L’UQTR dans la mire de l’UPAC

Plongée dans la controverse depuis près de trois ans, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) n’est pas au bout de ses peines. Après le vérificateur général, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) se penche à son tour sur les actes de la haute gestion de l’établissement, notamment en matière d’octroi de contrats.

Le président du conseil d’administration de la maison d’enseignement, Yves Tousignant, a été interrogé par des enquêteurs de l’UPAC en juin dernier, a-t-il confirmé dimanche au Devoir. « Les enquêteurs voulaient avoir l’appui de la haute direction et je les en ai assurés. […] À ce que je sache, tout se fait dans les règles de l’art au niveau de l’octroi des contrats, et je n’ai pas vu d’irrégularités depuis mon arrivée il y a un an et demi », a-t-il expliqué.

Radio-Canada Mauricie rapporte que des agents de l’UPAC se sont déplacés à Trois-Rivières à maintes reprises depuis l’été, le plus récemment à la mi-décembre, afin d’interroger des personnes oeuvrant ou ayant oeuvré à l’UQTR au cours des dernières années. Outre l’octroi de contrats, les démarches ayant mené au déménagement de la chaire de recherche dirigée par Nadia Ghazzali de l’Université Laval à l’UQTR, à la suite de son entrée en fonction à titre de rectrice, en 2012, ferait partie des dossiers abordés par les enquêteurs.

La rectrice aurait obtenu de l’UQTR un engagement en soutien et services pour sa chaire de près de 1 million de dollars, sans l’approbation du conseil d’administration « C’est certain que c’est un sujet que je crois qu’ils vont fouiller », a ajouté M. Tousignant, précisant maintenir son appui à Mme Ghazzali.

Cette dernière se fait pour sa part rassurante. Il ne s’agit pas d’une « enquête », « mais d’une visite, d’une recherche d’information », en raison de dénonciations effectuées auprès de l’Unité. Elle dit ne pas avoir été interrogée par l’UPAC.

Les controverses semblent pourtant s’accumuler à l’UQTR : des « lacunes de gestion » ont été soulevées dans un rapport externe, et un rapport du vérificateur général est attendu au printemps. L’établissement connaît aussi un taux de roulement élevé au sein de sa haute direction : de nombreux cadres ont été remerciés, sont partis de façon volontaire ou n’ont pas vu leur contrat renouvelé. D’autres, comme l’ex-vice-recteur Martin Gélinas et le secrétaire général André Gabias, ont quitté leurs fonctions, mais conservent leur statut de cadre. L’UQTR compte 14 000 étudiants.


 
1 commentaire
  • Colette Pagé - Inscrite 12 janvier 2015 11 h 11

    L'UQTR sous surveillance !

    Un président dépassé par les évènements et un CA complice de tant de dérives, d'abus de pouvoir tel nous apparaît l'UQTR. Une institution en crise permanente depuis l'entrée en poste de la nouvelle rectrice qui ose comparer son travail à celui du Pape comme si elle détenait son infaibillité. Aurait-elle atteint son niveau d'incompétence ?