Les libéraux économisent moins que ce qu’ils annonçaient

Le grand ménage du gouvernement Couillard ne rapporte pas autant que prévu. En tout cas, pas dans le réseau de l’éducation, où l’abolition des directions régionales n’a engendré que 8 millions d’économies, au lieu des 15 millions espérés.

C’est ce que le ministère de l’Éducation (MELS) a confirmé au Devoir. Les économies annuelles ont été « d’un peu plus de 8 millions », a dit la porte-parole du MELS, Esther Chouinard. Il n’a toutefois pas été possible d’obtenir les détails sur les raisons d’une telle différence dans les calculs.

Durant la dernière campagne électorale, le Parti libéral de Philippe Couillard avait affirmé son intention de fermer les 11 directions régionales du MELS, ce qui entraînerait la disparition directe de 120 postes de fonctionnaire et permettrait, selon ses calculs, des économies annuelles de 15 millions. Par ailleurs, cela devait aussi causer l’élimination de 500 postes (100 par année pendant cinq ans) au siège administratif du ministère à Québec et engendrer des économies de 7,5 millions par an (37,5 millions). Au total, après cinq ans, les 620 postes abolis devaient permettre au gouvernement de faire d’importantes économies.

Des dépenses de 8 millions

Comme l’opération n’est pas arrivée à son terme, il est impossible de chiffrer les économies réelles qui ont été réalisées, mais, chose certaine, elles n’ont pas été au rendez-vous dans l’opération d’abolition des directions régionales qui s’est concrétisée à la rentrée scolaire. Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, avait indiqué au Devoir en mai dernier qu’aucun fonctionnaire n’allait perdre son gagne-pain. « On ne peut pas juste dire à des gens : “ Ça y est, c’est fini, merci, bonsoir, vous partez ” », avait expliqué son attachée de presse, Yasmine Abdelfadel.

En juin 2014, lors de l’étude des crédits, le tableau des dépenses de fonctionnement du MELS indiquait que, dans les directions régionales, 7,1 millions étaient versés en rémunérations et 1 million était alloué au fonctionnement, pour un total d’un peu plus de 8 millions.

Peu de voix se sont élevées pour protester contre la disparition des directions régionales. Toutefois, beaucoup de scepticisme a été exprimé du côté des syndicats. Certains ont dit craindre que cette réduction du nombre des fonctionnaires n’ait pas d’impact sur les services aux élèves. D’autres se sont inquiétés du transfert des responsabilités de ces directions régionales aux structures existantes.

Au moment d’annoncer leur intention de réduire les dépenses du ministère de l’Éducation, les libéraux avaient insisté sur le fait que l’argent serait réinvesti dans la lutte contre le décrochage scolaire : l’aide aux devoirs, l’embauche de professionnels, etc. Le gouvernement n’a pas encore fait le point là-dessus.

Philippe Couillard avait expliqué son opération de réduction de la bureaucratie en disant vouloir diminuer de quatre à trois le nombre de paliers d’intervention du réseau scolaire, ne laissant que le ministère, les commissions scolaires et les écoles. Il ne croyait plus nécessaire que ces instances viennent « chapeauter et jouer un rôle d’accompagnateur » pour les commissions scolaires.

À cette même époque, lors d’un débat des chefs, il avait dit comprendre l’importance du rôle des commissions scolaires. « Je veux les préserver, c’est un endroit de proximité, on me l’a dit partout », avait-il déclaré. À un hebdomadaire de Québec, il avait affirmé qu’il n’y aurait pas de « fusions forcées ». Aujourd’hui, le gouvernement Couillard impose la fusion de plusieurs commissions scolaires du réseau francophone, avec l’objectif clair de réaliser des économies, qu’il se dit toutefois incapable de chiffrer.

Au moment d’annoncer son plan de fusion de certaines commissions scolaires, le ministre avait soutenu qu’il fallait attendre « le découpage final » de la carte des territoires avant de déterminer les économies qui seront réalisées. Les propositions de redécoupage demeurent toujours à l’analyse, alors que les commissions scolaires et le ministère ont bon espoir de pouvoir s’entendre au début de l’année 2015.

52 commentaires
  • Christian Dubé - Abonné 27 décembre 2014 00 h 08

    Eh ben...

    L'effet libéral... Les experts au pouvoir!

  • Yves Côté - Abonné 27 décembre 2014 05 h 17

    Le véritable but...

    Le ministre Bolduc et ses amis ne sont pas des idiots, ne le croyons pas.
    Ils savent très bien ce qu'ils font. Tout comme le gouvernement Charest savait très bien ce qui se passait avec la Caisse de Dépôt et de Placement...
    L'objectif du gouvernement Couillard n'a jamais été de nous faire économiser quelques derniers que ce soit.
    L'objectif est de frapper les Québécois dans ce qui leur reste de fierté et de particularisles de fonctionnement. Partout où cela est possible et le plus efficacement que possible. Tout doit être fait avant la prochaine échéance électorale québécoise, de peur que les Québécois se fédèrent alors pour se libérer des libéraux.
    Ce que ce gouvernement veut, c'est de profiter du momentum actuel. Celui-là où nous, indépendantistes, nous pataugeons si allègrement dans la semoule, pour rester poli, tout inquiet nous sommes de savoir qui sera la prochaine "star" à briller dans notre camp. Fausse obsession faisant que nous restons incapables de nous unir majoritairement sous quelque juste cause que ce soit...
    La quête individualiste est devenue si profondément et exclusivement inscrite en nous, le confort ayant ses conséquences, que nous semblons incapables de percevoir le pays à venir, autrement que par l'accession d'une ou d'une autre vedette à sa tête. Et ce, à Ottawa comme à Québec.
    Faut-il que nous soyons devenus pauvres en vraies préoccupations !
    Non, ce qui compte, ce n'est pas que X ou Y accède aux commandes...
    Ce qui compte, c'est : quel est ce pays-là que nous voulons ? Et comment ferons-nous les choses pour qu'il ressemble à ce que nous sommes ensemble ?
    Plutôt que de nous déterminer de manière banale selon les volontés de quelques-uns de nous, en perdant un temps précieux à des questions de potinage, ne serions-nous pas mieux de traiter des choses déterminantes pour notre avenir ?
    Poser la question est, selon moi, y répondre.
    A quand de nouvelles réunions de cuisine, comme celles autrefois de Madame Payette ?
    Vive le Québec Lib

    • Damien Tremblay - Inscrit 27 décembre 2014 09 h 33

      Merci pour ce commentaire judicieux, M. Côté.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 décembre 2014 09 h 34

      Je lis toujours avec beaucoup d'intérêt vos commentaires, monsieur. Vous devez regretter que je n'en tire pas plus de profit !

      Je ne crois que ce soit votre but, mais cette façon de constituer le PLQ en ennemi juré objectif de notre patrie en en tirant pour première conséquence qu'on ne devrait plus tant s'enfarger dans nos différences idéologiques ou nos scrupules, même, le moment venu de choisir le chef le plus apte à fédérer les forces indépendantistes me paraît particulièrement dangereuse. À force de vouloir doper le coureur, il finira par tomber en morceaux avant d'avoir atteint le fil, rongé par un mal que l'obsession du but ne fait qu'engourdir...

      Cette obsession de la star, qui n'est que la contrepartie de l'obsession de l'ennemi à abattre, est pourtant caractéristique de cette politique de perron d'église dont nous n'avons pas encore abandonné le rituels, contrairement à ceux que les anciens prêtres orchestraient dedans. Si la fin de votre commentaire nous invite à une réflexion réelle et sérieuse sur le pays que nous voulons, en tout respect, monsieur, il me semble que c'est plutôt le refrain folklorique partisan que vous entionniez vous-même pour partir le bal, donnant le ton des couplets à venir...

    • Yves Côté - Abonné 27 décembre 2014 15 h 37

      Merci de me lire, Messieurs.
      La vérité, c'est que je ne regrette pas que, ce sont vos paroles et non les miennes, vous n'en tiriez pas plus profit. Les miennes seraient plutôt de dire que nous avons tous à titer de nos réflexions et commentaires respectifs. C'est la raison pour laquelle je n'attaque que celles et ceux qui m'y obligent, soit par leur mauvaise foi évidente, soit par leur rejet des processus et des principes démocratiques.
      Autrement, les idées de mes adversaires politiques, oui je les attaque volontier.
      Ainsi oui, j'ai quelques idées sur le pays de demain. Mais celles-ci n'ont rien à voir avec quelque folklore que ce soit, bien au contraire. Sur le sujet de la partisanerie, je dirais simplement que le patriotisme humaniste me suffit. Il y a longtemps, si j'ai milité au PQ en tant que membre, ce le fut de manière assez modeste, bien que de façon très déterminée. Exactement comme des milliers d'autres, ceux-là précisément que ce parti a fini par décidé d'ignorer par un certain élitisme vide de sensibilité populaire. A part, bien évidemment, pour les votes et le travail de terrain qu'ils pouvaient dispenser sans jamais compter, ni en attendre de "récompense" autre que de faire avancer le projet commun.
      Quant au PL, tant du Québec que du Canada, curieusement, je l'ai aussi assez bien connu. En effet, puisque mon père fut organisateur de comté pour ceux-ci à une époque ancienne où, de se dire Libéral était presque équivalent à se présenter comme une personne ayant pour principe l'intégrité morale. Non-non, je ne blague pas, cette époque a existée...
      Je ne vous parle pas des discussions de famille, vous les comprenez je crois...
      Mais jamais cette opposition d'idée qui nous réunissait, oui ici vous lisez bien, ne fut ternie par une quelconque envie de l'un ou de l'autre, à prendre un avantage "privé" de son implication.
      Voilà pourquoi la politique ne me désespère pas entièrement, bien que certaines personnes la pratiquant me mettent parfois en forte c

    • Yves Côté - Abonné 28 décembre 2014 12 h 00

      Oups !!!
      Pour précision, mon texte aurait dû se terminer, si j'avais bien surveillé le compteur de caractères, par "en forte colère."
      Merci de votre compréhension.

  • Robert Lauzon - Abonné 27 décembre 2014 06 h 13

    Brouillon et cafouillage

    Les plquistes sont à la hauteur de leurs compétences. Ce gouvernement est un amalgame de primadonnas Parfumées au chloroforme. Il cherche à ratatiner le Québec pour faire impunément leurs marques. Complètement insouciants des conséquences désastreuses des coupures sauvages qu'ils commandent, ils détruisent, probablement tout à fait sciemment, ce qui fait du Québec une société distincte.
    Libérez-nous des plquistes!
    Le Québec peut et mérite mieux !

  • Robert Beauchamp - Abonné 27 décembre 2014 06 h 27

    Le calcul

    Ils devraient retourner sur les bancs d'école pour réapprendre à compter. Ils perdent toute notin mathématique sauf quand il s'agit de primes ou bonis.
    Robert Beauchamp

  • Raymond Chalifoux - Inscrit 27 décembre 2014 06 h 59

    De toute façon...

    ... là où se trouve le Québec, aujourd'hui - si situation parfaitement catastrophique il y a - à qui le doit-on? À ceux qui ont géré la province?

    Et ils ont occupé le pouvoir dans quelle proportion, les Libéraux, au cours des 45 denières années, dites-moi?

    Pour le fun, je relisais cette semaine cette plaquette d'une centaine de pages parue en 1970 aux Éditions de l'Homme sous le titre "BOURASSA QUÉBEC!", et qui en page couverture portait cette phrase: "Nous gouvernerons ensemble une société prospère".

    Et bien voici un extrait tiré de la page 96: "Il faut, en 1970, accorder moins d'importance au facteur de la sécurité d'emploi pour les fonctionnaires appartenant aux cadres moyens et supérieurs. Il faut remplacer cette sécurité par une rémunération adéquate..."

    Vous voulez une autre perle? Voici, dans la même page: "On doit songer de plus en plus à des structures polyvalentes régionales plutôt qu'à une décentralisation qui devient de plus en plus lourde et couteuse..."

    Cou donc ça serait-tu que l'inefficacité des politiques Libérales ne datent pas d'hier?
    On jase...