Des étudiants de l’Université Laval solidaires

Plusieurs manifestations spontanées se sont déroulées à proximité de l'UQAM, jeudi.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Plusieurs manifestations spontanées se sont déroulées à proximité de l'UQAM, jeudi.

Munis de bannières et pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Non aux expulsions politiques », une centaine de militants et d’étudiants de l’Université Laval ont tenté à leur tour d’entrer dans les bureaux de leur recteur, Denis Brière, puis ont « occupé » le pavillon dans lequel il se trouve, jeudi après-midi.

« Le recteur refuse toujours de nous parler. On demande une condamnation de sa part de la violence politique et policière utilisée [mercredi] à l’UQAM », a indiqué en début de soirée Annie Grégoire, étudiante à la maîtrise en sociologie à l’Université Laval, alors qu’elle participait à l’événement qui faisait écho à « l’occupation » de l’UQAM la veille.

Les étudiants n’ont pas pu entrer dans les bureaux du recteur puisque les portes permettant d’y accéder avaient été verrouillées. Ils sont donc restés au premier étage, puis ont quitté le pavillon vers 18 h 15. Aucun acte de vandalisme n’a été commis, selon le responsable des relations médias de l’université.

M. Brière, qui avait été informé de la situation, a décidé de ne pas réagir « sur des événements qui concernent l’UQAM », a indiqué son porte-parole.

Les militants de la capitale québécoise ont fait circuler un document titré Répression politique à l’UQAM : nous sommes tous et toutes concernées, dans lequel ils dénoncent « l’injonction déposée par l’administration de l’UQAM contre les associations étudiantes », les menaces d’expulsion et la « répression policière du mouvement ». Ils condamnent également les injonctions et la requête demandant à la Ville de Québec de prendre une décision dans ce conflit qui ont été déposées par des étudiants de l’Université Laval.

À Montréal, en après-midi, une manifestation de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) — qui élisait la même journée son conseil exécutif par intérim — est partie du carré Saint-Louis, dans le Plateau-Mont-Royal, pour ensuite rejoindre une manifestation à l’intérieur des murs de l’UQAM. L’action interne a entraîné la levée de certains cours.

Pour disperser les militants, les policiers ont eu entre autres recours à du poivre de cayenne et à l’encerclement des étudiants. Cent quatre-vingts constats d’infraction ont été remis en vertu du règlement P-6, deux pour refus d’obtempérer avec des agents de la paix et un pour non-respect des conditions.

Rappel à l’ordre

Vêtus de blanc, des étudiants de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM ont tenu une veillée aux chandelles, jeudi soir, pour montrer leur désaccord quant au grabuge effectué dans l’institution la veille et demander le retour « d’un climat d’étude sain ». Pour éviter les débordements, les organisateurs ont refusé de se prononcer sur les injonctions, le travail des policiers, le rectorat, la grève et l’austérité. Leur désaccord quant aux actes de vandalisme était partagé par des étudiants de toutes facultés, qui, présents à « l’occupation » mercredi, avaient observé avec dégoût certaines actions.

Tout en dénonçant les « actes de vandalisme et de violence », Alexis Tremblay, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), a tenu à rappeler que « s’il y a des débordements, la solution, c’est le dialogue. Jamais la répression. »

Les votes de reconduction de grève suivent leur cours dans les institutions d’enseignement du Québec. L’Association facultaire étudiante des arts de l’UQAM a reconduit jeudi sa grève jusqu’au 3 mai. Au cégep du Vieux-Montréal, le vote de reconduction qui devait avoir lieu le 15 avril a été devancé à vendredi matin, en raison du dépôt d’une pétition de 303 noms dénonçant les circonstances du dernier vote.

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