Les neuf comparutions sont reportées

La manifestation de vendredi, entre les murs de l’UQAM, s’est terminée par une poursuite policière et l’arrestation d’un militant ciblé par le Service de la prévention et de la sécurité de l’UQAM.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La manifestation de vendredi, entre les murs de l’UQAM, s’est terminée par une poursuite policière et l’arrestation d’un militant ciblé par le Service de la prévention et de la sécurité de l’UQAM.

Contestées vivement depuis une semaine, les comparutions des neufs étudiants menacés d’expulsion devant le comité exécutif de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ont été reportées « à une date indéterminée après le 24 avril », a indiqué au Devoir une source proche du dossier.

La première comparution, visant Justine Boulanger, ex-représentante étudiante au Conseil d’administration de l’institution, devait avoir lieu vendredi matin. L’UQAM ainsi qu’un regroupement d’étudiants et d’enseignants ont rapidement indiqué que la réunion avait été ajournée. La direction de l’UQAM n’a pas pu indiquer la raison de ce report puisque ce dossier est confidentiel.

Aux yeux de Samuel Cossette, membre du regroupement qui suit le dossier, la décision découle du mouvement de contestation entendu depuis une semaine.

Arrestation ciblée

Un rassemblement et une manifestation de solidarité avaient été organisés vendredi. La manifestation, qui s’est déroulée au sein des murs de l’UQAM, s’est terminée par une poursuite policière et l’arrestation d’un militant ciblé par le Service de la prévention et de la sécurité de l’UQAM.

Une centaine d’étudiants ont parcouru l’UQAM, certains masqués, demandant au recteur de laisser tomber les accusations qui pèsent contre leurs collègues. Ils se sont rendus jusqu’à la porte coupe-feu menant au pavillon du rectorat, où ils ont été freinés par deux gardes de sécurité. Les étudiants ont donné quelques coups sur la porte, puis ont rebroussé chemin et poursuivi leur manifestation sur la rue Sainte-Catherine.

Une vingtaine de policiers ont alors tenté de disperser les participants et une employée du Service de la prévention et de la sécurité leur a pointé un jeune, tout en décrivant son habillement.

Le jeune s’est mis à courir, suivi par une vingtaine d’étudiants, et a été rattrapé par un policier à l’angle des rues Saint-Denis et Émery. Il s’est alors rendu à la police.

La porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers, a indiqué au Devoir que la personne arrêtée a « commis des voies de fait sur un employé de l’UQAM qui agit à titre de préposé à la sécurité ». L’UQAM a « porté plainte au SPVM qui se trouvait aux abords du campus », puis le jeune a été arrêté.

Inquiétudes

Le rassemblement s’est quant à lui déroulé calmement, alors que quelques centaines de personnes étaient réunies, dont des enseignants et chargés de cours de différents départements de l’UQAM, des étudiants de plusieurs établissements scolaires, des enseignants à la retraite et la députée de Québec solidaire Manon Massé.

Cette dernière s’est indignée de la « forte présence policière » aux abords du rassemblement pacifique et de la décision de l’UQAM de « convoquer neuf étudiants pour les menacer d’expulsion sur la base de faits qui datent de quelques années ». « Est-ce une façon de faire taire les positions politiques ? », demande celle qui a tenté de contacter le recteur de l’UQAM, Robert Proulx, pour en discuter.

Plusieurs enseignants ont critiqué l’embauche « inutile » par l’UQAM d’une nouvelle firme de sécurité. Ce contrat de « gardiennage d’appoint (situation d’urgence) » vaut un demi-million de dollars.