Une école atypique et ouverte sur le monde

Thierry Haroun Collaboration spéciale
L’automne dernier, l’INRS comptait 703 étudiants, dont 331 issus de l’étranger (47 %), en provenance de près d’une cinquantaine de pays (la France, le Maroc, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne, l’Inde, la Chine, le Vietnam et le Mexique, entre autres), qui poursuivent des études de deuxième ou troisième cycles.
Photo: INRS L’automne dernier, l’INRS comptait 703 étudiants, dont 331 issus de l’étranger (47 %), en provenance de près d’une cinquantaine de pays (la France, le Maroc, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne, l’Inde, la Chine, le Vietnam et le Mexique, entre autres), qui poursuivent des études de deuxième ou troisième cycles.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

« Université d’avant-garde » est la devise de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Avant-gardiste, certes, mais aussi ouverte sur le monde et — tenez-vous bien — « atypique », selon la haute direction. Explications.

« Vous savez, on est une université atypique », fait remarquer d’entrée de jeu le recteur, Daniel Coderre. C’est-à-dire ? « Dans le sens qu’on se dédie à la recherche et à la formation aux cycles supérieurs. Et, de ce fait, notre recherche se fait à l’échelle internationale. Nous sommes une université internationale à divers égards. Notre terrain de recherche est planétaire parce que ce que nous développons, ici au Québec, est aussi applicable tant dans des pays occidentaux que dans ceux du Sud. D’ailleurs, le pourcentage de nos étudiants en provenance de l’étranger en est la meilleure démonstration », fait-il valoir.

Ainsi, l’automne dernier, l’INRS comptait 703 étudiants, dont 331 issus de l’étranger (47 %), en provenance de près d’une cinquantaine de pays (la France, le Maroc, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne, l’Inde, la Chine, le Vietnam et le Mexique, entre autres), qui poursuivent des études de deuxième ou troisième cycles. Daniel Coderre tient par ailleurs à dire que l’INRS, réputé pour ses quatre centres de recherche, soit Eau Terre Environnement, Énergie Matériaux Télécommunications, l’Institut Armand-Frappier et Urbanisation Culture Société, trie ses étudiants sur le volet. « On sélectionne nos étudiants. Nous n’avons pas l’ambition de doubler ou encore de tripler le nombre de nos étudiants. Ce qu’on veut faire, c’est recruter les meilleurs et les former avec les meilleures compétences possibles. »

Des ententes sélectionnées

Et, puisque ceci explique cela, les ententes signées à l’échelle internationale sont aussi sélectionnées de manière stricte. Pas question pour M. Coderre de miser sur le nombre, mais bien sur la qualité de ces collaborations particulières. « Ce que nous avons décidé de faire, c’est de cesser de collectionner des ententes où il se passait peu de choses finalement. Nous sommes d’ailleurs en train de réduire le nombre de nos ententes en misant sur l’intensité des collaborations, afin qu’elles soient fortes. Il y a une époque où les universités se targuaient d’avoir 300 voire 400 ententes. Mais, quand on creusait un peu, on s’apercevait qu’il s’y faisait peu d’activités. En fait, nous avons décidé de fermer des ententes qui ne fonctionnaient pas ou très peu. Nous avons décidé de miser sur celles qui étaient vraiment bidirectionnelles, c’est-à-dire que la mobilité des étudiants et la recherche se font dans les deux sens. »

Justement, puisqu’il est question d’ententes, on notera que, au cours des dernières années, l’INRS a conclu plus de 50 ententes de collaboration internationale avec 78 établissements universitaires d’une quinzaine de pays, dont la Belgique (Université libre de Bruxelles et Université de Gent), la France, l’Italie, le Maroc, la Tunisie, le Mexique, le Liban (Université libanaise), Taïwan (Université de Soochow), la Russie, la Colombie, la Côte d’Ivoire, l’Argentine, l’Autriche et le Vietnam, notamment. L’INRS se classe par ailleurs en cinquième place des universités canadiennes en ce qui a trait à ses collaborations internationales, selon Research Infosource.

L’excellence jusqu’à… Venise

On aura compris que l’excellence est à l’ordre du jour pour l’INRS et son recteur. Il en veut d’ailleurs pour preuve l’intégration de son établissement d’enseignement en qualité de membre de l’Université internationale de Venise, et ce, depuis le 26 avril 2014. Elle est la première et la seule université canadienne à faire partie de ce consortium unique qui regroupe 18 universités et organisations étrangères. L’Université internationale de Venise, située sur l’île San Servolo, soit en face de la mythique place Saint-Marc, compte parmi ses membres l’Université Ludwig-Maximilians (Allemagne), l’Université de Tongji en Chine, l’Université de Waseda au Japon et l’Université de Lausanne. Les thèmes abordés vont du développement durable au vieillissement de la population, en passant par l’éthique, l’urbanisation et l’héritage culturel. Prestigieux, n’est-ce pas ? « C’est très prestigieux, monsieur ! C’est un club sélect. Pour vous dire combien il est difficile d’y adhérer, eh bien sachez qu’il faut obtenir l’unanimité des membres », affirme le recteur de l’INRS.

Daniel Coderre rappelle dans le même temps que l’INRS mise sur les partenariats de recherche qui transcendent les frontières et il précise que ses équipes de recherche jouent un rôle important au sein de réseaux scientifiques internationaux, tels que le Laboratoire international associé en nanotechnologies et nanosystèmes, le Laboratoire international de technologies et applications des plasmas, le Laboratoire international associé Samuel-de-Champlain (collaboration INSERM–INRS en pharmacologie des peptides) de même que le Réseau international des Instituts Pasteur, lequel regroupe 32 instituts dans 25 pays qui rassemblent 20 800 experts. Dans ce dernier cas, M. Coderre insiste pour dire « qu’on est la seule université nord-américaine qui en est membre. Ce n’est pas rien. À vrai dire, c’est la reconnaissance de notre compétence sur le plan des maladies infectieuses, par l’entremise de l’Institut Armand-Frappier, qui explique notre adhésion à ce réseau de prestige, qui lutte à l’échelle mondiale contre les maladies virales et bactériennes. »

Bidiplomation

Toujours sur le plan international, les étudiants peuvent profiter d’un programme de cotutelle de thèse, soit une entente entre l’INRS et une université hors Québec, qui leur permet de poursuivre ses études doctorales dans deux établissements d’enseignement et de recherche universitaire. La cotutelle conduit à une bidiplomation. « C’est un programme qui fonctionne très bien, vous savez. Nous avons des programmes de cotutelle avec la France, l’Italie et le Maroc », observe Daniel Coderre.

Journées portes ouvertes

On notera enfin que la journée portes ouvertes de l’INRS se tiendra le 5 février, de midi à 15 h. C’est une occasion de s’informer sur les 25 programmes d’études de deuxième et troisième cycles qui y sont offerts, de rencontrer les professeurs-chercheurs, de découvrir des projets d’études et de discuter avec des étudiants et des diplômés. D’ailleurs, les personnes qui y participeront n’auront pas à acquitter les frais afférents à leur demande d’admission pour l’automne 2015. Ces frais seront assumés par l’INRS. Kiosques d’information, table ronde et réseautage sont à l’horaire.