La profession d’ingénieur est très «mondialisée»

Thierry Haroun Collaboration spéciale
À l’automne 2014, Polytechnique accueillait 2040 étudiants étrangers (visas étudiant, visas diplomatiques et visiteurs) sur un total de 8082 étudiants.
Photo: Courtoisie École Polytechnique À l’automne 2014, Polytechnique accueillait 2040 étudiants étrangers (visas étudiant, visas diplomatiques et visiteurs) sur un total de 8082 étudiants.

Ce texte fait partie du cahier spécial Éducation - Portes ouvertes sur le monde

Formation, recherche, double diplomation et partage des savoirs avec des collectivités des pays du Sud, tout en enrichissant les futurs ingénieurs sur le plan humanitaire, sont autant d’avenues regroupées au sein du volet international de Polytechnique, qui compte des dizaines d’ententes sur tous les continents. Survol avec le directeur général de cet établissement bien montréalais, Christophe Guy.
 

Le volet international tient une place de choix au sein de Polytechnique, confirme M. Guy, Français d’origine. « Nous sommes ouverts sur le monde. Et notre programme international est varié. Premièrement, sur le plan de la formation, puisque nous accueillons de nombreux étudiants issus de partout dans le monde. On se démarque d’autres établissements par la formation d’ingénieurs francophones. » Donc, qui veut poursuivre son baccalauréat à Polytechnique, précise Christophe Guy, doit maîtriser la langue française. « Deuxièmement, nous avons le secteur de la recherche, qui attire également des étudiants provenant de partout dans le monde, et ce, indépendamment de la langue qu’ils parlent, par l’entremise de nos partenaires institutionnels, organisationnels ou industriels. Et, enfin, nous avons le volet qui regroupe nos relations Nord-Sud. » M. Guy fait ici référence au Réseau d’excellence des sciences de l’ingénieur de la Francophonie (RESCIF), auquel Polytechnique participe activement.

Le RESCIF promeut des programmes scientifiques communs, notamment dans les domaines de l’eau, de la nutrition et de l’énergie. Ces secteurs sont cruciaux, selon la documentation, plus spécialement pour certains pays du Sud qui sont sujets à des conditions climatiques et à des problèmes de sécurité alimentaire extrêmement difficiles. Ainsi, l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé (au Cameroun), l’École normale supérieure de Lyon, l’École polytechnique fédérale de Lausanne, l’Institut polytechnique de Ho Chi Minh-Ville, l’Université d’État d’Haïti et l’Université Saint-Joseph de Beyrouth ne sont que quelques-uns des membres de ce prestigieux réseau.

Des chiffres et des lettres

À l’automne 2014, Polytechnique a accueilli 2040 étudiants étrangers (visas étudiants, visas diplomatiques et visiteurs) sur un total de 8082 étudiants. Les étudiants internationaux représentent donc plus de 25 % de la clientèle de Polytechnique, ce qui équivaut à trois fois plus que la moyenne des universités québécoises. Par ailleurs, au cours des quatre dernières années, Polytechnique a enregistré une hausse de 126 % du nombre des dossiers de candidature déposés au programme d’échange. Il s’agit ici de la mobilité sortante, donc des étudiants de Polytechnique qui souhaitent profiter de l’une des 250 ententes de l’établissement d’enseignement qui ont été conclues avec des établissements étrangers, que ce soit en Allemagne, en Espagne, en Malaisie ou encore à Hong Kong, entre autres pays.

Ainsi, ces programmes d’échange permettent aux étudiants d’effectuer un ou deux trimestres d’études à l’extérieur de la province. À son retour, Polytechnique leur accordera des équivalences pour les cours suivis et réussis durant ce séjour. Au titre du programme d’échange, l’étudiant n’a aucuns droits de scolarité à payer à l’établissement partenaire. Il ou elle doit toutefois honorer ses droits de scolarité à Polytechnique. Ce sont les coordonnateurs départementaux qui guident les étudiants dans les choix de cours.

Une reconnaissance sur deux continents

Cela dit, le double diplôme avec une grande école de génie en Europe est aussi au programme, fait remarquer Christophe Guy. « Voilà, en effet, une perspective intéressante pour nos étudiants de même que pour les étudiants européens. Cette double diplomation permet à l’étudiant d’être reconnu sur deux continents. Vous savez, la profession d’ingénieur elle-même est très mondialisée. Nous sommes amenés à travailler partout dans le monde. Cette diplomation devient donc un atout majeur pour eux », insiste-t-il. Parmi les grandes écoles françaises qui participent à ce programme, on notera l’École centrale de Lille, l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace, l’École nationale supérieure de techniques avancées, l’École nationale supérieure des mines de Paris et l’École nationale supérieure des télécommunications.

À l’échelle humaine…

Sur le plan humain, on constate que l’organisme Ingénieurs sans frontières-Polytechnique a été fondé en 2002. À cela s’ajoute Poly-Monde. Cette initiative permet à des étudiants de Polytechnique qui désirent découvrir les technologies et la culture d’un pays d’unir leurs efforts pour réaliser un projet de visites industrielles à l’étranger. Des secteurs spécifiques sont choisis en fonction des forces du pays visité. À ce jour, l’Allemagne, l’Australie, l’Afrique du Sud, la Russie, l’Inde, la Pologne, la Chine et le Japon, entre autres, ont été visités. « C’est une activité qui est très formatrice pour les étudiants, tant à l’échelle universitaire que personnelle », tient à dire Christophe Guy.

Portes ouvertes en soirée

Polytechnique Montréal organise une soirée portes ouvertes qui se tiendra le 3 février, de 16 h à 20 h. Un événement qui donnera l’occasion aux futurs étudiants de discuter avec les professeurs et les différents conseillers au sujet du contenu des programmes et des exigences d’admission ou encore d’être au fait des cours de perfectionnement qui sont offerts aux professionnels. « Je souhaite, bien sûr, une forte participation à cette journée », fait valoir Christophe Guy.

À voir en vidéo