet, soit avant sa date d’échéance. Elle devrait prendre fin mardi, mais l’établissement a accepté « d’un commun accord avec les associations étudiantes de se désister de ses procédures d’injonction », a indiqué au Devoir sa porte-parole, Jenny Desrochers.

Le 1er avril dernier, la Cour supérieure avait ordonné à cinq associations de cesser de bloquer l’accès aux salles de cours, au risque d’être accusées d’outrage au tribunal. Cette injonction provisoire de 10 jours avait ensuite été prolongée le 13 avril, et ce, jusqu’au 21 juillet.

« Puisque aucune perturbation n’est survenue dans les dernières semaines et à la suite de pourparlers entre les deux parties au cours du mois dernier », l’UQAM a renoncé à cet ordre formel, explique Mme Desrochers.

Le climat a été très tendu dans la maison d’enseignement du Quartier latin le printemps dernier. Le mouvement de « grève sociale » avait débuté dans l’affrontement dès la première journée de débrayage officielle, le 23 mars. La manifestation au centre-ville de Montréal avait été déclarée illégale d’emblée et rapidement dispersée par les policiers, particulièrement nombreux.

Malgré l’injonction tombée peu après, certaines des associations visées avaient indiqué à leurs membres de ne pas se présenter en classe et de ne pas participer à des évaluations. Les levées de cours se sont d’abord déroulées dans le calme avec quelques irruptions dans les classes pour faire respecter le mandat de grève voté dans les assemblées associatives. Le 8 avril, la situation s’est cependant envenimée : le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est intervenu à la demande de l’administration.

Au terme d’une journée explosive marquée par 21 arrestations en après-midi, cinq arrestations en soirée et de multiples interventions policières au sein même de l’établissement, près de 150 étudiants ont résolu d’occuper l’un des pavillons de l’université en soirée. La police a dû intervenir avec force pour restaurer le calme.

Plus d’une centaine de personnalités, dont des professeurs, avaient alors dénoncé dans des lettres transmises au Devoir à la fin du mois d’avril le « dérapage » autoritaire de l’UQAM. Ils s’indignaient notamment de l’arrestation de 22 militants, l’emprisonnement d’un étudiant et la suspension ou l’expulsion planifiée de neuf autres étudiants. Après analyse par le comité exécutif del’université, quatre étudiants ont été blanchis, quatre ont reçu un simple avertissement par courriel et une autre sera suspendue pour un an.

Les relations restent cependant « froides » entre les associations et l’administration, indique au Devoir Olivier Grondin, coordonnateur aux affaires académiques de l'Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED-UQAM). Une certaine volonté de réduire les tensions se fait sentir, « mais en même temps il n’y a plus d’étudiants siégeant au comité exécutif », ajoute-t-il comme exemple du manque d’écoute qu’il perçoit. Quant à la rentrée universitaire dans un peu plus d’un mois, il constate que beaucoup de groupes étudiants sont «épuisés» du climat du printemps dernier.