La rectrice de l’UQTR veut rester en poste

La rectrice de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Nadia Ghazzali
Photo: Facebook La rectrice de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Nadia Ghazzali

Visée par un rapport sur le point d’être rendu public par la vérificatrice générale du Québec, la rectrice de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Nadia Ghazzali, semble déterminée à s’accrocher au pouvoir, a appris Le Devoir. Invitée au cours des derniers jours à démissionner, elle entend plutôt demeurer en poste coûte que coûte, selon nos informations.

Plongée dans la controverse depuis près de trois ans, l’UQTR fait aujourd’hui l’objet d’enquêtes de la part de la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, et de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). L’octroi de certains contrats et des problèmes d’ordres financiers, juridiques et de gouvernance sont notamment dans la mire des enquêteurs et vérificateurs.

Alors que le rapport de la vérificatrice générale doit être rendu public au cours des prochaines semaines, on s’active déjà en coulisse afin de redresser la situation à l’UQTR. Au sein du Réseau de l’Université du Québec, on aurait même « encouragé » Mme Ghazzali à « aller relever d’autres défis ailleurs », lors d’une rencontre tenue entre la présidente du Réseau, Sylvie Beauchamp, et la principale intéressée, a-t-on appris. Cette rencontre a eu lieu jeudi dernier à Québec, rapportait Le Nouvelliste de Trois-Rivières.

La haute direction du Réseau aurait jugé qu’il était préférable, dans les circonstances actuelles, d’offrir à la rectrice de quitter ses fonctions alors qu’il lui était encore capable de le faire, plutôt que de risquer d’être blâmée par un rapport de la vérificatrice générale ou encore de l’UPAC.

Mme Ghazzali aurait repoussé du revers de la main cette invitation.

Mme Beauchamp n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue. « On va commenter la situation lorsque le rapport de la vérificatrice aura été rendu public », a précisé une porte-parole.

Le rôle de la rectrice

La rectrice n’a pas offert davantage de précisions. « Je pense qu’un recteur qui parle avec la présidente du Réseau, ce n’est pas une nouvelle. Je suis toujours rectrice de l’UQTR. Mon mandat se termine le 31 janvier 2017 », dit-elle. Elle n’a pas non plus voulu commenter la version préliminaire du rapport de la vérificatrice générale, dont elle a eu copie, à titre de rectrice de l’institution trifluvienne.

Depuis son entrée en fonction le 1er février 2012, Mme Ghazzali a frôlé la destitution, a été blâmée par une firme dans un audit externe pour ses « lacunes de gestion » et celles de l’équipe de haute direction « ayant mené à la détérioration du climat organisationnel », et a été soupçonnée d’avoir court-circuité des instances pour déménager sa chaire de recherche à Trois-Rivières.

Président du conseil d’administration de l’UQTR, Yves Tousignant entend s’entretenir avec Mme Ghazzali au cours des prochains jours. « On veut savoir comment elle voit son rôle futur dans tout cela », a-t-il dit, soulignant avoir une très bonne relation de travail avec la rectrice au sein du conseil d’administration de l’établissement.

La députée caquiste Sylvie Roy, qui réclame depuis des mois la mise en tutelle de la maison d’enseignement, rappelle que les problèmes persistent depuis des années. « Le ministre de l’Éducation, François Blais, s’est toujours servi du rapport de la VG comme d’un paravent. Avec le rapport qui va être rendu public bientôt, il ne pourra pas ne pas constater qu’il y a vrai problème à l’UQTR, alors qu’il songe à mettre la Commission scolaire de Montréal sous tutelle pour des peccadilles. » Le député libéral du secteur, Marc H. Plante, s’est lui aussi montré très préoccupé par la situation.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 5 mai 2015 09 h 59

    Autre que le cynisme de Couillard

    Avec ce gouvernement, peut-être faut-il que quelqu'un de compétent aille au bâton, ce peut-il qu'au Québec, il y a des gens qui croient a des valeurs autres que le cynisme gouvernemental