Plan quinquennal de développement de la recherche

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
«La recherche, c’est une question d’excellence !», selon Sophie D’Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création de l’UL.
Photo: Marc Robitaille «La recherche, c’est une question d’excellence !», selon Sophie D’Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création de l’UL.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Récemment, l’Université Laval (UL) a lancé son plan quinquennal de développement de la recherche. Ambitieux, ce plan se base sur un budget de 300 millions de dollars par année, pour un montant total de 1,5 milliard en cinq ans. L’UL compte sur ce plan pour attirer chercheurs et étudiants.

« Notre objectif est de maintenir le rythme de 300 millions investis chaque année. C’est ambitieux, mais on se donne les outils pour structurer la recherche et accompagner les grandes équipes de recherche en offrant les conditions pour qu’elles génèrent des propositions gagnantes », explique Sophie D’Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création de l’UL. L’université continue ainsi à développer sa stratégie de recherche en partenariat, « une des plus vigoureuses au Canada avec ses 68 chaires de recherche en partenariat, tant en sciences sociales qu’en sciences de la nature ou de la santé », précise Mme D’Amours. Cette stratégie, mise en place à la fin des années 2000, a permis de développer une approche de gouvernance de la recherche, de mise en commun de la capacité de recherche, tant à l’intérieur même de l’université qu’avec les partenaires, dans une perspective de développement de la connaissance et de formation des étudiants. « Avec le plan, on s’engage à étendre ces stratégies de partenariat à l’international ; les grandes thématiques du plan viendront fédérer un nombre important de centres et de chaires de recherche. »

Mobiliser autour des défis de société

À l’UL, on est profondément convaincu que les prochaines grandes découvertes se feront à l’interface des disciplines. C’est pourquoi on a voulu offrir à l’établissement la capacité de se mobiliser et de mettre en commun les expertises autour de grands thèmes qui sont autant de défis à relever. « Ces défis ont été identifiés à partir des efforts consentis récemment à la santé durable et à la mise en place, avec nos partenaires de la région, de l’Alliance santé Québec. Ils viennent poser les questions qui vont faire avancer les connaissances et qui peuvent avoir des retombées positives sur nos sociétés. » Le concept de santé durable est un bel exemple de cette interdisciplinarité proposée par l’UL : « Oui, il faut penser traitement et médecine, mais il faut aussi mobiliser l’ensemble des expertises issues tant des sciences sociales, du droit, des technologies et de l’éducation, pour apporter des solutions qui sont concrètes et qui permettront d’agir tant sur la prévention que sur le traitement et le posttraitement. » À l’UL, on veut donc façonner une société où la santé et le bien-être sont durables. C’est un des thèmes de cette première orientation qui consiste à mobiliser les forces autour des défis de société.

Expliquer le développement de l’humain dans son environnement, comprendre les sociétés, leurs cultures et leurs arts, ainsi que modeler les communautés intelligentes et inventer leurs technologies et leur logistique ou encore gérer et valoriser les ressources naturelles de manière responsable, consolider et développer le Nord durable et s’engager activement dans l’éthique, la saine gouvernance et l’organisation sociale sont autant de thèmes qui animent cette première orientation du plan de développement. « Grâce au développement de ces interfaces entre les sciences sociales, l’aménagement du territoire, la logistique et les technologies d’Internet, l’université est maintenant en tête de peloton pour la recherche sur les villes intelligentes. »

Si, à première vue, l’idée d’interdisciplinarité semble facile, en réalité elle n’est pas si évidente à mettre en place : « Ça nécessite des prérequis pour arriver à développer cette culture de partenariat. Ça ne se fait pas du jour au lendemain », nous dit Sophie D’Amours,qui explique que les professeurs et les chercheurs se sont engagés dans cette voie depuis quelque temps. « Aujourd’hui, cette façon de faire, on l’a formalisée de manière très structurée. »

Soutenir le rayonnement de la recherche

La manière de faire de l’UL semble avoir porté ses fruits. Aujourd’hui, les équipes travaillent ensemble au sein même de l’établissement, ce qui permet de développer de grandes capacités de recherche. « La recherche aujourd’hui, c’est une question de mise en commun d’infrastructures. Ces infrastructures sont coûteuses et on doit en optimiser l’utilisation. Quand on a un bateau scientifique comme l’Amundsen, on se questionne continuellement sur les moyens de maximiser l’usage de cette infrastructure unique. Et la réponse réside dans la création de partenariats et dans une programmation scientifique qui est pertinente. »

« La recherche, c’est une question d’excellence ! », lance Sophie D’Amours. C’est pourquoi l’UL développe des outils pour soutenir et mettre en valeur l’excellence de la recherche. La seconde thématique de cette orientation est de stimuler le partenariat et les collaborations régionales, nationales et internationales : « De plus en plus d’universités demandent à travailler avec l’UL, et nos experts sont appelés à faire partie de grandes équipes. Pour ça, il faut pouvoir accompagner nos professeurs en leur donnant la possibilité d’y être. » Un autre thème cher à l’UL « et qui fait partie de notre ADN », c’est d’appuyer la recherche par et pour la formation et mettre en valeur les réalisations des étudiants : « Pour nous, les deux vont de pair. Nos étudiants doivent avoir la chance d’entendre les meilleurs chercheurs du monde, pouvoir les côtoyer et être formés et encadrés par eux. On construit cette relation dans une dynamique constante. »

Finalement, avec ce plan, l’UL veut aussi mettre en valeur l’innovation. « On tient parfois pour acquise cette ouverture des universités à contribuer de façon intense à l’innovation tant technologique que sociale et culturelle. Pourtant, ce nouvel espace, on le partage avec les gouvernements, les entreprises et les organismes, et ça exige de nous des efforts et on revendique une reconnaissance de la contribution des universités. L’UL veut continuer d’y être et développer des structures qui feront en sorte qu’on mette à profit la compétence et l’influence des professeurs et des équipes. J’ai confiance qu’on pourra encore faire plus à cet égard, et nos étudiants nous aideront à y parvenir. »

En conclusion, Sophie D’Amours souligne qu’il est important de « se rappeler la contribution de la recherche dans le progrès de nos sociétés. Quand on regarde le Québec d’aujourd’hui, il est fortement teinté des connaissances et des réflexions et du développement de compétences de haut niveau. Il ne faut jamais l’oublier, parce que la science et la recherche sont des univers en perpétuelle évolution et, conséquemment, nos structures et nos façons de faire sont appelées à constamment se transformer. »