Des enseignants veulent un nouveau ministre pour 2015

L’Alliance des professeurs de Montréal réclame la démission du ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, pour le tort qu’il a fait à l’école publique. Le regroupement montréalais, le plus gros syndicat de l’enseignement, a pris cette décision la semaine dernière lors de son assemblée de délégués sur la base d’une longue liste de reproches qui remontent au début de son mandat.

« M. Couillard, offrez aux citoyennes et citoyens du Québec un nouveau ministre de l’Éducation pour 2015 ! », a fait savoir la présidente de l’Alliance, Catherine Renaud, par voie de communiqué.

Elle a exprimé sa vive déception à l’endroit du ministre, avançant qu’il « multiplie les bourdes et les projets dévastateurs » nuisant ainsi à la qualité de l’école publique. « Le premier ministre doit réagir et confier la responsabilité du MELS à quelqu’un d’autre avant que le Dr Bolduc ne fasse encore plus de dommages », a-t-elle ajouté.

Le syndicat reproche à Yves Bolduc ses compressions de 200 millions dans les transferts vers les commissions scolaires et ses déclarations maladroites affirmant que si les budgets d’achat de livres étaient coupés dans les bibliothèques scolaires, « il n’y a pas un enfant qui va mourir de ça ». Plus particulièrement, ces enseignants de Montréal déplorent « son incompréhension et son insensibilité à l’école montréalaise » et rappelle sa lenteur dans le financement des écoles affectées par la moisissure, les compressions de plus de 20 millions à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) dans la dernière année et les récents redécoupages du territoire des commissions scolaires francophones de la métropole.

Ce n’est pas la première fois que la démission du ministre est réclamée. Les partis d’opposition l’ont aussi fait à maintes reprises depuis qu’il est en poste.

Des ratios inefficaces ?

Il faut dire que les enseignants sont particulièrement à vif ces jours-ci, depuis le dépôt des offres patronales qui a remis en question une bonne partie de leurs acquis. Parmi les propositions qui font le plus mal, celle d’augmenter les ratios prof-élèves, qui prévoient que 5 élèves, et techniquement jusqu’à 11 élèves, pourraient être ajoutés dans chaque classe, dont le nombre varie de 22 à 32, selon les cycles et les milieux scolaires.

Pressé de questions mercredi matin, le ministre Bolduc a tenté de minimiser l’importance de cette mesure dans la réussite des élèves. Selon lui, les études démontrent que le fait d’avoir diminué les ratios, en grande partie l’oeuvre de l’ex-ministre libérale de l’Éducation Michelle Courchesne, n’avait pas augmenté la réussite scolaire. « C’est une référence que je fais au rapport Champoux-Lesage, où ils disent que ça ne change pas. Pour que ça vaille la peine, il faudrait descendre [les ratios] beaucoup plus bas », a-t-il expliqué.

Pour Yves Bolduc, elle ne fera que servir les élèves puisqu’elle permettra davantage de souplesse et de flexibilité dans la composition des groupes-classes. « Actuellement, on sait que c’est un système très rigide et on veut offrir plus de flexibilité. Quand on met un maximum, ça ne veut pas dire qu’on va aller au maximum. Mais les ressources vont être plus appropriées, il y a des spécialistes également engagés pour donner des services à ces élèves-là, assure-t-il. Ce qu’on veut, c’est moduler les services et en offrir plus aux élèves qui en ont le plus besoin. »

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