Impasse entre la CSDM et English-Montréal

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L’impasse demeure à l’école Sainte-Catherine-de-Sienne, dans Notre-Dame-de-Grâce. Les commissions scolaires de Montréal et English-Montréal ne sont toujours pas parvenues à s’entendre, après des mois de pourparlers. Les parents de 300 enfants désespèrent à l’idée de les voir trimbalés matin et soir loin de chez eux alors qu’une solution est là, toute proche.

Mercredi soir, une dizaine d’entre eux ont assisté à la réunion du conseil des commissaires d’English-Montréal afin de plaider pour une résolution rapide du conflit. L’école primaire Sainte-Catherine-de-Sienne doit être fermée dès juin, pendant de deux à trois ans, le temps que soient effectués d’importants travaux visant à éradiquer infiltrations d’eaux et moisissures qui pourrissent l’air que respirent les élèves de l’établissement de l’avenue Somerled.

De l’autre côté de la cour d’école se trouve St. Ignatius of Loyola, convertie par la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) en centre d’éducation secondaire pour élèves en difficulté. Près de 55 jeunes se trouvent dans l’école ayant une capacité de « 200 et quelques », de l’aveu même de la présidente de la CSEM, Angela Mancini. La CSDM a demandé à la CSEM de lui prêter l’école, mais celle-ci refuse. « Si on n’avait pas le choix on le ferait, mais comme on en a un, on juge que ce n’est pas idéal de déplacer des jeunes de l’école alternative », dit Mme Mancini.

Comme solution de rechange, elle a offert des espaces dans deux écoles secondaires ou une école désaffectée, dans Côte-Saint-Luc ou Ville-Émard. Beaucoup trop loin, selon Louis Simard, vice-président du conseil d’établissement de Sainte-Catherine. « Les étudiants d’à côté proviennent de partout à Montréal. Ils pourraient être formés partout. Nos jeunes vivent ici. Nous ne comprenons pas qu’on ne puisse en arriver à une entente qui permet à nos enfants de rester dans leur quartier », dit-il.

La CSDM a écarté l’école secondaire Marymount, dans Côte-Saint-Luc. « Elle n’est pas en état pour recevoir des élèves à cause de la qualité de l’air. On ne va pas mettre des élèves dans une école qui n’est pas mieux que Sainte-Catherine », dit le porte-parole Alain Perron. L’autre option sur la table n’est guère plus alléchante : installer des salles de classe mobiles dans diverses écoles du quartier afin de répartir les élèves.

Québec observe

Isabelle Létourneau, mère de quatre enfants dont certains fréquentent l’école Notre-Dame-de-Grâce, s’inquiète des chamboulements qu’occasionnera le déménagement de Sainte-Catherine. Elle ne peut pas croire que la solution sera de surcharger certaines écoles de la CSDM et d’installer des unités mobiles. « Ça n’a pas de bon sens les guéguerres linguistiques ! Est-ce qu’on peut s’asseoir et parler au nom des enfants ? », dit-elle.

Le ministre Yves Bolduc se garde le droit d’intervenir, mais espère que les deux organismes pourront s’entendre. « On tient à rappeler que la CSDM a tardé à aviser le ministère de la situation, alors qu’elle avait cette information depuis longtemps. Si l’impasse perdure, nous interviendrons, mais pour le moment nous les laissons discuter », a indiqué l’attachée de presse Yasmine Abdelfadel.

1 commentaire
  • Robert Beauchamp - Abonné 18 décembre 2014 07 h 39

    English liberal

    Le ministre Bolduc décide de chambouler un vaste réseau scolaire mais ne peut régler un conflit avec commission scolaire english Montréal. Pourquoi?