Coupe de la subvention pour handicapés à l’UQAM: de nombreuses réactions d’indignation

Josée-Anne Riverin, qui siège au conseil d’administration du RAPLIQ, déplore qu’on songe à couper dans les services de ces personnes «qui passent déjà en deuxième».
Photo: iStock Josée-Anne Riverin, qui siège au conseil d’administration du RAPLIQ, déplore qu’on songe à couper dans les services de ces personnes «qui passent déjà en deuxième».

Ils ont été plusieurs à se dire choqués d’apprendre que l’UQAM envisageait de se servir d’une subvention de 900 000 $ destinée au soutien aux étudiants handicapés pour éponger les compressions budgétaires imposées par Québec, comme le rapportait Le Devoir samedi. Les nombreuses réactions d’indignation véhiculées par des lettres au recteur, mais aussi au ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, ne se sont pas fait attendre.

« Ma boîte vocale était pleine de gens qui voulaient déposer des plaintes », note Linda Gauthier, du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ). Josée-Anne Riverin, qui travaille à l’UQAM et siège au conseil d’administration du RAPLIQ, déplore qu’on songe à couper dans les services de ces personnes « qui passent déjà en deuxième. »« L’accessibilité à l’éducation, ça ne devrait jamais être sacrifié pour personne, encore moins aux personnes handicapées, a-t-elle soutenu. C’est le contraire, l’UQAM aurait plutôt besoin d’un réinvestissement. » La question devrait être abordée à la Commission des études de l’UQAM mardi matin.

Utilisant un fauteuil roulant, Nicolas Steenhout dit avoir assisté à quelques conférences récemment à l’UQAM et pu constater à quel point les services n’étaient pas adaptés. « Il est pratiquement impossible de trouver des toilettes accessibles en fauteuil, et celles disponibles sont gardées sous clé. Dans un cas, il a fallu près d’une demi-heure pour la faire débarrer. Pour quitter le campus, encore une fois, la seule sortie accessible en fauteuil roulant était verrouillée et cela a pris une quinzaine de minutes pour que quelqu’un vienne la débarrer », a-t-il dit.

Au cabinet du ministre de l’Éducation Yves Bolduc, on rappelle que, depuis 2012-2013, pour transférer et utiliser à d’autres fins l’argent d’une enveloppe « dédiée », il faut demander l’autorisation du ministère. « À ce jour, aucune demande de transfert d’argent pour compenser une partie de l’effort budgétaire demandé n’a été faite », a souligné Yasmine Abdelfadel, attachée de presse du ministre.

1 commentaire
  • Patrick Daganaud - Abonné 3 février 2015 07 h 05

    Déni ministériel

    Il n'y a, dit-on, pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

    Soit Yasmine Abdelfadel ignore tout des ficelles que tirent les responsables des services financiers pour changer les chiffres de colonnes tout en préservant l'apparence des enveloppes dédiées, soit elle est, comme le ministre auquel elle est attachée, dans le déni.

    « À ce jour, aucune demande de transfert d’argent pour compenser une partie de l’effort budgétaire demandé n’a été faite. »

    Il n'y aura pas de demandes et, de plus, le détournement se poursuivra. Le MELS fonctionne fort confortablement depuis des années avec ce type de malversation budgétaire.