Près de 170 postes seront abolis

La présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM), Dominique Daigneault
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM), Dominique Daigneault

L’ampleur du régime minceur imposé à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) se précise : ce sont près de 170 postes de professionnels de l’éducation et d’employés de soutien qui seront abolis d’ici à la prochaine année scolaire, a appris Le Devoir.

Mercredi, le conseil des commissaires de la CSDM déposera et approuvera le Plan de l’effectif pour l’année scolaire 2015-2016. Pas moins de 167 postes en tous genres seront alors effacés des livres de la commission scolaire. Des emplois de secrétaires d’école, de concierges ou de préposé aux élèves handicapés, mais aussi de psychologues, de psychoéducateurs et de conseillers pédagogiques.

De plus, un autre lot de 22 emplois sera « affecté » par les compressions, sans toutefois disparaître. De nombreux travailleurs pourraient ainsi voir le nombre d’heures travaillées réduites de façon considérable, particulièrement dans les cafétérias des écoles montréalaises.

Même si Québec insiste pour dire que les services aux élèves ne seront pas touchés par ces compressions, les syndicats jurent le contraire.

 

« La CSDM nous annonce qu’ils vont abolir des postes de techniciens en éducation spécialisée, et plus », dit Dominique Daigneault, la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM), qui regroupe trois des quatre syndicats touchés par cette vague de compressions. « C’est certain que cela a des impacts sur les élèves, sur leur réussite au quotidien. Souvent, les élèves qui ont parmi les plus grands besoins seront les plus affectés », dit-elle, en référence à la suppression de personnel aidant les élèves handicapés ou ayant des difficultés d’apprentissage.

Comme les postes visés par la CSDM sont pour la plupart détenus par du personnel permanent, un long processus de réorganisation du personnel s’enclenchera à la suite de l’adoption du plan de l’effectif. Selon toute vraisemblance, des dizaines d’employés non permanents se retrouveront ainsi sans emploi, une fois le travail de répartition des postes terminé.

« Ce sont les élèves et les employés qui font les frais de ces compressions successives. On a coupé plus d’un milliard depuis quatre ans. Dire qu’on ne s’attaque pas aux services [aux élèves], c’est un mensonge », ajoute Mme Daigneault.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, n’a pas souhaité commenter les informations obtenues par Le Devoir avant l’adoption, mercredi soir, du plan de l’effectif.

Rappelons qu’en plus, la CSDM songe actuellement à éliminer de 25 à 40 postes de direction d’école dans sa quête de l’équilibre budgétaire, et que Québec souhaite revoir à la hausse le nombre d’élèves par classe.

Pas moins de 15 000 personnes travaillent pour la CSDM, qui jouit d’un budget annuel d’environ 958 millions de dollars, et qui est la plus grosse commission scolaire du Québec.

Elle a enregistré des déficits budgétaires tous les ans depuis 2008, mais compte pouvoir revenir à l’équilibre budgétaire d’ici à 2016-2017, en se fiant notamment au rapport commandé par Québec à la firme Raymond Chabot Grant Thornton, qui propose une transformation en profondeur de l’institution.

Catherine Harel Bourdon avait d’abord refusé de se conformer au document rendu public il y a près de trois semaines par le ministre de l’Éducation François Blais, mais a finalementaccepté de se plier aux volontés du gouvernement, qui l’avait menacée de mise en tutelle si elle refusait d’obtempérer.

Québec exige un effort budgétaire de 163 millions aux 72 commissions scolaires pour l’année 2014-2015, soit 10 % de leur budget respectif.

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