Garderie gratuite pour les parents contre l’austérité

Le réseau vise à offrir une solution aux parents qui souhaiteraient manifester sans leurs enfants.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le réseau vise à offrir une solution aux parents qui souhaiteraient manifester sans leurs enfants.

Des parents indignés tentent de former des projets de garderies gratuites et autogérées pour prendre part aux actions contre l’« austérité » ce printemps.

Ces projets se mettent en branle dans quelques quartiers de la métropole. Roxanne Guérin et son conjoint, Julien Lafond, parents d’un enfant, ont décidé d’en organiser un dans le quartier Rosemont. Advenant des manifestations quotidiennes de soir, les parents pourraient ainsi garder, tour à tour, des enfants du quartier.

« L’idée n’est pas tellement de trouver des gardiens, mais plutôt des familles, puisqu’on veut vraiment que ce soit par les parents, pour les parents. On veut aussi qu’il y ait une certaine stabilité, qu’un lien de confiance s’établisse entre les différentes familles d’un même groupe », explique Julien Lafond.

C’est lors d’une discussion de couple que l’idée leur est venue de créer ce système. « J’avais constaté un désir d’implication dans les événements contre l’austérité de la part d’amis qui sont aussi parents, mais que le fait d’avoir des enfants empêchait d’être aussi présents qu’ils l’auraient souhaité lors des manifestations », relate Julien Lafond.

Comme compromis, les parents doivent habituellement miser sur les manifestations plus familiales, et laisser tomber celles de soir, déplorent-ils. « L’initiative permet donc de répondre positivement aux gens qui voulaient s’impliquer davantage […] à coût nul, puisque les mesures d’austérité du gouvernement frappent déjà les familles. » Sa conjointe ajoute qu’« évidemment [ils] aurait pu aller manifester à tour de rôle », mais qu’elle voulait « pouvoir vivre ça avec [son] chum ».

Le couple, qui pensait rejoindre une dizaine de familles avec le projet, a attiré l’attention d’une quarantaine de personnes. Si la popularité de ce projet augmente, Mme Guérin propose de diviser le quartier entre les secteurs de Petite-Patrie et du Vieux-Rosemont. « Ça prouve qu’il y avait un besoin », estime M. Lafond.

Ce genre de projet de garderie se met également sur pied dans certaines universités montréalaises, par l’entremise du comité de service de garde Printemps 2015, démarré par des militants du Mouvement étudiant révolutionnaire de Montréal.

« Le comité […] n’est pas relié officiellement à une université », explique Shanie Roy, militante féministe et intervenante auprès des femmes et des enfants, qui s’implique au sein de ce comité. « Bien qu’on ait été à date surtout visible au campus Berri de l’UQAM, nous visons à encourager l’expansion de l’initiative et donc de nouvelles implantations locales. »

La première réunion d’information de ce comité s’est tenue à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) il y a deux semaines, et le premier tour de garde aura lieu la semaine prochaine.