La direction de la CSDM devra rendre des comptes

Les élus de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) se retrouvent devant « le défi d’une vie », a estimé mercredi le ministre de l’Éducation, François Blais, à la suite de la publication d’un rapport accablant sur la situation financière de l’organisme. Un document qui blâme gravement la direction de la CSDM et ses commissaires scolaires pour la débâcle actuelle.

« Les principales conclusions de ce rapport, comme nous le pensions, c’est que la CSDM est en mesure d’en arriver à l’équilibre budgétaire sans toucher aux services aux élèves, a résumé le ministre Blais. Bien sûr, il y a un certain nombre de défis de leadership et de gouvernance. »

Le rapport commandé par Québec à la firme Raymond Chabot Grant Thornton démontre que la CSDM doit procéder à une transformation organisationnelle « en profondeur », sur cinq ans, « pour optimiser son fonctionnement et assurer sa stabilité financière ». L’organisme a la capacité de revenir à l’équilibre budgétaire dès 2016-2017, comme le demande Québec, mais n’a pas les outils nécessaires.

Parmi les problèmes de gouvernance identifiés, le rapport fait état d’une implication « contraire aux bonnes pratiques » des commissaires dans la gestion des affaires courantes de l’organisme, qui laisse croire à une mauvaise compréhension de leur rôle. En outre, le niveau de « maturité » de l’équipe de direction générale est au niveau le plus faible possible selon l’échelle de la firme d’experts.

Bien que des efforts réels aient été faits pour résoudre les difficultés économiques de la CSDM, ceux-ci ne « font pas l’objet d’une planification structurée, propre à soutenir [leur] matérialisation ».

Un accompagnateur

Le rapport propose à Québec de prévoir un « accompagnement externe » pour soutenir l’équipe de direction générale, le conseil des commissaires et la CSDM en général dans cette transformation. François Blais a toutefois exclu toute tutelle formelle, tout en précisant que Québec appuiera la commission scolaire. Chose certaine, la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, devra expliquer rapidement de quelle manière elle compte mettre en place les recommandations. Qu’arrivera-t-il si elle n’obtempère pas ? « Je ne vais pas donner de précisions là-dessus », dit le ministre Blais.

La principale intéressée rappelle que la situation a déjà quelque peu évolué depuis l’examen de la firme externe. Des compressions ont été effectuées et d’autres suivront. Elle remet en doute l’idée selon laquelle il est possible de faire des compressions sans entamer la qualité des services aux élèves.

Les changements au niveau de l’équipe de direction sont déjà en cours, avec le départ à la retraite de l’ex-directeur général adjoint aux finances, dont le poste est actuellement affiché. Mme Harel-Bourdon n’a pas voulu dire si d’autres changements étaient à prévoir au niveau de la direction, même si c’est ce que propose le rapport, et ce, dans un délai de 120 jours.

10 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 23 avril 2015 06 h 13

    Est-ce que l'expression «contraire aux bonnes pratiques»

    ...se veut aussi significative d'une possible existence «d'un panier de crabes». Genre? Garni d'ingrédients propres à ceux «entendus» à La Commission Charbonneau ?
    Ah! Misère!
    Gaston Bourdages,
    Auteur - Conférencier.

    • Gilles Théberge - Abonné 23 avril 2015 11 h 46

      Apparemment l'expression noeud de vipères serait préférable monsieur Bourdage. Le panier de crabes serait un anglicisme.

      Les vipères mangent mais ne se mangent pas.

  • Gilles Roy - Inscrit 23 avril 2015 06 h 53

    Heu...

    Just checking : la firme Raymond Chabot Grant Thornton a dirigé (et bien dirigé) combien de commissions scolaires dans sa vie? Ne devrait-on pas plutôt rapporter que les «corps privés» censés améliorer les admnistrations scolaires ont, dans les faits et aux États-Unis, souvent mené à la foire d'empoigne? Bref, on se garde une petite gêne avant d'attribuer quelques compétences que ce soit à un organisme dont les remèdes risqueraient fort d'aggraver la situation du malade...

  • François Dugal - Inscrit 23 avril 2015 08 h 12

    La solution

    La solution : 60 élèves par classe et la "strappe" pour ceux qui ne comprennent pas : avancez en arrière.

  • Bernard Terreault - Abonné 23 avril 2015 08 h 27

    A la décharge de la CSDM

    La CSDM a, selon les chiffres, la plus forte proportion de familles pauvres, et d'immigrants d'origine diverses. Dans bien des classes les enfants arrivent sans connaître le français. Il est évident que la CSDM aura alors besoin de plus de moyens, donc d'argent, pour effectuer le rattrapage.

    • François Dugal - Inscrit 23 avril 2015 10 h 13

      Monsieur le ministre ne l'entend pas de cette oreille, monsieur Terreault.

  • Gaston Meilleur - Abonné 23 avril 2015 09 h 04

    Entre la théorie et la pratique... il y a un monde

    Qui sera cet accompagneteur et combien cela coûtera en frais de consultation... laissez moi deviner - le montant des économies réalisées....