Des étudiants perturbent des cours malgré l’injonction

Des policiers du Service de police de la Ville de Montréal se sont présentés à l’UQAM en avant-midi mardi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des policiers du Service de police de la Ville de Montréal se sont présentés à l’UQAM en avant-midi mardi.

Quelques dizaines d’étudiants masqués ont défié mardi l’injonction obtenue la semaine dernière par l’UQAM en perturbant plusieurs cours. La direction de l’université se dit « préoccupée », mais préfère attendre la conclusion de l’« enquête » qu’elle mène actuellement avant d’agir.

En avant-midi, un groupe d’étudiants s’est réuni devant les bureaux de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) de l’UQAM. Ils ont ensuite pris d’assaut les couloirs de l’université à visage couvert et ont fait irruption dans plusieurs salles de classe pour mettre fin aux cours. Ils voulaient vraisemblablement faire respecter le mandat de grève générale illimitée que leur association a adopté lundi soir.

Les levées de cours se sont déroulées sans acte de violence, mais elles n’ont pas plu aux professeurs et à leurs étudiants. Tout au long de la journée, les gardes de sécurité ont été nombreux aux abords des salles de classe, mais ils sont généralement demeurés en retrait.

Les perturbations de mardi s’ajoutent à celles qui ont été rapportées jeudi soir dernier, toujours à l’UQAM. Une poignée de personnes aurait alors fait irruption dans la salle où enseignait le chargé de cours Daniel St-Pierre pour mettre fin au cours. La direction de l’UQAM n’avait pu confirmer l’événement en question, mais avait promis de s’y pencher au début de cette semaine.

Événements faisant l’objet d’une enquête

Mardi, sa porte-parole Jenny Desrochers n’a toujours pas été en mesure d’indiquer ce que l’université entend faire dans l’immédiat pour garantir l’accès aux cours. « Les événements font toujours [l’objet d’une] enquête, a-t-elle affirmé en entrevue. La direction est très préoccupée par ce qui s’est passé, tant jeudi que mardi. Mais avant de déterminer les suites à donner, il faut évaluer ce qui s’est produit. »

Mme Desrochers souligne que seulement six des quelque 100 cours qui se donnaient mardi avant-midi ont été perturbés. Elle répète que la direction suit la situation de près, mais elle ne sait pas à quel moment l’UQAM annoncera les conclusions de son enquête et les recours possibles contre les étudiants impliqués dans les perturbations.

« On espère que demain, ce sera plus calme. C’est ce que l’injonction ordonne », dit-elle.

Mercredi dernier, la Cour supérieure a donné raison à l’UQAM en ordonnant aux associations étudiantes de cesser de bloquer l’accès aux salles de cours. La demande d’injonction provisoire concernait cinq associations étudiantes et 34 militants. Elle a été accordée pour de dix jours.

« [Les étudiants] n’ont pas le droit de forcer la levée des cours prodigués par une université [et] ils n’ont pas le droit non plus de paralyser les services administratifs d’une telle institution. […] Bref, ils n’ont pas le droit de “ fermer ” l’UQAM », a souligné le juge Robert Mongeon dans sa décision.

En principe, les étudiants qui défient l’injonction peuvent être accusés d’outrage au tribunal.

Premier revers pour l’ASSÉ

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) subit un premier revers. La majorité des étudiants de l’Association facultaire des étudiants en langues et communication (AFELC) de l’UQAM a voté contre la poursuite de la grève (255 «pour», 703 «contre» et 26 abstentions). Toujours à l’UQAM, les étudiants en science politique de 2e et 3e cycles ont choisi d’entrer en grève générale illimitée. Au cégep du Vieux-Montréal, les étudiants ont renouvelé leur mandat de grève jusqu’à la semaine prochaine, après deux votes infructueux en ce sens.
4 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 8 avril 2015 05 h 37

    La banalité des choses

    Des étudiants masqués qui font lever les cours, tout cela est dit et analysé sur un ton de banalité! Il y aurait rien de bien grave là-dedans! Et vogue la galère! Ainsi va un certain Québec fort attristant.

    Michel Lebel

    • David Sanschagrin - Abonné 8 avril 2015 18 h 31

      C'est plutôt votre attitude qui banalise la répression que je trouve inquiétant.

    • Michel Lebel - Abonné 8 avril 2015 18 h 57

      @ David Sanschagrin,

      Mais quelle répression? Souhaitez-vous laisser le contôle de l'université à des gens masqués? Je ne marche pas dans ce film de série B!

      M.L.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 8 avril 2015 23 h 57

    Ces indignés ne font que donner des munitions à Blais et Couillard!

    Je veux bien essayer de soutenir la jeunesse, mais je ne suis vraiment pas impressionnée, et c'est un euphémisme, par les Étudiants qui bloquent les cours.

    Je suis peut-être déjà " drabe" a 32 ans, les épreuves font vieillir, mais les seules personnes que leur opérations militantes incommodent furieusement sont les Étudiants Vaillants qui souhaitent avant tout exceller dans leur métier, les élèves qui s'endettent pour longtemps à qui ça fait mal de perdre un cours qu'ils ont payé 100$ et qui ont peur de perdre une session s'il fallait que le mouvement reçoive le même appui populaire qu'en 2012, et les élèves ayant plus de difficultés pour qui chaque minute du cour est essentiel s'il souhaite parvenir à l'obtention de son diplôme.

    Bref, ils protestent contre les injonctions protégeant l'honnete civil, par l'occupation!

    Et qui paie? De pauvres et de braves étudiants! Les leurs!

    Les profs et les recteurs ne font que trouver ça bien dommage, mais rentre chez eux tranquilles.

    Pendant que les jeunes qui ne sont ni austères, ni pour les hydrocarbures, se font un sang d'encre pour leur session qui constitue un tournant majeur dans l'élaboration de leur carrière et de leur avenir.

    Ils ont beau être " articulés", non armé, parlant d'idéaux et de démocratie, on a pas trop le goût de les écouter, les voyant commettre des actions qui lèsent allègrement ceux au nom de qui ils manifestent avec autant d'abnégation et de véhémence.

    Disons que c'est pas ce qu'on appelle avoir de la suite dans les idées!