La CSDM ouvrira une enquête sur la gestion de son d.g.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon

Les élus de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ont suspendu mardi soir le directeur général, Gilles Petitclerc, annonçant du même souffle le déclenchement d’une enquête externe sur sa gestion de l’organisme public.

Au cours d’une réunion extraordinaire ayant duré tout juste dix minutes, la présidente de la CSDM Catherine Harel Bourdon a confirmé « la perte du lien de confiance entre le conseil des commissaires et le directeur général », comme l’a révélé Le Devoir à la fin mai, et proposé de suspendre avec solde le haut gestionnaire. La mesure a été adoptée à l’unanimité.

Il est essentiel de « rétablir à court terme la confiance entre le conseil et la direction générale afin d’atteindre les objectifs [budgétaires] 2015-2016 », précise la résolution. Une enquête, qui sera octroyée par l’entremise d’un appel d’offres, est commandée, car « il est nécessaire pour le conseil de faire vérifier la gestion et l’administration des ressources de la CSDM par le directeur général ». Les conclusions seront rendues le 15 septembre.

Gilles Petitclerc avait été critiqué dans le rapport commandé par Québec à la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) sur la situation financière de la CSDM. Le document faisait notamment état de lacunes administratives dans la gestion des ressources par la direction générale.

C’est sans compter le fait que, pour donner suite à ce rapport, M. Petitclerc a proposé aux commissaires d’approuver la concession à RCGT, sans appel d’offres, d’un contrat de 825 000 $, auxquels auraient pu s’ajouter des honoraires additionnels. Ce contrat visait à doter la CSDM d’un « accompagnateur externe », comme recommandé dans le rapport. La proposition de contrat de gré à gré, contraire aux meilleures pratiques, avait stupéfait de nombreux commissaires à l’heure où Québec scrute à la loupe les faits et gestes de la CSDM et que plane sur celle-ci une menace de tutelle. Face à cette proposition jugée « indécente », on a finalement lancé un appel d’offres ouvert à tous.

Un directeur général par intérim nommé

Les élus scolaires ont nommé le directeur adjoint à la gestion des personnes et des pratiques d’encadrement de la CSDM, Robert Gendron, à titre de premier dirigeant par intérim. « On travaille à amener un nouveau souffle à la CSDM, à nous ramener vers l’équilibre budgétaire et à sa mission première d’assurer la réussite des élèves », a commenté Mme Harel Bourdon.

Quoi qu’il en soit, le ministre de l’Éducation François Blais a semblé accueillir cette annonce avec scepticisme. « On est un peu étonné de la décision prise, a dit la porte-parole du ministre Blais, Julie White. On va vouloir évaluer les impacts de cette décision sur la capacité de la CSDM à faire les changements qui sont nécessaires, compte tenu des recommandations de RCGT. » La possibilité d’une mise sous tutelle demeure, et « n’a jamais été évacuée comme possibilité », a-t-elle précisé.