Petite hausse, grand irritant

En 2005, la volonté de Québec de convertir 103 millions de dollars de bourses en prêts a été à l’origine d’une mobilisation étudiante alors historique.
Photo: Clément Allard Le Devoir En 2005, la volonté de Québec de convertir 103 millions de dollars de bourses en prêts a été à l’origine d’une mobilisation étudiante alors historique.

Québec a l’intention de hausser le montant maximal des prêts étudiants, ce qui constituerait une première augmentation de ce plafond en 25 ans. Cette volonté gouvernementale remet sur la table l’épineuse question de l’endettement étudiant, dénonce la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), au moment où les syndicats et les associations étudiantes promettent un printemps « chaud ».

Sans tambour ni trompette, le gouvernement du Québec a publié le 30 décembre dernier dans la Gazette officielle un projet de règlement modifiant certains paramètres du Règlement sur l’aide financière aux études. Québec entend indexer plusieurs montants alloués à titre d’exemptions ou de dépenses admises dans le calcul de l’aide financière, mais aussi « le montant maximal d’un prêt qui peut être accordé pour une année d’attribution ».

Au niveau universitaire, le projet de règlement prévoit que la majoration du montant maximal des prêts étudiants passerait de 305 $ à 308 $ par mois pour un étudiant au premier cycle et de 405 $ à 409 $ par mois pour un étudiant au deuxième ou au troisième cycle. Des hausses en apparence minimes, convient la FEUQ, mais qui créeraient un « précédent » et pourraient ouvrir la porte à d’autres augmentations dans le futur, juge-t-elle. « Pour la première fois cette année depuis la création de la Loi [sur l’aide financière aux études] en 1990, le gouvernement décide d’inclure dans son règlement d’indexation annuel le montant maximal de prêts dans les prêts et bourses, affirme le président de l’association étudiante, Jonathan Bouchard. En augmentant les prêts, c’est 100 % des boursiers qui sont affectés et qui vont recevoir une plus grande partie de prêts dans leur aide financière. »

« C’est l’intention qu’on dénonce, ajoute M. Bouchard. En augmentant le montant maximal des prêts, ce qu’on pense que le gouvernement va faire, ça va ajouter de l’endettement année après année. »

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, n’a pu répondre à nos questions mercredi. Son attachée de presse, Yasmine Abdelfadel, a toutefois confirmé, comme l’avance la FEUQ, que les prêts étudiants maximaux n’ont jamais été augmentés en 25 ans.

« Pour la première fois, les montants reliés au revenu protégé et aux plafonds de prêts seront indexés. Ces indexations permettront d’offrir une aide plus ajustée à la réalité étudiante, a-t-elle déclaré. Le taux d’indexation suggéré correspond à la variation, en pourcentage, de l’indice des prix à la consommation du Québec, sans l’alcool et le tabac, au cours de la période de 12 mois débutant le 1er octobre 2013 et se terminant le 30 septembre 2014. »

Les personnes intéressées ont jusqu’à la fin de cette semaine pour remettre au gouvernement leurs commentaires au sujet de ce projet de règlement. Des modifications pourraient ensuite y être apportées, en vue d’une adoption vers la fin du mois d’avril. Le règlement modifié s’appliquerait à compter de l’année d’attribution 2015-2016.

Nouveau soulèvement ?

La question de l’endettement étudiant est symbolique puisqu’elle a joué un rôle important dans le déclenchement des plus récentes crises étudiantes. En 2005, la volonté de Québec de convertir 103 millions de dollars de bourses en prêts a été à l’origine d’une mobilisation étudiante alors historique. Le gouvernement s’est finalement rétracté.

Puis en 2012, la hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans, annulée par la suite, a mené au printemps étudiant qui a secoué le Québec.

Doit-on s’attendre à un nouveau soulèvement ? Le président de la FEUQ promet à tout le moins de dénoncer la hausse envisagée du plafond des prêts lors de la manifestation « Marchons pour l’éducation », organisée le 28 février prochain. Plusieurs associations étudiantes et syndicats se joindront à la marche pour mettre en relief les impacts des coupes budgétaires sur le monde de l’éducation.

« Ce qu’on oublie souvent, c’est que la peur de l’endettement constitue une barrière aux études, scande Jonathan Bouchard. Et le surendement fait partie des principaux facteurs d’abandon ou d’allongement des études. »

Selon les calculs de la FEUQ, le niveau d’endettement personnel des étudiants universitaires à temps plein, tous cycles confondus, s’élève aujourd’hui à 18 880 $ en moyenne.


 
13 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 12 février 2015 05 h 43

    C'est avec de l'argent que l'on fabrique de l'argent.

    Pas encore un printemps où je devrai me recroqueviller dans ma coquille parce que dès que je sors dans les médias livrer le fond de ma pensée, je me fais férocement lyncher!

    Que voulez-vous, je ne suis pas de ce combat. Les étudiants de cycle supérieur, même les plus endettés, sont la classe la plus élevée de demain, qui vivra dans l'opulence et pourra mettre suffisamment de côté pour se garantir une retraite au soleil. Ayant eu mon bac en 2012, j'ai pu constater la dynamique dans les Universités, et les étudiants sont carrément traités aux petits oignons. Et ils n'ont besoin de rembourser leur prêt que s'il trouve un emploi le leur permettant. Le système est prodigue à leur égard.

    J'espère que cette fois, leurs parents ne cautionneront pas des manifestations répétées dans les rues Montréalaises et le sabotage de leur session en cours à leur frais, en souvenir de leur jeunesse.

    Espérons, cette fois, les pauvres, les vieux, les artistes, et les plébéens en général être plus lucides qu'en 2012, car je devrai passer encore des mois terrée dans le plus total abandon.

    Depuis l'"austérité", même les assistés sociaux y ont gôuté et pour ceux qui n'ont pas eu la chance de faire des études, sachez qu'il y a largement de gras dans lequel piger dans les Universités, les étudiants sont de réels bébés gâtés égocentriques, même s'ils diront que les "boomers" se sont fait taxés du même qualificatif lors de leur nécessaire Révolution. Autre temps, autre moeurs, le décor social n'est plus le même.

    L'Université québécoise n'est pas élitiste, tout québécois motivé est invité à venir y chercher bonheur.

    Je suis personnellement insurgée si on parle des Hautes Études comme quelque chose d'Indispensable au façonnement d'Esprits Civils et plus Évolués. Mon chum étant un usinier sans secondaire 5 et à la fois l'humain le plus cher à mes yeux, aux antipodes d'être un polisson consistant une honte pour la société. La science est aussi sujette à faire de Grands Sots...

    • André Michaud - Inscrit 12 février 2015 10 h 25

      Les jeunes ont été habitué à être ultra gâtés, certains ne font aucune tâche à la maison, pas question de faire la vaisselle, et il faut crier après pour qu'ils sortent les vidanges ou veuillent pelleter, utilisent l'auto du papa sans mettre de L'essence, ..et il faut dépenser constamment pour leur faire plaisir en vêtement griffés etc sinon ils se sentent frustrés les pauvres petits et prétendent qu'on ne les aime pas.

      Ici il y a les citoyens sont parmi les plus généreux au monde envers les jeunes, on leur paye déjà 80% de leurs études , mais certains voudraient avoir la gratuité. RIEN est gratuit, ce qu'ils veulent c'est faire payer les autres pour LEURS études ,qui si ils ont fait des choix intelligents les rendra riche.

      Les jeunes manque énormément de gratitude envers leurs parents et leurs concitoyens , ils ne réalisent absolument pas tout ce qu'on leur donne, les sacrifices que l'on fait, et en redemande constamment. Pourtant leur situation est enviée par 90% des jeunes vivant sur terre.

    • simon villeneuve - Inscrit 12 février 2015 11 h 29

      Mme.Bouchard:" Les étudiants de cycle supérieur, même les plus endettés, sont la classe la plus élevée de demain, qui vivra dans l'opulence et pourra mettre suffisamment de côté pour se garantir une retraite au soleil."

      Donc si je comprends bien , il faut faire payer les etudiants sur le potentiel et non sur le reel ?

      Justement, le principe de l'impot progressif a ete creer pour ca !
      Tout le monde peut aller a l'universite grace a l'accessibilite par le moindre cout pour que chacun puisse payer son education, a travers les impots futur, avec l'emploi que chaque etudiant heritera.

      Je ne crois pas que c'est bon d'augmenter les couts des etudes pour une societe.
      Regarder les Etats-Unis, juste voir les nouvelles americaines et les aneries qui se disent la-bas ( exemple fox news), pas surprenant que la pauvrete intellectuelle, fabriquee probablement par le manque d'acces a une culture generale par des couts eleves d'education, prime comme reine.

      "L'Université québécoise n'est pas élitiste, tout québécois motivé est invité à venir y chercher bonheur. "

      Je me considere une personne dans la moyenne et pour vous contredire, il etait absolument hors de question avant, et aujourd'hui, d'accepter de m'endetter des dizaines de milliers de dollards pour aller chercher un diplome d'etudes comme un BAC ou une maitrise...

      A mon avis c'est moi qui est lucide en n'acceptant pas de m'endetter des dizaines de milliers de dollards qui va me prendre 10 ou 15 ans pour rembourser.

      Vous avez une drole vision de lucidite, l'etat ne doit pas s'endetter mais les etudiants oui ?

    • simon villeneuve - Inscrit 12 février 2015 11 h 30

      En passant l'argent ne devrait pas etre le seul moteur de la motivation pour les etudes (heureusement...).

      Alors quand vous dites :"...pour ceux qui n'ont pas eu la chance de faire des études,...", posez vous la question pourquoi ?

      Mme Bouchard:"La science est aussi sujette à faire de Grands Sots..."
      Oui l'exception confirme la regle.
      Mais la majorite du temps, c'est le manque de science qui fait prendre des decisions non eclairees, un peu de religion par dessus ca comme exemple...

    • simon villeneuve - Inscrit 12 février 2015 14 h 46

      M.Michaud, encore une fois d'ou provient vos chiffres pour appuyer vos idees?

      Je vous conseil de regarder ce petit clip...

      https://www.youtube.com/watch?v=WIQNeqT0BOs&index=3&list=PL4865AE61E7D6976B

      Seulement depuis 1988, le financement universitaire par l'etat est passe de 87% par l'etat a seulement 66% en 2009.
      Le financement par les etudiants a subi une hausse de 7,5% a 22% en 20 ans.

      Je n'ose imaginer M.michaud dans les belles annees 1970, combien les etudiants de ce temps, ont profiter de la generosite de l'etat...

      Conclusion, il est impossible pour moi de resumer mieux que la conclusion de ces 2 chercheurs:

      https://www.youtube.com/watch?v=5_2_yhREJAc&list=PL4865AE61E7D6976B&index=9

      Le neo-liberalisme essaye de devier l'utilisation des universites aux benefices des citoyens pour celui des entreprises.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 12 février 2015 16 h 06

      M. Villeneuve, vous ne me contredisez pas car vous même avouez ne pas avoir de motivation pour les Hautes Sphères de l'Éducation. Rembourser une dette est quelque chose qui manque de lucidité à vos yeux. S'il aurait été votre rêve de faire des Études, vous auriez pu, vous auriez juste eu à attendre quelques années après pour vous sortir du rouge.
      La science est vraiment sujette à faire de Grands Sots, ce n'est pas qu'une exception, car je retrouve chez mon chum sans secondaire 5 un jugement beaucoup plus perspicace et réaliste que celui que j'ai vu chez les "Biaux Esprits" gréés de doctorats. Ou mon chum est un génie, ou les universitaires en général ne scintillent pas tant.

      Pour votre conclusion, je trouve que c'est une Grande Déduction qui nous fait dire des Gabriel Nadeau de ce monde: "qu'ils sont donc articulés, les jeunes aujourd'hui!", mais qui se veut un peu trop alarmiste. Les Universités sont encore grassement au service de l'individu dans notre petit village d'irréductibles gaulois.

      M. Michaud, je vous remercie chaudement d'avoir pris la peine de coucher votre opinion même si elle ne contredisait pas la mienne sur cette page, et même si vos chiffres sont erronés, je m'en fout, il reste que la majorité des parents payent la majorité des Études de leurs enfants ici-bas. J'ai beaucoup de gratitude envers vous de m'avoir secondé dans une voie qui était très glissante au printemps 2012. Ce fut une réelle bénédiction de lire l'avis de quelqu'un d'autre trouvant que nos jeunes universitaires sont assez capricieux et très peu reconnaissants. Je m'attendais à encore une fois me faire crucifier sur place pour mon propos, mais je constate finalement que c'est saisonnier lutter pour l'Éducation, et que c'est le calme plat dans les médias québécois lorsque la marmotte n'a pas encore vue son ombre. Tant mieux, je n'étais guère d'humeur à me faire sermonner par des petits Che Guevarra de l'Érudition et votre témoignage m'a fait moult fois plus plaisir.

    • simon villeneuve - Inscrit 12 février 2015 17 h 34

      Mme Bouchard, vous avez raison et le Quebec vous remercie d'avoir gaspiller l'argent sur vous en etant incapable de rembourser 4 annees d'universite ...

      Je suis convaincu, malgre l'impossibilite d'un emploi presentement, l'unviversite vous a absolument rien rapporter, n'est-pas...

      Ps: quand nous sommes heureux que qu'une personne soit d'accord avec vous malgre des chiffres erronnes, donc des faits erronnes et ensuite vous discriditez la base scientifique ...

      Rien ne peut vous contredire car la raison, habituellent basee sur des faits scientifiques, est ecartee dans vos propos .

      Pour ma part j'aime mieux baser ma vie sur la raison, supportee par la sience que de me comporter sur des idees ideologiques.
      Je ne doit pas etre assez religieux...

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 12 février 2015 23 h 42

      M. Villeneuve, dans le conflit ma'opposant aux intolérants carrés rouges, n'importe qui de ma gang qui croit que je ne suis pas la dernière des tarées de trouver notre jeune élite très peu reconnaissants et très égocentriques, et je suis en goguette, car toutes ces voix étaient bien silencieuses en 2012, dans ce branle-bas de combat.

      La Science ne se résument pas aux chiffres, les Sciences Humaines sont aussi de Grandes Sources de Connaissances. Je suis navrée que mes analyses ne se profilent pas assez " scientifiques" pour que vous puissiez vous abaisser à les considérer.

      Pour ce qui est de mon cas vous être piètre devin, je ne suis d'aucune statistique. J'étais serveuse et feu mon grand-père pour qui les Hautes Études sont indispensables au statut social m'a proposé de me donner des Bourses, si j'allais faire un bac.

      Et oui, je suis la première gâtée pourrie, mais au moins, je suis pétrie de gratitude. J'ai travaillé dans une quincaillerie pendant mon bac et je ne me suis pas endettée. Ayant trop bamboché au CEGEP j'ai du rentrer sur la base de mes compétences, avec mes œuvres d'art, seule porte ouverte à moi, et j!ai ensuite changé pour lettres françaises. J!ai fini mon bac sur le cul malade comme un chien et je suis restée invalide depuis. Je n'ai pas les moyens de me payer une maîtrise qui me permettrait d'enseigner, je ne suis pas éligible aux prêts, car je ne veux pas traîner ma mère au tribunal parce que l'État, qui se fout que j'aille 32 ans et vive de manière autonome depuis mes 17 ans, catégorise maman qui ne veut pas piger dans sa retraite pour défrayer une maîtrise pour sa fille inéluctablement rejetée de partout du à sa " Différence"; parmi les riches à qui l'Etat ne prête pas.

      Je sais que je ne trouverai probablement jamais un emploi en lien avec la littérature, mais mon petit " trip" n'a rien coûté à la société, et ayant publié une comédie de 500 pages, je dirais même que mon passage à l'Université m'a rapporté 15 euros de profit.

  • Gilles Théberge - Abonné 12 février 2015 07 h 48

    Sans tambours ni trompettes

    Avez-vous remarqué le grand nombre de décisions prises en toute discrétion par ce gouvernement?

  • René Racine - Abonné 12 février 2015 08 h 14

    On devrait s'attarder à l'endettement

    Ça me fait sourire quand on parle des frais de scolarité qui seraient la cause principale des dettes étudiantes. Les jeunes adultes sont confrontés à vivre de leurs propres moyens comme adulte autonome, et vivre pour plusieurs, sans l'argent du porte-feuille de papa et maman qui travaillent tous les deux pour rejoindre les deux bouts.

    La vie a un coût élevé pour tous les membres de la société et les jeunes adultes encore en formation, doivent se tourner vers des emplois peu payant pour se tirer d'embarras. Le compte n'y est pas à la fin du mois quand on compare les dépenses pour vivre et étudier, puis les revenus; il y a un trou à combler par l'endettement et ce trou financier augmente avec les années aux études.

    Étudier c'est un investissement pour la vie, bien sûr, mais le prix est très élevé. Le gouvernement manque d'équité avec ceux qui demande de l'aide: il s'occupe des plus démunis en leur allouant un chèque, pas gros vous direz, pour se sortir d'embarras et survivre; quand c'est pour investir, on subventionne les entreprises de toutes les façons, mais supporter notre avenir collectif, pas de chèque peu de bourse, on propose des dettes. C'est toujours surprenant l'offre d'équité sociale et c'est à mon avis le vrai débat.

    J'ai vécu à m'endetter pendant des années pour me former et c'est un cauchemar jusqu'au parfait remboursement. J'aurais apprécié moi aussi une autre formule que l'endettement.

    • Yves Corbeil - Inscrit 12 février 2015 10 h 57

      Cela démontre que nos dirigeants sont strictement interressé par le retour immédiat. Le long terme de l'instruction des gens n'est pas dans leur écran de quatre ans.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 12 février 2015 11 h 57

      Je fais partie des plus démunis et j'étais en 2012 du rang des étudiants, et je vous garantie que tout gouvernement s'occupe avec beaucoup plus de déférence des conditions de nos étudiants qu'il n'octroie d'aide au plus démunis.

      Le nombre de services gratuits d'aide aux étudiants et la possibilité de contracter un prêt s'ils ont les notes pour rentrer à l'Université sont que quelques des largesses à la disposition de ceux voulant faire des Études.

      Le chèque de B.S. couvre le loyer et l'hydro devenu exorbitant et ne laisse même pas assez pour avoir le net, le téléphone, prendre soin de soi, bref, avoir une chance de réintégrer le monde du travail. Il ne permet même pas de survivre sans les banques alimentaires.

      Et je ne vois pas pourquoi les Universitaires seraient plus notre "Avenir collectif" que cet armada de travailleurs suant sang et eau pour un chèque souvent très mince, n'étant pas destiné à ces chanceux à qui on a permis de s'endetter pour élever leur rang social. Les travailleurs sans études sont loin d'être sots. En plus, ils ont souvent eu également à s'endetter pour leur D.E.P. qui n'offre pas du tout les mêmes avantages salariaux qu'un diplôme de l'Université.

      Si vous vous demandez pourquoi je suis parmi les plus démunis même avec un bac, c'est qu'une terrible maladie m'a rendue invalide juste après mes études, que j'ai eu l'erreur de faire par passion en Lettres, là où il n'y a aucune possibilité d'emploi. Je n'avais qu'un secondaire 5, c'est avec mon porte-folio d'oeuvres d'art que je me suis glissée en ce domaine pour ensuite bifurquer en lettres, qui n'étaient finalement pas beaucoup plus lucratives que ce premier domaine excentrique.

      Je peux tout de même dire que les quatre ans que j'ai passé sous le joug universitaire étaient quatre années ou je me suis sentie le Centre du Monde, à des lieues d'où je me sens à présent que je suis une assistée sociale. Mais je suis catégorique, même moi je fais partie de "notre avenir collectif".

  • Leclerc Éric - Inscrit 12 février 2015 10 h 49

    Une intention qui cache une hausse déguisée

    Dans un contexte où le Conference Board ne prévoit (pour les vingt prochaines années), qu'une croissance économique moyenne de 1,6% par an, le ministère de l'Éducation envisage donc d'augmenter les droits de scolarité pour toutes les catégories d'étudiants, ayant accès à l'aide financière aux études.

    Que se passera t-il si pendant cette période, le Québec s'enfonce dans une autre crise financière majeure et que les étudiants endettés, soient incapables de rembourser leurs prêts?

    Ils pourraient avoir recours au programme de remboursement différé, MAiS devront reprendre en charge la portion des intérêts non-payés de leur dette quand leur situation financière se sera amélioré.

    Autre fait non-négligeable; s'ils déclarent faillite, ils perdent beaucoup d'acquis. Ils ne pourront emprunter en raison de la Loi sur les faillites personnelles, et commencent leur vie d'adulte avec une tâche d'encre rouge à leur dossier de crédit, gracieuseté du ministère de l'Éducation, qui accorde de l'aide financière à tous les établissements d'enseignement reconnus, sans pour autant valider le taux de placement de chaque programme de formation...

    Hypothéquer l'avenir des jeunes diplômés pour aider les cegeps, centres de formation professionnelle et universités à éponger leurs déficits, c'est très risqué pour le ministère des Finances et les étudiants, qui veulent s'instruire et obtenir un emploi payant une fois diplômés!