Les nouveaux scénarios ne satisfont pas la CSDM

Le Conseil des commissaires de la CSDM a adopté une résolution s’opposant à tout projet de démantèlement.
Photo: Marie-Hélène Tremblay Le Devoir Le Conseil des commissaires de la CSDM a adopté une résolution s’opposant à tout projet de démantèlement.

Les discussions sur les divers scénarios de redécoupage de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) semblent dans l’impasse. Aucun des scénarios proposés par Québec ne fait l’affaire de la plus grosse commission scolaire du Québec, qui ne croit pas qu’ils créeront de réelles économies et favoriseront la réussite.

Lors d’une rencontre entre le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, et la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, jeudi dernier, le transfert à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) des écoles de plusieurs arrondissements de l’ouest de Montréal (Sud-Ouest, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, etc.) aurait été mis en veilleuse. Mais ce serait au profit d’un scénario qui vise à inclure des écoles de l’est à la Commission scolaire Pointe-de-l’Île (CSPI), qui est jugé tout aussi irrecevable.

« On n’est pas en accord avec lui [le ministre]. On n’a pas encore compris les objectifs qui sous-tendent ces changements, a dit Catherine Harel-Bourdon. Qu’est-ce qui va faire en sorte que rééquilibrer les trois commissions scolaires et transférer des milliers d’élèves à la Pointe-de-l’Île ça va apporter une meilleure réussite de nos élèves et plus d’économies ? »

Dans la nouvelle carte qui circule pour l’île de Montréal, les écoles de Cartierville seraient intégrées à la CSMB, tandis que certaines sur les territoires d’Ahuntsic, Villeray, Saint-Michel et Parc-Extension iraient à la CSPI. Cette réorganisation pénaliserait de nombreux élèves de la CSDM. Par exemple, dans Saint-Michel, l’école secondaire Joseph-François-Perreault, qui a un programme de musique réputé, ne pourra plus accueillir des élèves de l’école Le Plateau, son école bassin dans le Plateau-Mont-Royal, car elles ne seront plus dans la même commission scolaire.

« Il ne s’agit pas d’une greffe, c’est une amputation. On ne peut pas juste fusionner comme on fait dans d’autres secteurs. On veut nous amputer sans qu’on sache trop l’utilité et on nous demande si on préfère se faire enlever la main droite ou la main gauche, ou le pied droit ou le pied gauche », a illustré la présidente de la CSDM.

Le commissaire scolaire Kenneth George parle de la proposition de changement du ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, comme d’un geste « irréfléchi et incohérent ». « Ce qui lui semblait brillant et justifié il y a un mois lui paraît maintenant problématique et il sort un autre lapin de son chapeau », écrit dans une lettre le commissaire élu dans Villeray-La Petite-Patrie. « La CSDM, ce n’est pas la somme de petites écoles, c’est un réseau de services pédagogiques qui font qu’on peut offrir à nos 100 000 élèves des choses que d’autres ne vont pas offrir. »

Mécontentement et mobilisation

Comme ceux de l’école internationale de Montréal, dans Westmount, la semaine dernière, les élèves de l’école secondaire Saint-Luc ont fait une immense chaîne humaine lundi midi autour de leur école pour lui manifester leur attachement. « Avec le démantèlement de la CSDM, on ne sait pas si on va pouvoir garder nos programmes. On est inquiets », a dit le président de l’Association étudiante de l’école Saint-Luc, Ménélik Philip.

Le Conseil des commissaires de la CSDM a adopté une résolution s’opposant à tout projet de démantèlement. Lors de son conseil général en fin de semaine dernière, la Fédération des commissions scolaires du Québec a plaidé pour éviter toute forme de précipitation, a demandé « une période suffisante de consultation » et a adopté à l’unanimité une résolution en ce sens.

Au cabinet du ministre Bolduc, on indique qu’aucun scénario n’a été arrêté et que les discussions se poursuivent. Une rencontre de la Table Québec-commissions scolaires est prévue le 18 décembre.

1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 9 décembre 2014 13 h 47

    Depeçage

    Dans le cas de la CSDM, c'est à un dépeçage qu'on assiste. Ailleurs, c'est plutôt des fusions forcées, comme celles contre lesquelles le PLQ s'était élevé il y a une dizaine d'années.