Par quoi remplacer les élections scolaires?

L’élimination des élections scolaires est une bonne chose selon un expert dans le domaine. Toutefois il faudra faire attention de les remplacer par autre chose ou carrément éliminer la taxe scolaire.

Le professeur Jean Bernatchez était justement en train de présenter une conférence sur le sujet quand le ministre de l’Éducation François Blais a annoncé l’annulation des élections scolaires. «Je ne comprends pas qu’on détruise les choses sans proposer autre chose», a déclaré le professeur en sciences de l’Éducation à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) vendredi matin.

Dans un colloque à l’ACFAS, M. Bernatchez venait d’avancer que la taxe scolaire était injuste et que l’abolition des élections scolaires était justifiée.

Il a rappelé que les taux de participation à ces élections étaient très bas (5,5 %), et ce, malgré l’ajout récent de l’élection du président au suffrage universel direct. Qui plus est, dans un grand nombre de commissions scolaires, la participation était tellement basse en 2014 que les gens ont été nommés par acclamation.

Malgré tout, il faut quand même établir un mécanisme de participation citoyenne pour la simple et bonne raison que les citoyens paient une taxe et que tout notre système repose sur le principe qu’il n’y a «pas de taxation sans représentation», dit-il. La taxe scolaire finance environ 15 % des budgets des commissions scolaires.

Vers l’abolition de la taxe scolaire?

«Il va falloir la remplacer par quelque chose d’autre. Je pourrais être un partisan de la démocratie participative. Que des gens bénévoles contribuent de façon plus importante à la gouvernance scolaire de façon locale. Ça pourrait être une piste de solution intéressant.»

Ces personnes pourraient être élues d’abord présidents de leurs conseils d’établissement, ajoute-t-il. «Il pourrait à ce moment-là y avoir une structure intermédiaire et ces gens-là pourraient jouer la joute politique entre eux.»

M. Bernatchez, père de quatre enfants, a consacré beaucoup de temps sur ce genre d’instances. Il concède que ce type de bénévolat est parfois frustrant parce que les conseils d’établissement se butent trop souvent au pouvoir sans partage des directions d’écoles. «J’ai été président d’un conseil d’établissement pendant longtemps dans une école primaire et à un certain moment, on a dû adopter le budget de l’école sans l’avoir vu.»

Si l’élimination des élections scolaires entraîne l’abolition de la taxe, cela mènera à un débat beaucoup plus large. «Il s’agirait de voir où on va aller chercher cet argent-là.»

1 commentaire
  • Pierre Grandchamp - Abonné 29 mai 2015 12 h 29

    Élections scolaires versus élections municipales

    On se scandalise devant le peu de participation aux élections scolaires. Facile à corriger: les faire en même temps que les municipales.

    Je n'entends pas de reproches en lien vers les municipalités où il y a eu élections par acclamation.

    Et des élections municipales clefs en mains? A-t-on remis en cause les municipalités là où la corruption a été démontrée?

    Le Nouveau Brunswick a fait disparaître les commissions scolaires et a dû y revenir.