Un programme de MBA qui rayonne

Alexandre Lampron Collaboration spéciale
L’Université de Paris Dauphine, en France, fait partie des universités où le programme est donné.
Photo: Bertrand Guay Agence France-Presse L’Université de Paris Dauphine, en France, fait partie des universités où le programme est donné.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) continue de faire rayonner le Québec sur le plan international. Plus de 35 ans après son lancement, en 1979, le programme de MBA pour cadres exécutif de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (ESG UQAM) est offert dans une douzaine de pays en français, en anglais et en espagnol. Et ce n’est que le début, car l’UQAM est actuellement en discussion avec d’autres pays afin de poursuivre son internationalisation.

Selon Guy Cucumel, directeur du programme de MBA pour cadres de l’ESG UQAM, au moins quatre nouveaux projets pourraient très bientôt voir le jour, afin de permettre au programme de MBA de renforcer la notoriété de l’établissement à l’échelle planétaire, et ce, dans un contexte de mondialisation.

« Nous sommes en discussion en vue de nous établir dans d’autres pays, mais il est encore trop tôt pour dévoiler quoi que ce soit, admet Guy Cucumel. Nous en sommes encore au stade des discussions. Certaines sont relativement assez avancées, mais nous ne sommes pas à l’étape de la signature. Par contre, nous pouvons mentionner que le fait d’exporter notre MBA fait bien sûr en sorte que cela augmente de beaucoup le nombre d’étudiants que nous pouvons accueillir. Cela cadre aussi très bien dans les objectifs fixés par l’UQAM. »

Sans nommer spécifiquement les pays concernés, M. Cucumel avance néanmoins au Devoir qu’il travaille sur des pays situés en Europe, en Asie et en Océanie. Les ententes à intervenir prochainement avec les pays de l’Asie et de l’Océanie pourraient d’ailleurs être annoncées « prochainement », possiblement dans les premiers mois de l’année 2015.

À ce jour, l’UQAM compte déjà plus de 10 000 diplômés au Québec et un peu partout dans le monde. En plus du MBA pour cadres général et du MBA services financiers, l’établissement offre également des spécialisations : entreprises collectives, financement des entreprises, gestion de la mode, gestion de la technologie, gestion des villes et métropoles, immobilier, ainsi que sciences comptables.

Une première en Chine

Rappelons que le programme est actuellement offert en Algérie, au Cameroun, au Mali, au Paraguay, au Pérou, en République dominicaine, en France (avec l’Université de Paris Dauphine), en Pologue (avec la Warsaw School of Economics), en Chine et au Vietnam. Le programme est également donné en Tunisie et au Mexique.

Guy Cucumel fait également remarquer que le programme a été, il y a 10 ans, le premier MBA pour cadres exécutif d’une université étrangère ayant été accrédité par le gouvernement central de la République populaire de Chine. En effet, il est offert en partenariat avec la China University of Mining and Technology, dans les municipalités de Shanghai, Suzhou et Xuzhou. Le professeur Prosper Bernard a d’ailleurs été récemment honoré par la Chine pour sa contribution à la formation des cadres dans ce pays.

Qu’il soit suivi au Québec ou à l’extérieur, le programme demeure le même, précise Guy Cucumel. Au lieu de déplacer les étudiants, comme c’est très souvent la coutume, ce sont plutôt les enseignants qui se rendent dans un pays étranger.

« Les étudiants demeurent dans leur pays d’origine et c’est plutôt nous qui déplaçons les enseignants afin d’aller donner les cours, fait savoir le professeur. Les étudiants, bien que restant à l’étranger, sont inscrits chez nous comme étudiants et vont se voir décerner un diplôme nord-américain, qui est aujourd’hui très recherché. »

L’ESG UQAM brille sur la scène internationale selon deux modèles d’affaires. Le premier fait en sorte que le programme est exporté à l’extérieur du pays. L’établissement fait alors affaire avec un autre établissement local, généralement une autre université, qui reçoit les enseignants de l’UQAM. Il va alors lui prêter des locaux et lui faciliter grandement la tâche d’un point de vue logistique.

« L’autre modèle d’affaires, ajoute Guy Cucumel, c’est la double diplomation. L’étudiant peut être inscrit à l’université à la fois dans son pays et chez nous. Nous allons donner au moins huit cours sur les 15 que compte le MBA, et chaque établissement reconnaîtra au final les cours donnés par l’un et l’autre. Ainsi, l’étudiant en sort avec deux diplômes. »

Une fierté légitime

Le choix des pays où s’implante le programme de MBA pour cadres n’est toutefois pas le fruit d’un hasard, prévient le directeur du programme. Il s’agit d’une question de contacts privilégiés. Selon M. Cucumel, il s’agit bien souvent d’un des professeurs qui possède un ou des contacts sur place parce qu’il y a fait des travaux de recherche.

« Une fois que le professeur nous revient avec un projet, nous réalisons ensuite une étude de marché pour nous assurer qu’il y a un potentiel, des retombées, et que le projet soit rentable à tout point de vue, ajoute Guy Cucumel. C’est certain que nous ne pouvons pas nous permettre de créer un diplôme sans nous assurer, au préalable, que les efforts qui seront déployés rapportent des fruits à l’établissement. Très souvent, nous aurons besoin du partenaire parce que c’est lui qui connaît le marché et qui peut nous informer sur le potentiel qui existe localement. »

Le contexte mondial actuel apporte son lot de rayonnement pour l’UQAM et s’affirme comme un motif de fierté légitime, car il permet à l’université de se faire connaître et d’y développer un réseau de contacts appréciable. Aux dires de M. Cucumel, l’ESG UQAM y perçoit également un intérêt financier.

« C’est sûr que la globalisation des marchés aide grandement notre implantation dans les pays étrangers, explique-t-il. Beaucoup d’étudiants provenant des pays dans lesquels nous sommes implantés le font aussi dans une perspective d’immigration future, car cela permet d’arriver sur place avec un diplôme nord-américain et, donc, de travailler plus facilement. Il offre une ouverture importante, car il y a une reconnaissance au chapitre des acquis, puisque le diplôme qui lui sera décerné ne présente aucune distinction par rapport à un diplôme décerné à Montréal. »

Le MBA pour cadres offert à l’UQAM accepte enfin des étudiants qui ont un minimum de quatre ans d’expérience de cadre pertinente, qui sont sur le marché du travail et dont l’âge moyen est de 38 ans.