Des cours abolis par dizaines dans les universités

Les universités sortiront grandement affectées par les compressions, selon une nouvelle compilation d’« effets concrets » réalisée par des syndicats en enseignement. Partout, des abolitions de cours, par centaines dans certains établissements, sont prévues ou sont déjà en train de se faire, d’après des documents obtenus par Le Devoir.

Les informations colligées par la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) permettent de dresser un portrait plutôt désolant de la situation. « Les administrations disent qu’elles sont obligées de couper, le gouvernement dit qu’elles ont d’autres alternatives pour couper ailleurs que dans l’enseignement, mais nous, pour éviter d’être piégés, on va dans le concret et les impacts réels », souligne Sylvain Marois, vice-président du regroupement université à la FNEEQ-CSN.

Après les propositions de baisse de salaires des professeurs, la réduction de leurs congés et l’augmentation de leur tâche qui étaient rapportées dans les médias la semaine dernière, c’est maintenant au tour de la formation d’être sérieusement affectée. À l’Université Laval, au Département de langues, linguistique et traduction, les chargés de cours ont enregistré une perte réelle de 20 cours ou de sections de cours. Sept cours du Département des sciences historiques, dont quatre à la session d’hiver 2015, seront annulés et le baccalauréat en ethnologie devrait fermer dès l’automne prochain.

À la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal, un plan de coupe dans les charges de cours vise la suppression graduelle de 250 cours sur deux ans et l’augmentation de la taille des groupes. À l’Université McGill, 100 cours à la Faculté des arts ont été coupés dans les dernières années, mais sans lien avec les compressions actuelles, précise l’administration. « En 2012-2013, la faculté avait entrepris de revoir l’utilité de maintenir une centaine de cours où le taux d’inscription était tellement bas qu’on ne voyait pas l’utilité de les maintenir », a expliqué Christopher Manfredi, doyen de la Faculté des arts. Cette année, en matière de restrictions budgétaires, McGill s’en tient au gel de l’embauche du personnel administratif et de soutien. Le budget pour 2016 est à l’étude.

À l’UQAM, les syndicats et l’association des étudiants en sociologie ont rapporté que pour l’année 2015-2016, deux cours obligatoires de cette discipline seront retranchés, de même que deux cours semi-obligatoires et au moins cinq cours optionnels, ce que dément la direction de l’université.

En région, la formation des universités du réseau de l’Université du Québec (UQ) est aussi grandement affectée. À l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), dix cours attribués à la session d’hiver 2015 ont été finalement annulés et/ou fusionnés. Par exemple, une chargée de cours qui devait enseigner à deux groupes de 30 étudiants se retrouve avec un groupe de 60. Et pour l’année 2015-2016, c’est quelque 85 cours que l’UQAC entend retrancher en fusionnant des groupes.

À l’Université du Québec en Outaouais et à Rimouski, on vise l’augmentation de la taille des groupes classes, et certains cours pourraient être offerts tous les deux ans plutôt qu’annuellement. À l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), le syndicat rapporte que la formation aux Premières Nations est remise en question et que des programmes pourraient être fermés au campus de Val-d’Or.

La preuve

Selon la FNEEQ, ce nouveau bilan montrant l’impact réel des coupes sert précisément de preuve au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Yves Bolduc, qui ne semble pas vouloir reconnaître que l’effort budgétaire demandé aux universités se répercute dans l’enseignement et les services aux étudiants. « La dernière fois que j’ai vu le ministre Bolduc, je lui ai dit qu’il ne pourra plus dire que ça n’a pas d’impact négatif. Ce sont eux qui portent l’odieux de la chose. Et lorsqu’il y aura une sortie publique qui dit que les coupes n’ont pas d’impact, on va pouvoir montrer l’information qu’on a et dire que oui, les compressions sont extrêmement dommageables pour la qualité de l’enseignement », a dit M. Marois.

Certaines coupes paraissent plus banales mais toutes affectent les universités à leur façon, note-t-il. Par exemple, à son université, l’Université Laval, plusieurs activités sociales ont été coupées, comme le cocktail qui suivait la collation des grades, les retrouvailles avec les diplômés de Montréal, le dîner de la rentrée de septembre et la Nuit de la création, une soirée d’activités artistiques organisée par la Faculté des lettres et sciences humaines.

Le kiosque de cette même faculté, où étudiants et professeurs pouvaient déposer leurs travaux et examens, sera également fermé de façon définitive. « On aimait le kiosque, c’était une institution au pavillon De Koninck. C’était des étudiants qui y travaillaient. Et là, on va le fermer pour faire des économies de bouts de chandelle, pour économiser le salaire de deux-trois employés qui le faisaient rouler de 9 h à 17 h cinq jours par semaine au salaire minimum, a déploré Sylvain Marois. Mais dans les faits, ça a un impact sur le roulement et l’efficacité de la distribution des travaux entre les étudiants et les profs. »

M. Marois reconnaît que tout n’est pas joué et que le portrait est encore à se préciser. « C’est vers la fin février et le début mars, quand les sessions vont être stables, qu’on va vraiment pouvoir faire les comparaisons. » Et si les administrations cherchent à rouvrir les conventions collectives en s’appuyant sur les compressions qu’on leur impose, « c’est de bonne guerre », conclut-il.

56 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 28 janvier 2015 00 h 17

    Bon enfin

    Je sais que je vais recevoir une volée de bois vert mais soyons réaliste. Malgré de vieux pieux, pas vrai que le public doit payer pour des formatioons universitaires à qui veut bien.

    1- En partant, je suis une retraité et je ne devrais pas avoir le droit de suivre des cours universitaieres payez en grande parti par les contribuabkles. Aucunement productif. Cela ne sert à rien sinon à un bien être intellectuel.

    2- La même chose pour les jeunes: on a besoin au Québec de 200 économistes. Les postes existent dans la société. On peut peut-être en faire sortir 300 mais surement pas 1000. Improductif et ça , un économiste qui a moindrement suivi ses ciurs devrait le savoir.


    Va falloir faire des choix.

    • Isabelle HULOT - Inscrit 28 janvier 2015 09 h 02

      Pourtant, quelle bonne idée ce serait de compléter une éducation lacunaire qui vous a mené au seuil de la vieillesse avec les qualités d'expression, la profondeur de réflexion et la rigueur grammaticale/orthographique d'un élève du primaire...
      Et pourquoi donc, chère Madame, ne vous serait-il pas permis de faire des études motivées par le seul plaisir de tenir une conversation sensée ?
      Il est des pays civilisés qui proposent des études supérieures GRATUITES, permises à tous... et personne ne s'en plaint.

    • Robert Parthenais - Inscrit 28 janvier 2015 09 h 53

      Cela ne sert à rien sinon à un bien être intellectuel... Ne vous inquiétez avec ça madame Dionne, l'intellectuel est en train de prendre le bord... Lorsqu'un politicien a comme seul argument de campagne électorale ''qu'on va s'occuper des vraies affaires'' et que à ça lui donne une majorité, ça démontre que la santé intellectuelle du peuple est en décroissance. En résumé, vous êtes en train de nous dire qu'une tête bien pleine et prête à être productive vaut mieux qu'une tête bien faîte. Faisons attention... Il me semble que sans bien être intellectuel, il n'y a plus d'esprit critique... Et viser la productivité sans faire preuve d'esprit critique me semble particulièrement dangeureux... Pas juste pour votre petit confort et le mien. Mais pour la planète entière. À moins que vous en avez rien à cirer de la planète.

      En passant saviez-vous que les études en neurosciences viennent d'établir un lien très étroit entre le fait de ne pas prendre soin de ses capacités ''intellectuelles'' et l'Alzheimer. L'acte de réfléchir (ce que vous semblez appeller le bien être intellectuel) garde les neurones actifs ce qui serait le meilleur moyen de prévénir cette terrible maladie... Qui en passant coûte très cher à la société. Qui dit coûte cher, dit non productif. Une rélexion intellectuellement productive comme ça... Je vous invite à penser plus en terme de ''ceci et cela'' au lieu d'un ''ceci ou cela''. À quelque part, de la productivité sans esprit critique ça pourrait ressembler à quelque chose qui se rapproche de l'exploitation (petite droite simpliste avec des slogans du type, on va créer 250 000 jobs). Et du sens critique sans productivité à du pelletage intellectuel (gô-gauche). Me semble qu'il y a un point milieu quelque part!

    • Mathieu Vaillancourt - Inscrit 28 janvier 2015 10 h 02

      Productif, improductif...

      On pourrait aussi remplacer les êtres humains par des machines. Ça, ce serait productif.

    • Clermont Domingue - Abonné 28 janvier 2015 10 h 33

      Chère madame Dionne,je comprends que vous souhaitiez ajouter 300 économistes à ceux que nous avons déjà, car vous croyez qu'ils pourraient nous aider à arrêter notre appauvrissement.Moi, madame, je pense qu'il faut plutôt renvoyer à l'université ceux que nous avons déjà.
      Nos économistes ont besoin d'apprendre à réflécrir en humanistes au lieu de se mettre au service de l'argent et des grands possédants qui dépouillent les moins nantis.
      Je vous recommande la lecture de *La Mondialisation de la pauvreté* par Michel Chossudovski

    • dietrik reinhardt - Inscrit 28 janvier 2015 10 h 53

      Ouais un choix qu'on pourrait faire pourrait être de couper des les programmes aux aînés ou encore dans les sommes versées aux retraités. Moi en tant qu'étudiant, vous me servez à rien sinon qu'à me renconter des histoires pour que je dorme lorsque j'étais un enfant ou encore pour me radoter le fait que dans votre temps c'était différent la vie.

      Sur une note plus sérieuse, l'éducation c'est la lutte à l'ignorance. J'aime mieux savoir qu'au québec on a 700 économistes en trop, qui disons le pourront se trouver des emploies de toute façon puisque notre économie est basé sur les services, que 700 jeunes adultes qui font rien. C'est 700 jeunes la inutiles, comme vous le laissez sous-entendre, apporte à la société des idées et en plus une façon de les communiquer que les décrocheurs ne seront jamais capable de faire.

      L'éducation c'est pas une marchandise, une dépense ou autre. C'est la pilule magique d'un État fort et moderne.

    • Michel Vallée - Inscrit 28 janvier 2015 11 h 06

      @Carole Dionne

      « [...] Pas vrai que le public doit payer pour des formatioons universitaires à qui veut bien [...] Aucunement productif. Cela ne sert à rien sinon à un bien être intellectuel [...] Improductif [...] »


      C’est ma foi vrai, quand on songe qu’il y a actuellement des postes à combler en réfrigération.

      À défaut d’une économie planifiée, ayons une éducation planifiée ; tous ces inutiles diplômés en philosophie, en ethnologie, en biologie, en musique, en littérature, en géographie et consort sont autant de travailleurs de moins dont se prive la société et qui se seraient probablement qualifiés en machine-outil, en coffrage de béton, en garçon d’ascenseur et en conciergerie.

    • Michel Vallée - Inscrit 28 janvier 2015 11 h 06

      @Carole Dionne

      C’est ma foi vrai, quand on songe qu’il y a actuellement des postes à combler en réfrigération.

      À défaut d’une économie planifiée, ayons une éducation planifiée ; tous ces inutiles diplômés en philosophie, en ethnologie, en biologie, en musique, en littérature, en géographie et consort sont autant de travailleurs de moins dont se prive la société et qui se seraient probablement qualifiés en machine-outil, en coffrage de béton, en garçon d’ascenseur et en conciergerie.

    • Carole Dionne - Inscrite 28 janvier 2015 11 h 09

      Très beau Isabel

      Dans un monde meilleur, vous auriez raison. Mais là, on est au Qu.ébec endetté. Si on était au dessus de nos moyens, pas de problèmes. Oui, il y a des pays civilisés... la Grèce serit-elle dans ces pays qui se pays des études universitairs gratuites?

      Mais on est aujiourd'hui.

    • Alexandre Thibodeau - Abonné 28 janvier 2015 12 h 50

      @Carole Dionne
      Il faut plus de gens comme vous pour faire avancer les choses au Québec. Afin de poursuivre sur votre lancée, j'ajouterais que les retraités ne devraient plus recevoir de soins de santé. Ce n'est pas productif. On devrait aussi étendre le raisonnement aux enfants atteints de maladies incurables. Non mais, soyons réalistes, quel gaspillage d'argent!

    • Clermont Domingue - Abonné 28 janvier 2015 12 h 54

      Madame Hulot, je me réjouis de constater que votre commentaire a été très apprécié. Toutefois, je crains que ceux qui sont incapables de commenter ne soient d'accord avec mme Dionne.Vous savez, le français écrit est un outil très difficile à maîtriser...
      Je pense qu'il faut être indulgent envers ceux et celles qui n'ont pas votre maîtrise de notre langue.Laissons à tous la liberté d'expression.

    • Josée Malette - Inscrit 28 janvier 2015 13 h 00

      Je ne vois pas pourquoi une personne ayant travaillé toute sa vie et contribué à la société ne devrait pas suivre de cours à l'université.

      Ayant moi-même étudié sur le tard, les échanges avec mes jeunes collègues de chaleureux et vivifiants.

    • Pierre Fraser - Inscrit 28 janvier 2015 14 h 36

      Madame Dionne,

      Étant étudiant au doctorat en sociologie à l'Université Laval, m'étant inscrit il y a 3 ans à ce doctorat à l'âge de 56 ans, je suis en plein changement de carrière, et j'enseigne dans différentes universités. J'ai deux autres collègues qui, ayant respectivement terminé leur doctorat en sociologie à l'âge de 63 et 65 ans, occupent aujourd'hui des postes de haut niveau dans l'entreprise privée et dans un institut de recherche.

      Pour reprendre votre postulat, tout individu qui suit une formation au-delà d'un certain âge n'est « Aucunement productif [et] Cela ne sert à rien sinon à un bien-être intellectuel. » Eh bien, savez-vous quoi ? Mes collègues et moi sommes encore très productifs, sommes intellectuellement très opérationnels, et tentons de comprendre pourquoi notre société est de moins en moins égalitaire et tentons également de mesurer les impacts de ces inégalités croissantes.

      Voilà pour notre improductivité et une inutile formation...

    • Marielle Anne Martinet - Inscrite 28 janvier 2015 18 h 14

      Je vous invite à lire quelques publications de l'OCE sur l'apprentissage tout au long de la vie et les bénéfices pour une société de têtes bien faites puisque la rentabilité semble être votre base de réflexion. Avec un tel raisonnement, on peut arriver à bien des aberrations. Pourquoi soigner les vieux? Ils sont sur le point de crever.

    • Robert Lauzon - Abonné 29 janvier 2015 05 h 55

      Et pan ... Dans les dents!

    • François St-Pierre - Abonné 29 janvier 2015 07 h 24

      Madame Hulot, un élève du primaire faisant preuve de rigueur grammaticale aurait accordé le participe passé : « qui vous a menée ».

    • Isabelle HULOT - Inscrit 29 janvier 2015 09 h 02

      Monsieur Saint-Pierre, vous avez raison.

      Pour compléter mon propos, je voudrais ajouter ceci:
      - la Suède, le Danemark, la Finlande et l'Autriche permettent à tous de poursuivre des études en n'exigeant aucun frais de scolarité et en versant aux étudiants des bourses pouvant s'élever à presque 10 000 euros par an;
      - en Grèce, l'accès au 1er cycle est gratuit, mais les étudiants n'ont pas droit aux aides financières, exceptés ceux qui peuvent prétendre à la bourse au mérite de 1 467 euros. Les frais d'inscription pour le 2ème cycle s'élèvent, eux, à 12 000 euros;
      - la France et la Belgique (francophone) pratiquent quant à elles des frais peu élevés (183 euros et 837 euros en 1er cycle) et accordent des bourses similaires, autour de 5 000 euros par an;
      - l'Allemagne ne demande à ses étudiants que 1 000 euros par an pour étudier mais peut verser plus de 8 000 euros d'aides sur critères sociaux, et 9 000 euros de bourses sur le mérite. Elle est sur ce point en tête du classement européen.
      source: http://www.touteleurope.eu/actualite/le-cout-des-e

  • Robert Lauzon - Abonné 28 janvier 2015 05 h 56

    Austérité, quelle austérité?

    Lequel de ces plquistes osera encore nous dire que nous ne sommes pas victimes de la politique caquiste d'austérité?

  • Olivier Bauer - Inscrit 28 janvier 2015 05 h 57

    Le quotidien d'un professeur d'Université

    Pour compléter le tableau, les lectrices et les lecteurs du Devoir peuvent découvrir le quotidien d'un professeur à l'Université de Montreal dans un article que j'ai publié sur mon blogue le 8 décembre dernier (il a plu au recteur et au syndicat des professeur-e-s!): http://olivierbauer.org/2014/12/08/voici-comment-u

    • Colette Pagé - Inscrite 28 janvier 2015 09 h 52

      Fort intéressant article qui devrait être davantage à démontrer que les professeurs comme les médecins aux dires du Dr. Barrette seraient des priviligiés paresseux. Malheureusement a force de répéter ces préjugés les citoyens pensent que les décideurs politiques disent la vérité.

  • Robert Beauchamp - Abonné 28 janvier 2015 07 h 45

    $$$

    Qu'advient-il des bonis et du nombre des vice-recteurs? J'aimerais entendre le recteur de l'U. de Mtl, qui avait l'habitude de sorties publiques.
    Robert Beauchamp

    • Michaël Lessard - Abonné 28 janvier 2015 13 h 06

      La question se pose en effet. Les hautes-directions et directions universitaires n'ont pas tendance à se donner un revenu modeste. Leurs revenus valent souvent plus de 5 % en moyenne de la masse salariale.

      « Les droits de scolarité doivent être augmentés pour pallier le sous-financement des universités, ont clamé les recteurs pendant le printemps érable. Toutefois, entre 1997 et 2009, la part du budget servant à payer leurs salaires a plus que doublé, rapporte la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), dans la mise à jour d’une étude publiée plus tôt cette année, lors du Sommet sur l’enseignement supérieur.» (La Presse, 2013)

      http://www.lapresse.ca/actualites/education/201306

      http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2014/12/

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 janvier 2015 07 h 50

    C'est de bonne guerre, de la part des syndicats

    Mais c'est à se demander si cette « compilation » n'est pas un peu impressionniste par bouts. Par exemple:

    « Et pour l’année 2015-2016, c’est quelque 85 cours que l’UQAC entend retrancher en fusionnant des groupes. »

    Il ne faut pas confondre le nombre de groupes et le nombre de cours. Théoriquement, aucun étudiant d'un programme donné ne serait privé d'un cours ou l'autre parce qu'il serait offert moins souvent pour maximiser l'effectif étudiant.

    L'enjeu, dans le cas des fusions de groupes, ce n'est pas forcément la valeur ni même la diversité des cours offerts, mais les conditions de travail des enseignants. Il n'y a rien de honteux à défendre son boulot, mais pas en donnant l'impression que c'est tout autre chose qui est en jeu.

    De la part d'un syndicat, c'est de bonne guerre, mais on aimerait entendre ici un autre son de cloche, venu de toutes les universités en cause, pas juste trois lignes sur McGill...

    • Réjean Guay - Inscrit 28 janvier 2015 08 h 00

      Encore une fois , la partisanerie politique joue un vilain tour et aveugle
      ce blogeur . Monsieur , que diriez-vous d'enseigner à un groupe de
      60 personnes ? Par la suite , vous seriez plus à même de parler d'éducation . . .

    • Vincent Beaucher - Abonné 28 janvier 2015 08 h 31

      Sauf que pour les chargés de cours, c'est le revenu d'une charge qui disparait. Et le tout multiplié x fois...

    • Gilles Delisle - Abonné 28 janvier 2015 08 h 55

      Et on peut toujours se fermer les yeux sur ce qui se passe au Québec depuis quelques mois, n'est-ce pas?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 janvier 2015 09 h 17

      Que je ne prenne pas les « compilations » de la FNEEQ pour argent comptant et que je demande qu'on rende compte de l'évaluation que les universités font des impacts des coupures ne fait pas de moi un partisan libéral, monsieur.

      Dépendant de la nature des cours, des classes de soixante étudiants et plus sont déjà pratique courante, depuis longtemps. Comme le sont les cours de stages en soins infirmiers à six élèves par classe. Pour être « à même de parler de parler d'éducation », il ne faut pas s'en tenir à de fausses évidences reposant sur de rapides généralisations.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 janvier 2015 09 h 23

      Monsieur Beaucher, le libéral fini que je suis est tout à fait sensible à la précarité que vivent les chargé(e)s de cours. C'est pourquoi je crois que l'argumentaire sur lequel repose leurs justes revendications doit se dépouiller de tous ces relents de rhétorique corporatiste qui ne servent pas du tout leur cause dans une société où bien d'autres passent à la caisse.

    • Bernard Plante - Abonné 28 janvier 2015 10 h 13

      "Dans une société où bien d'autres passent à la caisse".

      Que voilà la belle excuse pour justifier le désastre auquel nous assistons et qui serait par miracle sensé n'avoir aucun impacts sur les services!

      Décidément, il n'y a pas que les syndicats pour nous entonner sans cesse les mêmes vieux refrains usés... Merci M. Maltais Desjardins de nous confirmer qu'un bon libéral voit la vie comme un simple jeu comptable. Ça explique l'ambiance dans laquelle on vit.

    • Denis Marseille - Abonné 28 janvier 2015 10 h 19

      Je n'aurais pas pu le dire mieux que vous, M. Maltais Desjardins.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 janvier 2015 10 h 30

      Faut-il constamment montrer patte blanche...

      Où avez-vous pris que j'étais d'accord avec les coupures libérales ou que je pensais qu'elles n'auraient pas d'impact sur les services?

      Devrais-je me réjouir qu'on trouve plus commode de m'identifier comme un libéral que de répondre à mes arguments, qui en l'occurrence étaient davantage des questions?

    • Sylvie Paquerot - Inscrit 28 janvier 2015 13 h 20

      Pour répondre à vos questions sans point d'interrogation, je ne crois pas, Monsieur Maltais Desjardins, que les conséquences de la fusion de cours ne soient que pour les profs, au contraire. Il y a de fait des conséquences concrètes pour les étudiantEs.
      1- des cours fusionnés vont, la plupart du temps, réduire les choix horaires; certainEs étudiantEs ne pourront s'y inscrire à cause de conflits d'horaire;
      2- les cours les plus faciles à fusionner et à "grossir" sont les cours généraux de première et deuxième année; là où les étudiantEs ont le plus besoin de contacts avec le/la prof et d'encadrement... passé un certain nombre impossible;
      3- Par expérience, de plus en plus d'étudiantEs finissent leur premier cycle sans avoir eu des contacts suffisamment significatifs avec des profs réguliers pour leur demander des recommandations quand ils ou elles souhaitent poursuivre aux études supérieures...

      Finir une session en ne connaissant pas le nom de ses étudiantEs, c'est sans aucun doute frustrant pour le/la prof, mais imaginez ce que cela signifie pour l'étudiantE!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 janvier 2015 14 h 24

      Merci madame Paquerot. La pertinence de vos réponses montre que vous avez su voir la forme interrogative dans les possibilités que je soulevais. Vous conviendrez cependant que les cas de figure que vous présentez ne font pas le tour du sujet. C'est pourquoi j'aimerais avoir un portrait plus exhaustif... et moins intéressé, ce à quoi les journalistes s'emploient souvent en soumettant les pitchs de presse des syndicats et des administrations pour aider le citoyen ordinaire que je suis à s'y retrouver.

    • Clermont Domingue - Abonné 28 janvier 2015 15 h 13

      Monsieur, j'aimerais beaucoup vous voir intervenir en terme de solutions...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 janvier 2015 21 h 37

      Monsieur Domingue, je ne demande pas mieux, mais pour envisager des solutions à un problème, il convient d'essayer d'abord de le circonscrire le mieux possible.