CSDM: le ministre boude la présidente

François Blais n’a pas encore visité d’écoles de Montréal depuis sa nomination.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne François Blais n’a pas encore visité d’écoles de Montréal depuis sa nomination.

La tension est à son comble entre le cabinet du ministre de l’Éducation François Blais et la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Voilà près de 50 jours que la présidente de la plus importante commission scolaire du Québec tenterait de s’entretenir quelques instants avec le ministre. En vain.

Les derniers échanges entre M. Blais et la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, remontent au 30 avril, au lendemain de la publication du rapport de la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) portant sur les finances et la gestion de l’organisme, selon ce qu’a indiqué au Devoir l’élue scolaire.

Depuis, la CSDM a adopté un plan de redressement budgétaire tel qu’exigé par Québec, a lancé un appel d’offres pour un « accompagnateur externe » comme le lui recommandait RCGT, et suspendu son directeur général le temps que se déroule une enquête externe sur sa gestion de l’organisme. À moult reprises, Catherine Harel Bourdon dit avoir sollicité des entretiens avec M. Blais en lien avec ces démarches. Des demandes qui sont demeurées sans suite jusqu’à présent.

« On a travaillé fort pour ce plan [de redressement], pour faire ces compressions. On sait que 23 millions en compression, ça ne se fait pas du jour au lendemain. On espère pouvoir rencontrer le ministre prochainement pour pouvoir discuter de ce plan », dit-elle.

« Malheureusement, j’ai communiqué à plusieurs reprises par courriel et par téléphone pour le rencontrer, une dernière communication est partie l’autre jour, pour le rencontrer d’ici le 15 juin. Parce qu’ensuite, on doit adopter notre budget. »

Depuis son arrivée en poste, c’est surtout dans les médias que s’exprime le ministre au sujet de la CSDM. Une façon de faire qui tranche avec celle de son prédécesseur, Yves Bolduc, qui échangeait régulièrement avec les dirigeants de la commission scolaire. Yves Bolduc s’était déplacé à Montréal à plusieurs reprises pour visiter des écoles et s’entretenir avec des intervenants du milieu de l’éducation. François Blais s’est jusqu’à maintenant abstenu de visiter les écoles de la métropole, nous dit-on.

L’un des seuls échanges entre les administrations scolaires et le ministre responsable de l’instruction publique s’est déroulé le mois dernier, lors du congrès de la Fédération des commissions scolaires du Québec, tenu à Laval. Le passage de M. Blais a duré tout près de 20 minutes, le temps d’arriver, de prononcer un discours, de répondre à deux questions puis de repartir.

Le cabinet de François Blais a reconnu qu’aucun échange, téléphonique ou en personne, n’avait eu lieu entre la présidente de la CSDM et M. Blais depuis la fin avril. « On a convenu que le suivi du rapport de RCGT se fera au niveau administratif, au niveau du ministère et de l’administration scolaire. Il y a des communications », a dit la porte-parole Julie White, avant d’ajouter que « des communications entre le personnel politique de la CSDM et du ministre » avaient lieu. Soulignons que le ministère de l’Éducation a refusé de fournir une liste des échanges survenus entre le ministre Blais et la CSDM depuis sa nomination.

5 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 12 juin 2015 07 h 16

    D'une tour d'ivoire à l'autre

    Beaucoup de ces profs d'université jouent aux intouchables ne s'abaissant que rarement au niveau du peuple, se limitant à leur caste. Au Parlement , certains ministres jouent les intouchables avec cette même "hauteur" qui caractérise certains profs de grandes universités, se tenant loin des acteurs sociaux qui , pourtant, sont les principaux témoins, sur le terrain, des besoins et des problèmes de leurs commettants.

  • Johanne Archambault - Abonnée 12 juin 2015 08 h 01

    Un bourgeois petit petit

    C'est le titre d'un film italien d'il y a quelques décennies. Chaque fois que je vois une photo du ministre, presque toujours en rapport avec quelque chose de chiche venant de lui, ces mots me reviennent à l'esprit. Quand je pense que cet homme a été prof de philo...

    • André Chevalier - Abonné 12 juin 2015 10 h 04

      «Quand je pense que cet homme a été prof de philo...»

      Selon la conception actuelle de nos dirigeants, un prof peut enseigner n'importe quoi, même des matières qu'ils ne connait pas.

  • François Dugal - Inscrit 12 juin 2015 08 h 07

    Enrichissons notre vocabulaire

    Exécutant :
    Personne qui ne fait qu'exécuter un ordre, une besogne.

  • Yves Corbeil - Inscrit 12 juin 2015 12 h 17

    Bon, y boude asteure

    Mais il faut aussi comprendre que la madame elle a juste à se plier aux exigences de ceux qui savent ce qui est très bon pour le petit peuple ingrat que nous sommes. Eux les vraies affaires y connaissent ça les libéraux.