Bolduc suspend les concours régionaux

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Yves Bolduc, a admis mardi lors de la période de questions que les concours régionaux n’auront pas lieu en 2015.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Yves Bolduc, a admis mardi lors de la période de questions que les concours régionaux n’auront pas lieu en 2015.

Le gouvernement Couillard a décidé de « suspendre temporairement » les concours régionaux du programme « Chapeau, les filles ! », qui récompense chaque année les étudiantes inscrites dans un programme de formation professionnelle ou technique qui mène à des métiers traditionnellement masculins.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Yves Bolduc, a admis mardi lors de la période des questions que les concours régionaux n’auront pas lieu en 2015. « Cette année, compte tenu […] de tous les changements qui se sont produits, nous ne pouvons pas reconduire les concours régionaux, mais on s’engage à ce qu’il y ait un concours national, et on va continuer à faire des activités comme Chapeau, les filles ! », a répondu M. Bolduc lorsqu’interpellé par la porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine, Carole Poirier.

Cette dernière a accusé le gouvernement de faire des « économies de bouts de chandelles ». « Quand ce ne sont pas les coupes au Conseil du statut de la femme, ou dans le programme À égalité pour décider, les hausses de tarif en CPE et les coupes radicales en santé, c’est maintenant dans les métiers non traditionnels qu’on coupe. Chapeau, Monsieur le Ministre ! », a-t-elle rétorqué.

Au cabinet du ministre Bolduc, on explique que les concours régionaux sont annulés cette année en raison de l’abolition récente des directions régionales du ministère de l’Éducation. Il s’agit d’une « suspension temporaire », souligne l’attachée de presse Yasmine Abdelfadel. « Tout le monde peut participer au concours national. […] Nous avons entamé des discussions avec des partenaires pour que les concours régionaux reprennent l’an prochain. »

«On ne sait rien»

C’est la CSN qui a tiré la sonnette d’alarme mardi avant-midi en rapportant l’histoire d’une enseignante à qui on aurait récemment annoncé que l’édition 2015 du concours n’aurait pas lieu.

Comme plusieurs autres syndicats, la CSN collabore au programme en remettant une bourse dans l’une des catégories, mais elle n’a pas reçu de coup de fil cette année. « On ne sait rien, on n’entend rien et je suis convaincue que le ministère a sous-estimé l’importance du concours pour les communautés, lance la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève. C’est mal connaître le concours et ses retombées positives. »

Le processus de sélection des candidates débute habituellement en février, estime-t-elle. « Les candidates du concours national étaient des lauréates des concours régionaux. Il va donc falloir revoir les manières de faire. »

Du côté du ministère de l’Enseignement supérieur, on promet qu’un volet national nouveau genre sera ouvert à tous « très bientôt ». « Dans un format renouvelé, le gala annuel de Chapeau les filles ! et Excelle Science se dérouleront comme prévu », a indiqué par courriel le porte-parole Pascal Ouellet.

L’an dernier, le programme Chapeau, les filles ! a permis de remettre 200 prix régionaux de 500 $ à 1000 $ et 33 prix nationaux de 2000 $ à 5000 $. Le volet Excelle Science récompense quant à lui les femmes inscrites dans un baccalauréat qui mène à un métier traditionnellement masculin.

10 commentaires
  • Normand Bélair-Plessis - Inscrit 18 février 2015 00 h 48

    Temporairement?

    Et "Chapeau au gouvernement de l'austérité!
    Quand on ne peut plus maintenir une telle initiative, qui coûte trois fois rien, c'est qu'on cible rien; on ne fait que défaire notre société pour la replacer par une qui aura plus d'injustice.
    Comme Martin Coiteux aime visiter l'Argentine et en prend modèle; nous savons déjà le resultat:aujourd'hui ce pays, après avoir vécu l'austérité, est l'enfant pauvre de l'Amérique du Sud.
    Et on veut faire ça ici, maintenant?

  • Patrick Daganaud - Abonné 18 février 2015 07 h 01

    Pathétique

    Le passage du triumvirat médical libéral à la gouvernance de l'État ne laissera que blessures, plaies, métastases, souffrances, ignorance, morosité, désolation.

    Tout ce qui grouille de vie en éducation aura été anesthésié, contaminé, sectionné, éradiqué.

    Par quelle abominable médecine passons-nous qui soit en mesure d'arracher les âmes et les coeurs?

    Que sera le produit fini bolducien?
    Une éducation écervelée, aseptisée, exsangue!

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 18 février 2015 07 h 22

    Simple remplacement

    Le ministre se contente de remplacer les concours régionaux par des fouilles à nu.
    Ça coûte moins cher.

    Desrosiers
    Val David

    • Normand Bélair-Plessis - Inscrit 18 février 2015 09 h 50

      Vous m'avez fait bien rire!
      Mais où donc est LE leader charismatique de l'opposition pour répondre à toutes ces fresques du présent gouvernement austère?

  • Jean-François Trottier - Inscrit 18 février 2015 07 h 41

    Tout ce qui dépasse

    Pour miner l'image de l'éducation, la meilleure méthode est d'en briser tout d'abord ce qui la rend enthousiasmante.
    Les commissions scolaires sont vouées à la géhenne, les profs sont des paresseux, les étudiants des profiteurs, les universités des tours d'ivoire dépensières...

    Les seules élites acceptables sont les sportifs et les riches. Toute autre forme de dépassement est au mieux un amusement, au pire un souci budgétaire. Dans tous les cas, ce qui dépasse est forcément plus facile à couper que le reste. Et comme l'idée principale est rendre le poste de ministre détestable aux yeux de tous pour mieux pousser l'électorat à l’écœurement de toute forme de gouvernement...

    Je vais loin ? Même pas: les chiffres démontrent très bien que, moins de voteurs se présentent aux urnes, plus le PLQ passe facilement. C'est une méthode de marketing utilisée depuis au moins 35 ans à ma connaissance.

    Bolduc accomplit à merveille la job de bras qu'on lui a demandé de faire. Même lui s'affiche béatement comme un parfait ignare... mais là je ne sais pas s'il fait vraiment exprès.

  • Sylvain Picard - Abonné 18 février 2015 07 h 50

    Un autre élément du plan libéral...

    qui consiste à vider et étouffer les régions