La réputation de l’UQAM mise à mal

Malgré l’injonction reconduite pour permettre la tenue des cours, des manifestants masqués ont bloqué l’accès aux classes, forçant des professeurs à annuler leurs cours.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Malgré l’injonction reconduite pour permettre la tenue des cours, des manifestants masqués ont bloqué l’accès aux classes, forçant des professeurs à annuler leurs cours.

En d’autres circonstances, n’importe quelle université se réjouirait d’une telle visibilité. Associés depuis des semaines aux mots « saccages », « grèves » et « dérapages », professeurs, leaders étudiants et membres de la direction de l’Université du Québec à Montréal s’inquiètent toutefois de plus en plus de l’impact durable que pourraient avoir les bouleversements qui ébranlent la maison d’enseignement sur sa réputation.

Lundi matin, 11 h. Deux étudiants cagoulés, habillés de noir, frappent frénétiquement sur des bacs de recyclage du pavillon J.-A.-DeSève de l’UQAM afin d’empêcher la tenue des cours. Les caméras de télévision filment la scène alors que journalistes et étudiants tweetent des explications. « L’agitation continue à l’UQAM », titre le réseau d’information continue LCN pendant de longues minutes. Une fois de plus, l’UQAM fait les manchettes. Pour toutes les mauvaises raisons. Rien que la semaine dernière, la situation tendue à l’UQAM occupait 7 % de l’espace médiatique au Québec, alors que le mot-clic #occupationUQAM était le plus employé de la semaine, selon Influence Communication.

Stéphane Pallage, le doyen de l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM, en a assez des moqueries et des quolibets qu’on accole sans cesse à l’UQAM. « Lors du printemps 2012, le recteur Guy Breton avait fait venir la police à l’Université de Montréal. On n’a jamais évoqué la “fin de l’UdeM” pour autant ! On traîne l’UQAM dans la boue. L’une des choses qui me surprennent depuis mon arrivée au Québec il y a 20 ans, c’est à quel point on tape facilement sur la tête de l’UQAM », affirme le Belge d’origine.

M. Pallage estime que les événements des dernières semaines n’ont pas eu d’impacts négatifs sur les étudiants. Personne n’a eu de difficulté à trouver un stage en raison des grèves et manifestations, assure-t-il. Pourtant, certains étudiants affirment ouvertement craindre pour la reconnaissance de leur diplôme, reconnaît Gabriel Boileau, le président de l’association étudiante de l’ESG.

« Ce serait se mentir que de se dire que le fait qu’on soit à la première page de tous les journaux depuis deux semaines n’a eu aucun impact sur notre image », dit-il. Selon lui, c’est surtout au niveau des demandes d’admission que la situation se fera sentir. « Quand on a trois choix d’université devant soi et qu’on n’entend parler que des cagoulés et des violences, c’est sûr que ça ne donne pas le goût d’aller à l’UQAM », explique le jeune homme.

Un diplôme dévalué ?

C’est précisément la situation dans laquelle se trouve Ariane Lefebvre. Détentrice d’un baccalauréat en communication politique de l’UQAM, elle ira vraisemblablement faire son deuxième bac ailleurs. Se décrivant comme une participante « modérée » du mouvement étudiant de 2012, elle a décidé de poser sa candidature dans d’autres universités après les incidents de mercredi. « J’ai peur de sortir de l’UQAM et que mon diplôme ait moins de valeur qu’un autre. Et puis, je n’ai pas le goût de vivre ce climat de confrontation. »

Les conflits étudiants ne sont pas sans répercussions pour les universités québécoises. Après trois années de croissance, l’UQAM a en effet connu en 2012-2013 une légère baisse de ses effectifs de l’ordre de 0,6 %, dans la foulée du printemps érable. Le mouvement étudiant du printemps 2012 avait touché l’UQAM plus que toute autre université, de même que les cégeps, qui constituent son bassin principal de recrutement. La tendance s’est cependant résorbée par la suite.

Dans une lettre envoyée aux médias lundi matin, 184 professeurs de l’UQAM partagent ces inquiétudes et accusent leur syndicat d’attiser la situation.

La contestation étudiante « s’est transformée en une réelle crise institutionnelle qui affaiblit et fait mal à l’UQAM », affirment les signataires, qui incluent notamment l’ex-premier ministre Bernard Landry.

Les coûts matériels du saccage du pavillon DeSève, mercredi dernier, sont « importants », mais « sans commune mesure avec la perte de réputation de l’UQAM », selon eux.

Le collectif dénonce les violences, mais signale surtout son désaccord avec les déclarations publiques de l’exécutif du Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ) et de sa présidente, Michèle Nevert, qui, selon eux, « appuient sans discernement les actions étudiantes ». Mme Nevert et d’autres professeurs s’étaient interposés entre manifestants et policiers, mercredi après-midi.

« Ces interventions font énormément de tort à l’UQAM et contribuent à amplifier le niveau de crise institutionnelle. Nous ne nous reconnaissons pas dans ces positions, apparemment prises au nom de tous les professeurs », poursuivent les auteurs de la lettre. « La réputation de l’UQAM a été fortement mise à mal, ces derniers jours. »

Cette sortie publique des professeurs est survenue alors que la présidente du conseil d’administration de l’UQAM, Lise Bissonnette, offrait son soutien indéfectible au recteur Robert Proulx dans sa gestion du conflit étudiant. Dans une longue lettre à l’ensemble du personnel de l’UQAM lundi matin, l’ex-présidente de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) se dit pleinement en accord avec la décision de recourir aux expulsions et à une injonction pour que les étudiants puissent accéder aux campus et suivre leurs cours.

Mme Bissonnette dénonce « l’irruption dans une partie du campus de bandes organisées, substituant le hurlement à la parole, décrétant que l’enseignement, donc le libre cours des idées, y était hors d’ordre ».

Ironiquement, cette lettre a été envoyée alors qu’au pavillon J.-A.-DeSève se déroulait une nouvelle manifestation, regroupant une cinquantaine d’étudiants, moins d’une semaine après le saccage de l’édifice par des protestataires.

D’autres manifestations ont eu lieu plus tard dans la journée, au pavillon des sciences de la gestion de l’UQAM. Une marche contre l’austérité a par la suite regroupé quelques centaines de personnes, qui ont déambulé du plateau Mont-Royal à l’UQAM. Les protestataires se sont dispersés à la demande des policiers, vers 14 h 30. Aucune arrestation n’a eu lieu.

Ils sont aussi l'UQAM

«Nous, professeurs de l’UQAM, souhaitons faire connaître notre désaccord avec les déclarations publiques de l’exécutif du Syndicat des Professeurs de l’UQAM (SPUQ) et de sa présidente, Michèle Nevert, appuyant sans discernement les actions étudiantes, en opposition directe avec la décision de sécuriser l’espace universitaire. Nous nous dissocions du ton et de la nature des propos tenus par Mme Nevert, en particulier à l’émission du matin de Radio-Canada, au lendemain du saccage. Ces interventions font énormément de tort à l’UQAM et contribuent à amplifier le niveau de crise institutionnelle.»

Extrait tiré de la lettre signée par 184 professeurs
24 commentaires
  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 14 avril 2015 05 h 40

    L'UQAM, une grande université.

    Ce qu'il faut selon moi, c'est que l'UQAM prenne 'le taureau par les cornes' et invite formellement les associations étudiantes désireuses de faire cesser l'enseignement à tenir des votes par scrutin secret: le caractère secret et démocratique des votes devrait être inattaquable. Tous sauraient ce qui les attend et l'on y tiendrait. Il en va des libertés constitutionnelles d'expression, du droit constitutionnel d'association et de la qualité de l'enseignement. En contrepartie, l'UQAM respecterait le résultat des votes favorables à la grève et fermerait conséquemment ses portes. Les votes étudiants se tiendraient dans un contexte où tous les étudiants sauraient ce qu'ils ont à perdre et gagner: on tablerait ainsi réellement sur leur intelligence et leurs valeurs. Selon moi, l'on ouvrirait ainsi beaucoup mieux une 'boîte de Pandore'. L'UQAM est le navire admiral du réseau U.Q.. Elle doit jouer son rôle et montrer le chemin aux autres universités québécoises. Actuellement, elle laisse la situation se régler d'elle-même et attend passivement le salut de Québec. Quelle faiblesse et quel manque d'imagination.

    • Michel Lebel - Abonné 14 avril 2015 09 h 05

      Les grandes ou grosses institutions ont généralement le don de laisser aller les choses en misant sur le fait qu'elles s'arrangeront d'elles-mêmes, ce qui arrive assez souvent, mais quelquefois, ça ne marche pas et ça pète. C'est ce qui arrive présentement à l'UQAM. Mais quand le feu est pris dans la grange, il faut l'éteindre au plus saprant! Aux responsables de trouver les meilleures solutions.


      Michel Lebel

    • Nadia Seraiocco - Abonnée 14 avril 2015 11 h 04

      M. Lusignan, je suis plutôt en accord avec vos propos. Les associations étudiantes reproduisent beaucoup des structures et processus des syndicats, or pour une grève ou pour l'acceptation d'une proposition ayant des conséquences sérieuses, le vote secret devrait être de mise. L'université est lieu d'apprentissage, l'UQAM un phare dans le monde universitaire, alors dans la situation présente il y aurait lieu de travailler avec les étudiants et les associations pour que les structures démocratiques soient améliorées et que cette expérience serve à préparer les étudiants à la vie citoyenne.

  • Eve Lafrance - Inscrite 14 avril 2015 05 h 52

    Où est le véritable scandale ?

    Il n'y a pas si longtemps, d'autres professeurs attiraient l'attention sur le fait que l'amputation de nombreux cours, de différentes ressources, ainsi que la pression mise sur les professeur.es pour revoir les salaires à la baisse, nuiraient grandement à l'attractivité de nos universités. Aujourd'hui un groupe minoritaire (rappelons que seulement 16% se sont prononcés en désaccord avec Michèle Nevert) voit en quelques gestes de grabuge une menace pour la réputation de l'établissement. Bien sûr, ces professeur.es qu'on pourrait qualifier de «dissident.es» (184 sur 1166), ne s'inquiètent pas autant des raisons qui ont mené à cette situation exceptionnelle. Seul l'image instantanée qu'ont fait les médias de ce moment de grabuge occupent leur pensée.

    Heureusement, ce n'est pas la majorité des professeur.es qui prennent ce parti, et d'autres basent leur jugement sur l'ensemble de la situation. Or le gouvernement ne se trouve pas miraculeusement «blanchi» de son saccage dans l'enseignement supérieur ni de son autoritarisme (pour le moins questionnable dans une démocratie avancée) par quelques gestes d'exaspération d'une population étudiante poussée à bout par les trois derniers gouvernements et par la complicité de la direction actuelle.

    Ils sont inquiets d'une image de désordre, moi je suis inquiète d'un glissement sournois dans l'autoritarisme et la tolérance, voir la complicité, avec la répression politique à laquelle nous assistons présentement. On ne les a pas entendu.es, ces mêmes professeur.es, se scandaliser du saccage opéré par les coupes sur la qualité de l'enseignement et des services institutionnels (ressources aux handicapé.es, heures d'ouverture des bibliothèques, support aux victimes d'agression sexuelle, etc.). On peut questionner cet ordre de priorités dans la scandalisation.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 14 avril 2015 14 h 00

      Pourquoi le parti Québec Solidaire dont le programme est tout a fait conforme aux aspirations, revendications du noyau étudiant ( suivi par leurs sympatisants ) de l'UQUAM et du Cegep du vieux Montréal, n'est pas plus mis de l'avant? Il me semble
      que cela serait meilleur pour leurs causes, a ce que je sache nous vivons toujours dans un état de droit, démocratique...Sinon je ne vois aucun interet a vouloir débattre, pusqu'eux memes ne le veulent pas.

    • Palardy RACHEL - Inscrite 14 avril 2015 14 h 58

      Pour moi , un professeur avec une telle attitude me confirme que j ai bien fait de deconseiller a mes enfants de choisir l UQAM comme universite ..."glissement sournois dans l"autoritarisme et la tolerance , voir complicite avec la repression politique a laquelle nous assistons presentement"...verbillage d"intellectuel frustre qui ne veut rien dire.

      Rachel Taillon

    • Eve Lafrance - Inscrite 14 avril 2015 20 h 57

      M. De Ruelle

      Désolée, je ne comprends pas votre question. Je n'y retrouve rien de ce que j'ai abordé dans mon texte et je préfère m'en tenir au sujet de l'article.

    • Eve Lafrance - Inscrite 14 avril 2015 20 h 59

      Mme Taillon Palardy,


      Vos insultes gratuites ne sont pas des arguments. La haine et les préjugés faciles semble occuper beaucoup de place dans vos pensées. Bonne chance !

  • Michel Lebel - Abonné 14 avril 2015 06 h 36

    Cela aura des effets.

    Il n'y a pas de doute: cette "agitation sociale" à l'UQAM aura des effets, dont celui du nombre de nouveaux inscrits à cette institution. Les étudiants ne sont pas idiots, mais des "réalistes", étant pour bientôt en quête d'emplois et leurs futurs employeurs observeront évidemment où ils ont fait leurs études. Tout ce salissage est bien dommage, mais la réputation d'une université ne se bâtit jamais en quelqes décennies.

    Enfin je signale que Mme Bissonnette, présidente du conseil d'administration de l'UQAM, aurait pu intervenir plus promptement dans la défense du recteur Proulx.


    Michel Lebel
    Ancien professeur de l'UQAM et de l'UdM

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 14 avril 2015 10 h 10

      Nous devons faire confiance aux étudiants et leur appliquer les règles démocratiques en vigueur dans le reste de la société québécoise. Tantôt, ils nous succéderont. Il faut présumer de rien. Qu'ils s'expriment, fassent des choix et en vivent les conséquences. Ils doivent s'habituer à la démocratie, à ses avantages et inconvénients, ne serait-ce que parce que leurs choix s'imposeront un jour aux nôtres. Personnellement, j'ai énormément confiance. Peut-être est-ce parce que je suis un catholique croyant. Je l'ignore.

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 14 avril 2015 10 h 11

      Nous devons faire confiance aux étudiants et leur appliquer les règles démocratiques en vigueur dans le reste de la société québécoise. Tantôt, ils nous succéderont. Il faut présumer de rien. Qu'ils s'expriment, fassent des choix et en vivent les conséquences. Ils doivent s'habituer à la démocratie, à ses avantages et inconvénients, ne serait-ce que parce que leurs choix s'imposeront un jour aux nôtres. Personnellement, j'ai énormément confiance. Peut-être est-ce parce que je suis un catholique croyant. Je l'ignore.

    • Michel Lebel - Abonné 14 avril 2015 11 h 36

      @ M. Lusignan,

      Je n'ai jamais beaucoup marché dans les "ismes", que ce soit le jeunisme ou l'âgisme. Il y a des jeunes cons comme des vieux cons! Saccager un pavillon universitaire n'est pas un exemple de brillance ni frauder l'État dans des stratagèmes fiscaux. Quant à "mon" Dieu, qui est le même que le "vôtre", Il nous reste toujours libre de faire toutes les conneries et ceci, sans limites!

      M.L.

  • Jean Lapointe - Abonné 14 avril 2015 07 h 25

    Pourquoi en est-il ainsi?

    Ne vous est-il pas venu à l'esprit de vous demander pourquoi il en est ainsi?

    N'y a-t-il pas lieu de se demander ce qui est à l'origine de toutes ces manifestations?

    Même si on peut déplorer et condamner avec raison ce que font certains étudiants, n'y aurait-il pas par hasard des raisons à cela?

    Pour le moment est-ce qu'il n'y a pas plus important que la réputation de l'UQAM?

    La réputation de l'UQAM serait-elle plus importante que les agissements du gouvernement actuel du Québec?

    Les étudiants de l'UQAM ne sont quand même pas les seuls à contester fortement la façon dont ce gouvernement se comporte.

    On dirait que vous préconisez implicitement la loi et l'ordre. Est-ce vraiment la seule solution?

    Permettez-moi d'en douter.

    Je m'attends à mieux que cela de la part d'un journal comme le Devoir.

  • Patrick Daganaud - Abonné 14 avril 2015 07 h 31

    Les violences ne sont pas justifiées.

    Les violences ne sont jamais justifiées.

    Celles des étudiants ne le sont pas.

    Celles du gouvernement ne le sont pas.

    Celles du capitalisme cannibale non plus.

    Tant que les gouvernements seront les bras serviles d'une économie contre l'humain et l'humanité, les violences injustifiées se poursuivront.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 avril 2015 10 h 30

      «Les violences ne sont jamais justifiées.» -Patrick Daganaud

      C'est faux.

      Quand ont vous attaque, il est nomal et justofié de vous défendre.

      Et quand on voit des gens en attaquer d'autres, il est même lâche de ne pas se porter à leur défense.

      Ce n'est pas avec une attitude moraliste comme celle-là, que les alliés auraient vaincu le nazisme d'Hitler.


      -Cm

    • Patrick Daganaud - Abonné 15 avril 2015 07 h 41

      À Christian Montmarquette, RÉF : 14 avril 2015 10 h 30

      « Les violences ne sont jamais justifiées.» -Patrick Daganaud . C'est faux.
      Quand ont vous attaque, il est normal et justifié de vous défendre.
      Et quand on voit des gens en attaquer d'autres, il est même lâche de ne pas se porter à leur défense. Ce n'est pas avec une attitude moraliste comme celle-là que les alliés auraient vaincu le nazisme d'Hitler. »

      Le recours à la force est justifié contre la violence. Se porter à la défense de, se défendre, en défendre d'autres, violentés, sont des recours légitimes à la force.

      Les étudiants contre l'austérité, aidés de la population, peuvent user d'un recours légitime à la force contre les violences de l'actuel État québécois : la grève, les manifestations, les interventions dans les médias et dans les tribunes publiques, etc.

      Vous trouverez sans doute trop subtile la différence que j'opère entre le recours à la force et la violence. Je vous redonne un exemple : quand le gouvernement, sous prétexte d'ordre, fait appel à la brutalité policière pour réprimer des manifestations, il recourt à la violence. La population et les étudiants sont alors en droit de recourir à la force.

      Quand un gouvernement vole les moins nantis pour engraisser ses cochons, il recourt à la violence. Le peuple est alors en droit de recourir à la force.

      Combattre l'injustice n'implique pas manquer d'éthique : le recours à la violence n'est pas éthique.

      Les alliés ont certes vaincu le nazisme d'Hitler, mais la guerre et ses violences conduisent à des horreurs dans tous les camps. Ils n'ont pas empêché la mort, durant tout le conflit, de milliers de personnes handicapées délibérément affamées dans des institutions transformées en mouroirs.