L’école Saint-Raymond accueillera les élèves de Sainte-Catherine-de-Sienne

Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir

Les quelque 300 élèves de l’école Sainte-Catherine-de-Sienne, laquelle doit fermer deux ou trois ans en raison de problèmes de moisissure, déménageront finalement à l’annexe Saint-Raymond, une école toute neuve à l’extrême est de l’arrondissement de Notre-Dame-de-Grâce. Ce scénario ne fait pas l’affaire de tous les parents, qui auraient nettement souhaité que leurs enfants puissent occuper l’école St Ignatius of Loyola, tout à côté, qui appartient à la Commission scolaire English Montreal (CSEM).

« Nos enfants vont devoir être voyagés à l’autre bout. Ça n’a plus rien à voir avec une école de quartier », a déploré Louis Simard, président du conseil d’établissement. Les élèves seront désormais transportés en autobus matin et soir et certains mettront plus d’une demi-heure pour se rendre à l’école aux heures de pointe, a-t-il ajouté.

Ce père de famille trouve très dommage que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) n’ait pas réussi à s’entendre avec la CSEM pour que celle-ci déménage les quelque 40 élèves de l’école St. Ignatius of Loyola dans l’un de ses nombreux bâtiments excédentaires. Depuis plusieurs années, la clientèle du réseau anglophone est en chute libre. « C’est une solution qui, du point de vue des finances publiques, est inacceptable. Il y a des écoles anglophones qui se vident et qu’on pourrait utiliser », a déploré M. Simard.

L’école St. Ignatius est un établissement spécialisé qui accueille des adolescents à risque de décrochage de partout sur l’île, mais la CSEM a toujours refusé de la prêter ou de la céder. Appelé à intervenir, le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, a indiqué au Devoir qu’il ne voulait pas s’en mêler. « On a demandé que les commissions scolaires regardent ça entre elles et qu’elles trouvent un terrain d’entente. »

Des écoles qui débordent

M. Simard reconnaît que le choix d’envoyer les élèves à l’annexe Saint-Raymond, une école qui a servi pour la formation professionnelle et la francisation avant d’avoir des problèmes de qualité de l’air et de moisissure, était le Plan B des parents. « On avait fait un sondage maison, avec un bon taux de répondants, et Saint-Raymond arrivait en deuxième. En ce sens, on n’a pas tout perdu », admet-il.

Toutefois, le fait que cette école toute rénovée est occupée par les élèves de Sainte-Catherine-de-Sienne ne permettra pas de désengorger les autres établissements de Notre-Dame-de-Grâce qui ont des problèmes de surpopulation. « Non, c’est vrai. Mais on est à analyser ce qu’on va faire », a soutenu Marie-José Mastromonaco, commissaire du secteur. « Ça va sûrement prendre la forme d’unités modulaires. On travaille actuellement avec les bureaux des députés pour voir où on va mettre les enfants. » Bien que Saint-Raymond n’ait pas la vocation d’une école de quartier pour les élèves de Sainte-Catherine-de-Sienne — les enfants habitant le plus loin devront parcourir 4 km —, la commissaire se réjouit néanmoins de la décision prise. « Le bâtiment sera tout neuf et va sentir la peinture fraîche. Les élèves seront les premiers à l’occuper, a-t-elle noté. L’important pour nous était de rassurer les parents et de leur donner une paix d’esprit. »