Des étudiants en grève bloquent l’accès à une dizaine de pavillons de l’UQAM

Les portes de l’Université du Québec à Montréal ont été bloquées lundi matin par des étudiants qui contestent les démarches qu’a entreprises la direction pour expulser neuf étudiants.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les portes de l’Université du Québec à Montréal ont été bloquées lundi matin par des étudiants qui contestent les démarches qu’a entreprises la direction pour expulser neuf étudiants.

Nouvelle semaine, nouveaux coups d’éclat à l’Universitédu Québec à Montréal (UQAM). L’établissement s’est retrouvé paralysé lundi par quelques dizaines d’étudiants en grève qui se sont précipités vers le campus principal à l’aurore afin de bloquer l’accès à une dizaine de pavillons.

Aux environs de 7 h lundi, des manifestants ont érigé des périmètres aux abords des portes d’une douzaine d’édifices du campus central de l’UQAM. Munis de bannière ou encore de ruban de sécurité rouge, ils ont barré l’accès aux étudiants, aux professeurs et aux membres du personnel qui tentaient d’y pénétrer, poussant la direction de l’UQAM à annoncer dans un premier temps la suspension des cours du matin, avant de faire de même avec ceux de l’après-midi.

« Désolé, tu ne peux pas passer. On proteste contre les tentatives d’expulsions des étudiants par la direction », a expliqué une manifestante au représentant du Devoir, en référence à la décision de l’UQAM d’entreprendre le 20 mars dernier des démarches afin d’imposer des sanctions disciplinaires à neufs étudiants militants, qui risquent une suspension d’un an ou le bannissement définitif. L’interdiction d’accès au campus visait aussi à « dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement relayées parnotre administration », selon un tract distribué par les étudiants en grève.

Si le pavillon de l’École des sciences de la gestion a été fermé par les manifestants alors que les étudiants de cette faculté se sont prononcés contre la grève, l’ensemble du campus des sciences de la maison d’enseignement, situé à proximité de la Place des Arts, était ouvert et des cours y étaient dispensés comme à l’habitude.

L’UQAM réagit

Dans un courriel envoyé aux enseignants au cours de la journée, la direction de l’UQAM a indiqué « mettre tout en oeuvre pour que les actions de blocage […] ne se reproduisent plus ».

Visiblement prise de court par cette action, la haute gestion de l’université a affirmé qu’elle prendrait tous les moyens qu’elle « jugera nécessaires » pour que le campus demeure accessible en tout temps à l’avenir. « L’UQAM reconnaît aux étudiants, ainsi qu’aux autres groupes, le droit de manifester. Toutefois, les gestes d’intimidation et de violence […] n’ont pas leur place et ne peuvent être tolérés. »

Si des agents de police et le service de sécurité de l’UQAM ont assuré la supervision des moyens de pression lundi, aucune arrestation n’a eu lieu, et ce, même si des étudiants qui tentaient de pénétrer dans les édifices ont affirmé aux policiers avoir été chahutés par les protestataires.

Méga-manifestation jeudi

Rappelons qu’une dizaine de campus sont actuellement touchés par le mouvement de contestation, quelque 55 000 étudiants se trouvant en grève ou détenant un mandat en ce sens. La journée de jeudi doit d’ailleurs donner lieu à de nombreuses manifestations à l’échelle du Québec, dont la plus importante se déroulera à partir de 14 h au square Victoria, au centre-ville de Montréal. L’Association pour une solidarité syndicale étudiante, instigatrice de l’événement, invite les organisations sociales et la population à la rejoindre. Pas moins de 110 000 étudiants se retrouveront alors en grève à l’occasion de cette « journée de manifestation nationale ».

3 commentaires
  • Bruno Giroux - Abonné 31 mars 2015 10 h 07

    Que font les autorités de cette université?

    Comment se fait-il que les autorités de l'UQAM n'aient pas pris toutes les mesures nécessaires afin que les étudiants qui voulaient assister aux cours puissent le faire. Si les dirigeants ne savent pas diriger, l'institution devrait être mise sous tutelle... avec perte de salaire pour les dirigeants.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 31 mars 2015 11 h 28

    Cherchez le pourquoi ?

    Toutes les fois qu'un gouvernement libéral est élu la population, dont les étudiants, sent le besoin de manifester son mécontentement...Ce qui n'est pas le cas quand le PQ est au pouvoir...Allez donc savoir pourquoi...Le mode de gestion péquiste est peut-être plus de nature populiste que celui des libéraux, de nature plus affairiste...Et pourtant le PLQ est sans cesse reporter au pouvoir...Sommes-nous masochistes ou quoi ? Qu'est-ce qui explique cet état de fait ? Éclairez-moi quelqu'un ?

  • Jean-Marc Simard - Abonné 31 mars 2015 11 h 44

    Mettre de la créativité dans les manifestations...

    Débrayer et se mettre en grève m'apparaît être pénalisant pour les étudiants...En se privant de leurs cours les étudiants se font davantage mal à eux-mêmes qu'au système...Or le but est de combattre le système, non soi-même...Le moment ne serait-il pas venue pour les étudiants d'innover les formules manifestations, revendications et réactions collectives aux politiques proposées par nos
    gouvernants ? Il existe certainement d'autres moyens d'affirmer son opposition que de déclencher une grève ou que de prendre la rue, qui feraient davantage mal au système en place...Je n'ai pas d'exemples à donner...Mais vous les étudiants brillants, vous avez sûrement des suggestions...