Amir Khadir met en garde contre les dérives de la justice

Selon M. Khadir, Hamza Babou est victime d’«une répression injustifiée» alors que «le système démocratique [devrait plutôt] s’employer, avec la plus grande obsession, à préserver le droit à la dissidence politique».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon M. Khadir, Hamza Babou est victime d’«une répression injustifiée» alors que «le système démocratique [devrait plutôt] s’employer, avec la plus grande obsession, à préserver le droit à la dissidence politique».

Le député de Québec solidaire Amir Khadir demande la révision du refus de remise en liberté sous caution du militant étudiant Hamza Babou. Cette décision ainsi que d’autres cas récents ciblant des militants politiques illustrent à ses yeux « un glissement [vers une] répression politique inacceptable ».

Accompagné de l’expert en droit constitutionnel Julius Grey lors d’un point de presse dimanche, M. Khadir estime que cette décision « fait fi de l’innocence présumée de l’accusé. M. Babou semble être jugé d’avance ».

M. Khadir rappelle que « dans notre système de justice, en principe, tout accusé est réputé innocent jusqu’à ce qu’il soit condamné en cour, raison pour laquelle on ne refuse presque jamais […] une libération conditionnelle ». Le député ajoute que l’explication donnée par le juge justifie mal sa décision de maintenir le jeune homme derrière les barreaux. Le juge a notamment déclaré que « l’opinion publique serait découragée » si M. Babou était remis en liberté et qu’il est un « leader » du mouvement. « Quand on a décidé de libérer Guy Turcotte, qui a tué ses enfants, s’est-on soucié de l’opinion publique ? », questionne le député.

Selon M. Khadir, Hamza Babou est victime d’« une répression injustifiée » alors que « le système démocratique [devrait plutôt] s’employer, avec la plus grande obsession, à préserver le droit à la dissidence politique ».

 

Terrain glissant

L’institution de la justice se trouve sur un « terrain glissant où, de manière expéditive, on s’abat sur la contestation politique » Il observe ce « glissement » aussi à travers le verdict de culpabilité de la militante anarchiste Jennifer Pawluck, qui avait diffusé sur Internet un graffiti montrant le commandant Ian Lafrenière du Service de police de la Ville de Montréal avec un trou de balle dans la tête. « Je comprends le malaise de M. Lafrenière, mais ce malaise peut-il justifier la privation de droits fondamentaux ? »

Le jeune homme, qui a été arrêté pour son implication dans l’« occupation » le 15 avril du pavillon J.-A.-DeSève de l’Université du Québec à Montréal, fait face à 14 chefs d’accusation dont agression armée, menace, méfait et voie de fait, pour avoir notamment projeté des fils serpentins en aérosol au visage d’un agent. Le 17 avril dernier, le juge Denis Laberge a décidé de maintenir M. Babou en détention jusqu’à son procès le 29 avril.

Les associations de l’UQAM prévoient finalement rencontrer le recteur

Un comité formé de membres des différentes associations étudiantes de l’UQAM qui contestent les menaces d’expulsion d’étudiants et «les différentes formes de répression politique» s'attend à rencontrer lundi le recteur de l’UQAM, Robert Proulx. Ils demanderont à ce dernier de retirer les convocations d’étudiants au comité de discipline, de permettre à l’étudiant militant René Delvaux de poursuivre sa maîtrise en science politique, de cesser «la répression» et d’arrêter «de traiter une partie non négligeable de la population étudiante de l’UQAM comme des êtres que l’on pourrait humilier, blesser et ignorer sans que cela laisse des traces profondes et durables au sein de notre université».

Jenny Desrochers, porte-parole de l'UQAM, indique néanmoins que le recteur ne sera pas à cette rencontre. Le comité a eu une première rencontre avec la direction de l’université le 16 avril dernier, en présence des vice-recteurs René Côté et Marc Turgeon. Le recteur n’était toutefois pas présent.

 
11 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 27 avril 2015 02 h 12

    Aux Grands Maux les Grands Remèdes!

    C'est quoi ca? On est bien rendu intransigeant!

    Triste qu'ils ne sont pas des " canadian lovers" à mon instar, je serais Solidaire!

    Par chance, il y a Amir pour dénoncer cette Farce Burlesque! Et dire qu'un certain " diffuseur d'émotions" a mis 30 min sur son cas, car il appuyait les marcheurs! On le taxait d'etre "gauchiste" et y allait de profondes sorites du style:" il n'a rien appris des leçons de sa fille en 2012!"

    En tout cas! On devrait savonner 1 ou 2 langues après certains shows!

    Or, il dit vrai! Babou ne fait certainement pas médecine!

    J'ai lu " militants politiques", qu'un étudiant est détenu pour dissidence...
    J'ai pensé: mon doux! Un jeune a fait péter une bombe à clous à la bibli! Je lisais avec avidité quelle Suprême Crapulerie il avait pu orchestrer pour être tjs embastillé, qd les pires criminels sont quasi tjs élargis avant leur procès:

    "... avoir projeté des fils serpentins en aérosol au visage d'un agent"

    Hola! Holà! Oh la Décadence! Mais quelle Délinquance! Ce qu'on tait, c'est que l'agent fut blessé à vif, car sa fête était la veille et rien ne le met autant au tapis qu'un retardataire!

    En constante ébullition, j'ai trouvé le nom pour cette génération pas encore baptisée. Il y a les baby boomers, les X, les Y ou "enfants rois", nos chouchous! et voici les Z, ou la "Génération Aceptisée", qui a grandi en snifant du febreeze, qui sont allergiques à tout sauf au lysol, à qui on dit que le pot rend " agressif", la clope laid, que 5 bières en ligne mène au coma éthylique, que de ne pas donner d'itinéraire est un prétexte pour être défigurée par l'ordre, que de ne pas se laver les mains 25 fois par jour donne l'ebola et à qui on enseigne que l'endroit pour régler les litiges publics sont nos tribunaux, unique méthode, et "bon prix, pas cher", pour tous s'entendre!

    Ils sont l'ultime lettre, car sortir est périlleux, dormir ds un pieu bourré d'acariens dangereux, et la procréation via Skype ne fait pas encore de bébés 3D!

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 27 avril 2015 09 h 45

      Milan Kundera a écrit un livre qui a pour titre: La fête de l'insignifiance, publié chez Gallimard en 2014.

      Vous devriez le lire. C'est très inspirant.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 27 avril 2015 16 h 01

      M. Chalifoux, j'aimerais croire que vous me faites avec sincérité une bonne suggestion de lecture. Mais sachAnt qu'on me répond presque tjs pour mettre en lumière ma petitesse ds ce journal, et jamais pour engager un contact amical entre inconnus, je suis portée à penser que vous avez trouvé la façon intellectuelle de me traiter de Grande Insignifiante!

      La vie commence à être douce des qu'on cesse de la prendre au sérieux...

      Kundera n'a-t-il pas aussi écrit l'insoutenable légéreté de l'etre?

      Laissez-moi donc être légère, je n'aime pas les gens lourds!

      Merci

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 27 avril 2015 05 h 33

    Alors ???

    « Le jeune homme (…) fait face à 14 chefs d’accusation dont agression armée, menace, méfait et voie de fait » ; « Selon M. Khadir, Hamza Babou est victime d’« une répression injustifiée » (Laurie Pelletier, Le Devoir / La Presse Canadienne)

    Vraiment ?

    Si quelqu’un ose entrer par infraction chez n’importe qui, notamment dans le cadre de « dissidence politique », avec agression armée, la raison est assez yahou pour qu’on le retienne en détention provisoire, et ce, jusqu’au procès qui, celui-ci, déterminera s’il est ou non responsable, surtout, s’il constitue un réel « danger » à l’égard de la Communauté !

    De plus, il n’existe aucune correspondance juridique d’avec le cas de G. Turcotte (un cas « isolé », et sans conséquence envers la société) !

    Alors ??? - 27 avril 2015 -

  • René Racine - Abonné 27 avril 2015 05 h 40

    Jouer le Nelson Mandela

    Le pire de cette histoire, on ne fait que commencer à entendre parler de monsieur Hamza Babou. Ce monsieur est malheureux de vivre à l'intérieur des frontières canadiennes et québécoises, dans une société accueillante composée et issue de l'immigration. Je comprends que tout n'est pas parfait dans ce monde idyllique que représente le Québec et ses universités, mais la création d'un état de siège dans la communauté universitaire, dépasse les limites de l'acceptabilité sociale universitaire et des tribunaux.

    Que maintenant Hamza Babou soit considéré comme une "vidange" par les partenaires sociaux, ne tient qu'à ses grandes réalisations de 14 chefs d'accusation et à la méfiance que Monsieur Babou dégage devant les tribunaux. Éventuellement, être un citoyen à part entière, responsable et honorable est le but visé par les jeunes gens qui fréquentent les institutions d’enseignement à tous les niveaux. Or aucune crédibilité n'est accorder à la parole de ce jeune homme qui Il vit ses heures de gloire d'une curieuse façon, en faisant les manchettes des journaux comme étant « monsieur Victime » d'une erreur judiciaire.

    Ça lui fait une belle jambe de vivre dans le milieu carcérale pour un monde étudiant qui va s'empresser de l'oublier le lendemain des examens. Il aura échoué parce qu'il a abandonné ses cours mais il va faire l'envie à l'échelle de la planète entière, d'être heureux. Il vivra ses convictions dans un tout inclus où personne ne veut aller, derrière des barreaux; c’est appelé jouer le Nelson Mandela. Cet heureux homme, héros du jour, vedette d'aventures rocambolesques, connaîtra des jours meilleurs, j’en suis certain.

  • Patrick Daganaud - Abonné 27 avril 2015 06 h 51

    Ce n'est pas bon signe quand le plateau penche avant le jugement

    Amir Khadir a raison.

    Dans une société saine, la justice ne doit pas se retrouver en situation de collusion avec la ou le politique.

    C'est alors une justice rendue inapte par servilité.

  • Cyril Dionne - Abonné 27 avril 2015 07 h 48

    Le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre

    Et voilà, notre grand défenseur de la dissidence politique, Amir Khadir, notre solitaire bien aimé, qui se porte à la défense d'Hamza Babou, l'anarchiste qui fait face à 14 chefs d'accusation, dont voies de fait, agression armée, méfait et menace. Ce présumé étudiant qui a pris la peine d'abandonner ses cours en début de session, de manière à ne pas avoir de frais, ni de mention d'échec à son dossier, est un casseur tout simplement. Même si je ne comprends pas la dureté du jugement en question, qu'est-ce que des gens comme M. Babou font dans des havres de pensée et de réflexion à empêcher les autres d'exercer un droit fondamental reconnu pas tous, celui de s'éduquer. Et quand est-il de la répression injustifiée que M. Babou et ses acolytes ont exercé sur les autres étudiants ?

    Mais lorsqu'on pense à nos syndiqués de cet été qui étaient sensés de faire respecter l'ordre et maintenir la sécurité alors qu'ils allumaient un feu en plein centre-ville, quelle est la différence entre nos vengeurs masqués anarchistes de l'UQAM et ceux-ci ? Et ils n'avaient pas fini, ensuite ils se sont investis à l'hôtel de ville de Montréal pour le saccager. Vengeurs masqués et des clowns habillés en shérifs ou en habits de camouflage, quelle est la différence entre ces deux groupes dissidents ? Ici, c'est sans parler des voitures pleines d'autocollants, et évidemment, tout ceci aux frais des contribuables, pour ne pas dire de la princesse.

    Mais il faudrait rappeler que notre cher Hamza Babou est membre d'un local anarchiste de critique et de lutte sociale dans le quartier d'Hochelaga qui s'appelle "La déferle". En 2012, nous avions l'anarchiste saccageuse de service qui s'appelait Yalda Machouf-Khadir. Le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre.

    • Anne-Marie Allaire - Abonnée 27 avril 2015 12 h 06

      Bien sur M. Dionne: et que l'on les enferme tous et que l'on perde donc la clé une fois parti. Et vous pourrez ainsi vivre tout seul sur votre ile a l'abri de tout et surtout de tous ces méchants puisque vous n'habitez probablement pas la planète Terre.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 avril 2015 22 h 22

      Alors Mme Allaire, pouvez-vous répondre à mes questions suivantes ? Pourquoi est-ce que ceux qui sont en autorité et qui ont les moyens de le faire peuvent se comporter comme une bande de voyous sans faire face à aucune accusation ? Si c'est bon pour notre anarchiste de salon, pourquoi le même remède ne pourrait pas être appliqué à ceux qui représentent la loi et l'ordre ? Sinon, ce n'est plus la loi et l'ordre, mais bien la loi et le désordre. Comment ne pas être cynique envers ceux qui ont déshonoré l'uniforme qu'ils portaient ? Et pour finir, ceux-ci représentent la loi et l'ordre mais ne sont pas la loi et l'ordre