Expulsions à l’UQAM: les profs s’indignent

Mardi après-midi, les représentants étudiants René Delvaux et Justine Boulanger ont claqué la porte du conseil d’administration auquel ils siègent.
Photo: Jean Gagnon / CC Mardi après-midi, les représentants étudiants René Delvaux et Justine Boulanger ont claqué la porte du conseil d’administration auquel ils siègent.

Des professeurs et des chargés de cours ont vivement condamné l’administration de l’UQAM qui, dans un geste sans précédent, a entrepris d’expulser neuf étudiants. En ces débuts de mobilisation, ils y voient une tentative de « répression politique » ayant pour but d’intimider et de dissuader les étudiants de protester et de participer à la vie démocratique.

« Le corps professoral est stupéfait », a dit Michèle Nevert, présidente du Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ). Des étudiants ont déjà été convoqués devant le comité de discipline, certes, mais pour des suspensions ne dépassant pas 15 jours. Cette fois, les expulsions sont d’un an, voire définitives. « La réaction des profs est unanime. La sanction leur semble disproportionnée. »

Les « actes illégaux » reprochés remontent à 2014 et avant. Pourquoi sanctionner maintenant ? se demandent les profs. Le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ) y voit « le résultat d’une commande politique visant, à plus long terme, à empêcher tout mouvement de contestation de la politique d’austérité ».

Mme Nevert note un « endurcissement » de la part de la direction, mais également du ministre de l’Éducation qui, dans le cadre de la grève, encourage les établissements à sanctionner les étudiants. « C’est antipédagogique. Ce ne sont pas des enfants de maternelle, ce sont des adultes. Ils ont leur façon d’aborder les choses. »

Mardi après-midi, les représentants étudiants René Delvaux et Justine Boulanger ont claqué la porte du conseil d’administration auquel ils siègent. Les membres ont refusé que M. Delvaux remplace Mme Boulanger, visée par une expulsion définitive, au comité exécutif du CA lorsqu’il sera appelé à se prononcer sur les sanctions disciplinaires. Il n’y aura donc pas de représentant étudiant à ce comité.

16 commentaires
  • Florence Péloquin - Abonnée 25 mars 2015 07 h 00

    "Les" profs?

    Pour que ce titre reflète bien le contenu de l'article qu'il chapeaute, n'aurait-il pas fallu dire "DES profs s'indignent" ? Moins accrocheur, sans doute ......

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 mars 2015 10 h 17

      Quand le président d'un syndicat parle, on peut s'attendre à ce qu'il parle au nom de ses membres. C'est la fonction d'un porte-parole.

    • Florence Péloquin - Abonnée 26 mars 2015 05 h 17

      "Non sequitur", Monsieur Auclair.

  • Patrick Daganaud - Abonné 25 mars 2015 07 h 29

    Rupture sociale programmée

    L'Éducation, dans ce qu'elle a de plus noble, vit des jours sombres.

    Tout laisse croire que la lumière n'éclairera pas le parcours du ministre Blais et il est évident que le gouvernement tire les ficelles, par administrations universitaires complices dociles interposées, pour endiguer l'expression légitime de l'indignation du peuple.

    La voix étudiante est en effet un cri d'alarme que rien ni personne ne doit museler. Elle procède des élans nobles contre les relents actuels de barbarie. Elle peut être maladroite. Elle n'est jamais coupable.

    Beaucoup d'indicateurs s'allument qui nous annoncent une volonté politique dictatoriale de confrontation, la stratégie décodable étant de dresser un écran pour masquer le recul social engendré par l'austérité.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 25 mars 2015 07 h 52

    Hummm... «La réaction des profs est unanime»

    Pas fort comme commentaire sur une institution qui est supposée être un haut lieu de liberté de pensé. Là, selon la représentente syndicale, ''tout le monde pensent pareil''.

    • André Mondoux - Abonné 25 mars 2015 07 h 58

      C'est vrai, c'est comme la peine de mort, l'avortement, le réchauffement climatique et le port d'armes à feu, "tout le monde pense pareil". Heureusement que nous avons le Parti Conservateur pour rétablir la saine diversité intellectuelle....

    • Patrick Boulanger - Abonné 25 mars 2015 08 h 32

      Qui sait? En assemblée générale la réaction des professeurs était peut-être unanime. Qu'en pensez-vous?

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 mars 2015 10 h 19

      Vous savez, tout le monde pense aussi pareil concernant la loi de la gravité ou le danger de sortir tout nu l'hiver ou de conduire en état d'ébriété. Le PCC a-t-il aussi des opinions divergentes à ce sujet?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 mars 2015 12 h 46

      @ Patrick Boulanger, la seule manière qu'on peut retrouver une assemblée qui exprimerait une opinion unanime sur un tel sujet c'est de faire une assemblée ''exclusive'', c'est à dire qui exclut tous ceux qui n'ont pas une opinion conforme à ce que le syndicat souhaite.

      C'est la marque des activistes de tout acabit en mal de pouvoir, de prétendre que tout le monde pense comme eux. Aller dire cela à propos 'des' professeurs d'une université c'est dissoudre a néant l'idée même de ce qu'est une université.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 mars 2015 12 h 50

      «Le PCC a-t-il aussi des opinions divergentes à ce sujet?»

      Probablement oui, qu'on y retrouve plus de diversité d'opinion que dans le CCCP syndical... : )

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 mars 2015 16 h 05

      Le PCC n'adment aucune diversité d'opinion sur la majorité des sujets. Toute déclaration est filtrée par le bureau du PM.

    • Patrick Boulanger - Abonné 25 mars 2015 16 h 47

      M. Arès, faites attention. Vous conjecturez.

  • Robert Beauchamp - Abonné 25 mars 2015 09 h 23

    Les soumis néo-libéraux

    Quelle sournoiserie machiavélique.
    Robert Beauchamp

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 mars 2015 12 h 59

      « sournoiserie machiavélique »

      Mettre a la porte les faiseurs de trouble est une action ''machiavélique'' ?

      Me semble que c'est assez ordinaire comme action, bien à l'opposer des manigances machiavéliques

  • Michel Lebel - Abonné 25 mars 2015 10 h 02

    Autoritarisme?!

    L'UQAM n'a jamais été reconnue pour son autoritarisme à l'égard des étudiants! Elle me semble plutôt avoir été laxiste à cet égard par le passé. La coupe doit être vraiment pleine! Quelques étudiants s'y spécialisent dans l'agitation sociale et politique permanente. Peut-être faudrait-il crée un nouvean bac en ce domaine... Les étudiants y seraient encadrés et formeraient la relève...!

    M.L.