L’écart se creuse entre les écoles publiques et privées

Dans le réseau privé, toujours à Montréal, le Collège Jean-de-Brébeuf (96,3 %), le Collège Jean-Eudes (98,8 %) et le Collège Mont-Saint-Louis (99,6 %) ont obtenu un score presque parfait.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Dans le réseau privé, toujours à Montréal, le Collège Jean-de-Brébeuf (96,3 %), le Collège Jean-Eudes (98,8 %) et le Collège Mont-Saint-Louis (99,6 %) ont obtenu un score presque parfait.

Il vaut mieux inscrire son enfant à l’école privée si on veut lui donner toutes les chances de pouvoir rédiger un court texte dans un français acceptable à la fin de ses études secondaires. Le constat paraît implacable : les jeunes finissants de cinquième secondaire ont une bien meilleure maîtrise du français écrit s’ils ont fréquenté une école privée, plutôt qu’une école publique.

C’est ce qui ressort clairement, une fois de plus, des plus récentes données compilées par le ministère de l’Éducation, qui vient de rendre publics les résultats officiels de l’épreuve unique 2014 de français écrit de cinquième secondaire.

Entre les deux réseaux, force est d’admettre que l’écart se creuse. En juin 2014, le taux de réussite de l’examen de français écrit des finissants du secondaire fréquentant le réseau public était de 74,5 %. Au privé, il était de 90 %.

L’écart atteint donc presque 16 points, soit trois de plus que l’année précédente. En 2013, le taux de réussite était de 79,6 % au public et de 92,5 % au privé.

Il est intéressant de noter que même si l’on s’en tient uniquement au réseau public, le nombre de jeunes finissants qui échouent au test de français a tendance à croître. On observe que le taux de réussite a chuté de cinq points en un an, passant de 79,6 % en 2013 à 74,5 % en 2014.

Depuis 2011, la performance du secteur public (qui était alors de 80,5 %) est en baisse constante. Au contraire, celle du secteur privé s’est toujours maintenue au-dessus de 90 %.

Dans son texte de 500 mots, l’élève qui cumule 11 ans de scolarité peut commettre jusqu’à 14 fautes d’orthographe et conserver la mention « compétence acceptable ». Et ce, même s’il a tout le loisir d’utiliser un dictionnaire, une grammaire et un recueil de conjugaisons. Son court texte devra comporter plus de 35 fautes d’orthographe pour que l’élève perde automatiquement 50 % des points.

L’épreuve écrite imposée aux jeunes de 5e secondaire consiste à écrire un texte d’opinion d’environ 500 mots sur un sujet donné. Ils ont 3 h 15 pour effectuer le travail.

L’évaluation est axée sur la qualité de l’argumentaire et la compréhension du mandat (30 %), tandis que l’orthographe et la grammaire ne comptent que pour 20 % de la note finale. La cohérence du texte (20 %), la construction de phrases (25 %) et la qualité du vocabulaire utilisé (5 %) complètent le tableau. La note de passage en français, qui cumule la cote obtenue en français écrit, en lecture et en expression orale, est de 60 %. Mais pour chacune des composantes, une note de 50 % suffit.

Le ministère s’inquiète

Le ministère mène présentement une analyse des résultats visant à comprendre pourquoi le taux de réussite fléchit d’une année à l’autre et pourquoi un tel écart se creuse entre l’école publique et l’école privée.

En fait, le taux de réussite varie beaucoup d’une école à l’autre et d’une région à l’autre, dans le réseau public.

Par exemple, la région de Montréal n’a pas enregistré une performance mémorable en juin dernier. Le taux de réussite de la Commission scolaire de Montréal a été de 69,6 %, ce qui signifie que seulement deux élèves sur trois ont réussi le test.

À Montréal, l’École internationale a obtenu un score enviable de 95,9 %, tandis que l’École Eulalie-Durocher a dû se contenter d’un score de 43,9 %. Dans le réseau privé, toujours à Montréal, le Collège Jean-de-Brébeuf (96,3 %), le Collège Jean-Eudes (98,8 %) et le Collège Mont-Saint-Louis (99,6 %) ont obtenu un score presque parfait.

À Québec, les élèves des écoles privées ont eux aussi une excellente maîtrise du français écrit, comme en témoigne la cote du Collège Jésus-Marie (97,9 %) et du Collège Saint-Charles-Garnier (94,7 %).

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, n’a pas donné suite à une demande d’entrevue. Le ministre prépare présentement un plan d’action visant à revoir l’enseignement du français au primaire et au secondaire. Sa stratégie, qui devrait être connue sous peu, doit mettre l’accent sur la compétence à acquérir en lecture et en écriture.

29 commentaires
  • David Boudreau - Inscrit 12 janvier 2015 02 h 18

    Pas d'inquiétude, le ministre Bolduc prépare un plan d'action...

    • Donald Bordeleau - Abonné 14 janvier 2015 21 h 01

      Normande Poirier.

      Dans la situation actuelle, le virage institution géré par l'école comme au privé serait la meilleure solution.

      Pour se faire, l'école privé ne serait plus subventionnée comme en Ontario.

      Mais cela ne se fera pas à cause des raisons politiques comme pour les fusions des CS Anglophones.

      La situation va continuer à se détériorer avec l'austérité.

      Le meilleur investissement pour un pays c'est l'éducation.

  • Laura P. Lefebvre - Inscrite 12 janvier 2015 06 h 43

    Madame Richer a oublié de dire l'essentiel.

    Elle a omis de mentionner que l'école privée sélectionne ses futurs élèves en ne choississant
    que les plus doués. De plus, seuls les enfants de familles priviliégées monaitairement
    et souvent d'un meilleur milieu culturel peuvent avoir accès aux écoles privées, puisque les parents de ces élèves ont les moyens d'assumer la moitié des frais de scolarité.
    L'école publique n'a d'autre choix que d'accueillir les élèves qui ont échoué le test d'admission aux écoles privées et d'accueillir les élèves de milieu moins favorisé rendant la tâche aux enseignants beaucoup plus difficile et disons-le beaucoup plus méritoire que ceux des écoles privées.
    Sans vouloir discréditer la valeur des écoles privées, il serait beaucoup plus honnête de la part de Madame Richer de mentionner la différence avant de comparer les résultats scolaires entre les élèves fréquentant l'école privée et ceux de l'école publique. À moins que Madame Richer ait reçu la commande de faire la promotion des écoles privées qui profitent ainsi d'une publicité gratuite du journal Le Devoir qui normalement publie des textes beaucoup plus rigoureux et intègre.

    Cette comparaison plutôt malhonnête et malsaine a été trop souvent exploitée au détriment de l'école publique. Pourrait-on pour une fois mettre les pendules à l'heure?

    • - Inscrit 12 janvier 2015 13 h 43

      On se complait toujours dans la même erreur élémebntaire et pour moi ce n'est pas innocent ! On veut simplement mousser l'école privée !

      Les écoles privées prélèvent la crème et laissent le lait homogénéisé au secteur public, puis on trouve stupéfiant qu'au final taux de gras soit plus important dans le privé !
      Et la journaliste n’a même pas l’esprit critique pour faire la part des choses ! Elle copie servilement les résultat d’une « étude » biaisée à la base !
      Car en fait, les parents n'ont pas le "choix" quand ils appartiennent aux classes les plus pauvres !
      Il est évident pour un crémier qu’on fait du beurre avec de la crème, mais cette simple logique semble inaccessible aux spécialistes de l’éducation !

  • Laura P. Lefebvre - Inscrite 12 janvier 2015 06 h 48

    À corriger

    SVP corriger: choisissant, privilégiées,monétairement

    • LiseAndrée Blanchard - Abonnée 12 janvier 2015 12 h 45

      En fait, ce n'est pas «monétairement» (relatif à la monnaie, à sa valeur), mais bien plutôt financièrement (relatif aux ressources pécunaires, à l'argent) qu'il serait préférable d'écrire.

      Benoît Charles Gauthier, Ph. D.

  • Lydia Anfossi - Abonnée 12 janvier 2015 07 h 13

    Tout étant égal par ailleurs?

    Quel est le budget des écoles privées, le ratio par classe, les tests de sélection, la provenance socio-économiques des élèves, la proportion des élèves avec des problèmes d'apprentissage, de comportements, de développement, la scolarité des parents etc? Et elles sont subventionnées par le public, autant de ressources qui ne vont pas au public!!

    • Jean-Yves Arès - Abonné 12 janvier 2015 10 h 05

      «Et elles sont subventionnées par le public»

      Et oui, quel scandale que l'État subventionne l'éducation des enfants sans discrimination envers les parents pour qui l'éducation de leurs enfants revet assez d'importance pour être prêt a s'y impliquer plus que le minimum requis...

      S.V.P., bien comprendre que l'État a pour mandat de rendre accessible l'éducation des enfants et que les subventions aux institutions n'est que le moyen pour accomplir ce mandat, et non le but du mandat.

      Il n'y a aucune raison pour discriminer la participation du privé dans la livraison de ce service éducatif. Et plus forte raison s'il réussit bien sa mission, et a moindre coûts.

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 janvier 2015 10 h 08

      Ce que l'État subventionne, monsieur Arès, c'est la discrimination.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 12 janvier 2015 12 h 58

      «Ce que l'État subventionne ... c'est la discrimination»

      Des mots vides de sens monsieurs Auclair.

      Ici c'est la monoculture institutionnelle que vous essayez de défendre, avec toutes ses dérives d'inefficacité par complaissance homni-présente.

      Pourtant l'éducation est le socle d'une société (étant compris que cette éducation n'est de toute façon pas l'exclusivité de nos systèmes éducatif, qu'ils soient public ou privés).

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 janvier 2015 13 h 57

      Au contraire, monsieur Arès, ce que je défends, c'est le refus de ne choisir que les meilleurs et s'étonner ensuite qu'on obtienne de meilleurs résultats, alors que les moins riches sont obligés d'envoyer leurs enfants côtoyer les refus du privé.
      Si les riches et les puissants envoyaient leurs enfants au public, il est évident qu'ils s'intéresseraient à ce qui s'y enseigne et à la manière dont on y enseigne.

  • Luc Papineau - Inscrit 12 janvier 2015 07 h 42

    Un texte tendancieux

    «Il vaut mieux inscrire son enfant à l’école privée si on veut lui donner toutes les chances de pouvoir rédiger un court texte dans un français acceptable à la fin de ses études secondaires.»


    Et vlan! Le constat est sans appel et sans nuance: le privé vaut mieux que le public pour la réussite de votre enfant. Une belle analyse à deux variables qui serait refusée par n'importe quel enseignant ayant un peu de méthodologie. Et on oublie le reste. Notamment, que certaines écoles privées exercent une sélection à l'entrée du secondaire et qu'elles «redirigent» vers le public les élèves qui ne correspondent pas à leurs standards. Mais surtout que, dans tous les cas, l'école privée sélectionne les parents par le biais de frais de scolarité. Il est en effet rare qu'une mère monoparentale pauvre et peu scolarisée puisse payer ceux-ci....

    Prenons les élèves en difficulté des écoles publics et envoyons-les au privé. Sans plus de ressources ou de services supplémentaires. Si possible tous dans les mêmes groupes, question de s'assurer que ça ressemble au secteur «ordinaire»... et on s'en reparlera.

    Je ne dénigre pas l'excellent travail que font les élèves et mes collègues du secteur privé mais j"en ai contre ce genre de «constat» qui dénigre les efforts constants et pas assez reconnus que font les élèves et les enseignants du secteur public.