Québec veut empêcher la grève des professeurs

Des étudiants du cégep du Vieux-Montréal ont commencé à monter une dizaine de tentes devant l’établissement, mardi matin, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des étudiants du cégep du Vieux-Montréal ont commencé à monter une dizaine de tentes devant l’établissement, mardi matin, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard.

Le gouvernement du Québec et les cégeps se sont adressés mardi à la Commission des relations du travail pour empêcher la grève de milliers de professeurs de niveau collégial prévue vendredi.

Le Comité patronal de négociation des collèges (CPNC), composé de représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Fédération des cégeps, a déposé mardi une demande d’intervention à la commission en alléguant une « cessation concertée illégale de travail ».

Trente associations de professeurs au collégial provenant d’un peu partout au Québec ont adopté un mandat de grève pour se joindre à la manifestation du 1er mai contre l’« austérité ». Celle-ci coïncidera avec la Journée internationale des travailleurs et devrait réunir des groupes sociaux en tout genre.

Québec et les administrations des cégeps ont choisi de se tourner vers les commissaires aux services essentiels parce qu’ils estiment que « cette cessation concertée de travail portera préjudice ou sera susceptible de porter préjudice aux étudiants en les privant des services auxquels ils ont droit, soit la tenue de cours le 1er mai ».

Du côté du ministère de l’Enseignement supérieur, on fait valoir que le droit de grève des syndicats « n’est pas acquis ». « Plusieurs étapes doivent être franchies avant d’en arriver là, notamment la médiation, explique le porte-parole Pascal Ouellet. Une grève illégale ne peut pas être tolérée. Il faut assurer le respect de la loi et du régime de négociations en vigueur. »

Le CPNC et les deux fédérations représentants les associations de professeurs ont été convoquées mercredi matin pour tenter d’en arriver à une entente à l’amiable, sans quoi la Commission des relations du travail devra trancher.

Rappelons que les conventions collectives des employés du secteur public, y compris celles des professeurs de niveau collégial, sont échues depuis le 31 mars.

Manifester ou pas?

« J’ai dit à la direction que je fermais la shop vendredi. On va être dans la rue avec des pancartes pour décrier les mesures d’austérité, a répondu Sylvain Chamberland, le président du syndicat des professeurs du cégep du Vieux-Montréal, lorsque mis au courant de la demande d’intervention déposée à la Commission des relations du travail. Je prendrai ma décision sur le trottoir, quand on me dira ce que je dois défier ou pas. »

Son syndicat fait partie de ceux qui ont choisi de prendre la rue vendredi pour dénoncer les compressions dans les cégeps. « On n’en peut plus », dit-il.

M. Chamberland doute par ailleurs que l’enseignement collégial soit considéré comme un service essentiel. « Il faudrait me dire qui va mourir si les cégeps sont fermés une journée. »

La notion de service essentiel n’est pas clairement définie dans une loi, mais son application s’appuie sur la jurisprudence. De manière générale, il s’agit de trouver l’équilibre entre la limitation du droit de grève et le respect des droits des citoyens.

Le président du syndicat déplore le fait que le gouvernement choisisse de « judiciariser le débat » en cours.

Le mouvement d’occupation s’étend à d’autres cégeps

Après les étudiants du cégep Saint-Laurent la semaine dernière, ceux du Vieux-Montréal ont choisi d’ériger des tentes devant leur établissement mardi matin. Les banderoles visibles sur le campement laissent entendre que ces jeunes dénoncent les mesures d’austérité du gouvernement libéral et offrent notamment leur soutien aux étudiants de l’UQAM menacés d’expulsion.

L’occupation du cégep de Saint-Laurent, qui s’est poursuivie mardi, et celle du Vieux-Montréal sont pour l’instant tolérées. Ce mouvement devrait se répandre à plusieurs autres cégeps cette semaine. Après les étudiants du collège de Bois-de-Boulogne lundi soir, ceux de Lionel-Groulx, du cégep d’Alma et du cégep régional de Lanaudière devraient emboîter le pas jeudi.
4 commentaires
  • Caroline Laurin - Abonnée 29 avril 2015 09 h 01

    Et la cause de tout ce fouilli, y'en a qui s'y intéressent ?

    L'austérité ce n'est pas une fatalité, c'est un choix, c'est aussi un crime contre les peuples. Et puis, nous y sommes depuis bien longtemps. Comment se fait-il que les journalistes Québécois ne couvrent pas ceci ???

    http://www.99media.org/le-peuple-vs-la-banque-du-c

    http://www.thestar.com/news/canada/2015/03/23/rocc


    https://www.youtube.com/watch?v=Foe0MsAaV8g
    Le peuple vs la Banque du Canada - 99%Média
    www.99media.org

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 29 avril 2015 12 h 07

      La meilleure façon de soumettre un peuple récalcitrant est de favoriser l'éducation aux plus fortunés de la société. Ceux-ci pourront à leur tour perpétuer les classes inégalitaires.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 29 avril 2015 13 h 19

      «L'austérité ce n'est pas une fatalité, c'est un choix, c'est aussi un crime contre les peuples»

      C'est une maxime de QS ?

      Comme Alice au pays des merveilles,

      ''quand il n'y en a plus, il y en encore''

  • Robin Bouchard - Abonné 29 avril 2015 10 h 00

    Les étudiants lésés parce qu'ils n'auront pas de cours le 1er mai. Est-ce que les gens savent que les cours de chaque journée de grève sont repris plus tard ? Pas de cours le 1er mai mais reprise des cours le 20 mai, sans le salaire, qui est lésé ?

    Robin Bouchard