Les Québécois jugent que l’école publique n’est «pas une priorité pour le gouvernement»

Pas moins de 84 % des répondants s’opposent à l’augmentation du nombre d’élèves par classe.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Pas moins de 84 % des répondants s’opposent à l’augmentation du nombre d’élèves par classe.

L’éducation n’est pas une priorité pour le gouvernement Couillard, estime une majorité de Québécois, selon un sondage SOM commandé par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et rendu public mardi.

Pas moins de 52 % des Québécois jugent que l’école publique « ne constitue pas une priorité pour le gouvernement » libéral, selon ce coup de sonde qui porte sur l’éducation, mené alors que les enseignants sont à couteaux tirés avec Québec en raison des négociations entourant le renouvellement de leur convention collective.

Dans l’ensemble, les personnes sondées se montrent favorables aux revendications des enseignants. Pas moins de 84 % des répondants s’opposent à l’augmentation du nombre d’élèves par classe. La fermeture des classes spécialisées et l’intégration des élèves en difficulté dans les classes ordinaires suscitent le désaccord de près de 86 % des répondants. Une très forte proportion de Québécois interrogés (95 %) juge que les élèves doivent pouvoir bénéficier des mêmes conditions d’apprentissage, peu importe l’école qu’ils fréquentent, et peu importe leur provenance géographique.

En référence à d’autres sondages démontrant un appui aux mesures d’austérité mises de l’avant par les libéraux, le premier ministre Philippe Couillard a souvent indiqué recevoir l’appui d’une « majorité silencieuse » de Québécois. Ce n’est désormais plus le cas, de l’avis du syndicat. « La population a été à même de constater l’écart entre le discours […] et le résultat de ces politiques. On peut voir les dangers que cela représente, notamment pour l’éducation publique. Les parents voient que les écoles sont privées de services, et les profs aussi. Ces gens font partie de la population et ils rejettent ces mesures », a indiqué le président, Sylvain Mallette.

Ce sondage a été mené du 29 avril au 11 mai 2015 par téléphone auprès de 1012 personnes. La marge d’erreur maximale pour l’ensemble des répondants est de 3,8 %, 19 fois sur 20.

5 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 27 mai 2015 07 h 42

    C'est carrément scandaleux

    Le gouvernement Couillard ne semble pas avoir réalisé combien l'éducation c'est important pour un peuple.

    On dirait que pour eux l'école ne doit servir qu'à donner l'occasion pour ceux qui le désirent de se préparer à faire une bonne carrière et de vivre en vue de pouvoir s' offrir éventuellement une retraite dorée vouée à des loisirs tel que le golf.

    Ils semblent concevoir l'école un peu comme une usine de fabrication de dîplômés. Ils ne semblent ne voir les choses qu'uniquement dans une perspective individuelle.

    Les élèves et les étudiants, il ne faut, pour eux, que les préparer à devenir de bons producteurs et de bons consommateurs. Développer l'esprit critique, il n'en est pas question.

    Et c'est la raison pour laquelle il faut les habituer très tôt à accepter de se soumettre à l'autorité sinon ils seront punis comme l'a si bien dit le ministre de l'Education Blais.

    Donc rien de grave d'après eux s'il faut réduire les fonds consacrés à l' enseignement, le plus important étant de se donner que les services qu'on peut se permettre d'avoir selon ses moyens.

    Que l'éducation puisse être conçue comme le moyen par excellence pour un peuple de se développer dans tous les domaines d'activités de l'homme, que l'éducation puisse être conçue comme le moyen par excellence de donner l'occasion à tous les enfants autant que possible de se développer tant intellectuellement qu'émotivement et de développer donc toutes leurs aptitudes, que l'éducation soit conçue dans la perspective de faire un pays de plus en plus démocratique, de faire un pays meilleur, plus humain, plus respectueux de l'environnement, tout cela semble leur échapper complètement.

    Ils semblent ne voir que le rôle utilitaire qu' a l'école. Elle doit être mise d'abord et avant tout au service du développement économique tout le reste étant pour eux très secondaire et ne relevant que d'initiatives individuelles.

    C'est proprement scandaleux.

    J'exagère ? Je n'en suis pas sûr.

  • François Dugal - Inscrit 27 mai 2015 07 h 51

    Un ministre coit

    L'éducation nationale est taillée en pièce et la "population" s'en rend compte. Comment réagit notre ministre de l'éducation? Il est muet comme une carpe.
    Ne venez pas pleurer sur mon épaule, nous avons voté pour "ça".

  • Robert Beauchamp - Abonné 27 mai 2015 08 h 26

    Les charcutiers

    Juste à observer comment Québec cherche à charcuter la CSDM, on comprend.

  • Gilles Roy - Inscrit 27 mai 2015 09 h 25

    Référence

    On peut accéder à la présentation des résultats en cliquant sur http://www.lafae.qc.ca/wp-content/uploads/2015/05/

    35% des répondants sont d'accord avec l'énoncé «Le gel salarial de deux ans pour les enseignants.». C'est énorme comme proportion (alarmant, presque), sachant que les enseignants québécois ne sont pas particulièrement bien lotis, côté salarial.

    Sur le titre de l'article sinon : ça peut aussi vouloir dire que pour ces répondants, c'est la santé, voir l'assainissement des finances publiques, qui constitue une priorité pour le gouvernement. En cours, l'énoncé permet difficilement de recomposer comment le répondant a compris la question. D'où la difficulté éprouvée à la bien interpréter.

  • Yves Corbeil - Inscrit 27 mai 2015 11 h 10

    Tout revient au mode de scrutin

    Tant qu'on le changera pas, il y aura toujours un parti au pouvoir avec moins de 50% des voix totale qui se croit légitime de faire des changements majeurs au nom de SA majorité électorale et de son nombre de sièges en se disant que la majorité du peuple là élu pour ça quand on sait pertinemment que c'est vraiment loin d'être le cas.

    On tourne en rond avec des sondages.