La CSMB se dit prête, mais reste prudente

Le plan Bolduc prévoit de faire passer le nombre de commissions de 72 à 46.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le plan Bolduc prévoit de faire passer le nombre de commissions de 72 à 46.

La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) sort de son mutisme, deux semaines après le dévoilement par le ministre Yves Bolduc de son projet de redécoupage de la carte scolaire. La grande « gagnante » de cet exercice — elle passera de 40 000 élèves à 91 000 élèves si le projet est adopté tel quel — se dit prête à accueillir sa nouvelle population, malgré les inquiétudes suscitées par l’annonce.

Le plan Bolduc prévoit de faire passer le nombre de commissions de 72 à 46.

Tandis que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) passerait de 112 000 élèves à 64 000, la CSMB voit sa population doubler… et même plus. Les écoles d’Ahuntsic, Cartierville, Côte-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grâce, Westmount et Sud-Ouest tomberont désormais sous sa juridiction. Et même si la chose était inattendue, elle est prête à y faire face, a assuré sa présidente Diane Lamarche-Venne lundi. « Il nous reste à analyser plus finement les territoires dont on va hériter, le parc immobilier, l’état des écoles. […] Il faut aussi voir selon quelles modalités ça nous sera transféré. »

Pour la CSMB, plusieurs secteurs devant lui être transférés présentent des similitudes importantes avec la population actuelle, que ce soit des quartiers plus allophones, comme Côte-des-Neiges, ou à majorité anglophone, comme Westmount. Le redécoupage permettra également de réduire la durée des trajets en autobus chaque matin pour certains élèves de Côte-Saint-Luc forcés d’étudier dans une école d’Outremont à l’heure actuelle en raison du découpage actuel.

Alors que la présidente de la CSDM Catherine Harel-Bourdon laissait entendre récemment que son réseau scolaire se voyait « puni » pour avoir dénoncé les compressions imposées par Québec, Mme Lamarche-Venne s’est dite « consciente » du climat ambiant. « C’est inconfortable. »

8 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 2 décembre 2014 04 h 29

    Opacité

    Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), docile, ne fait pas de bruit, toujours prête... comme les scouts.

    Commission scolaire de Montréal (CSDM), rebelle, tapageuse, revendicatrice...comme il se doit.

    Deux critères d'homogénéité :

    « Pour la CSMB, plusieurs secteurs devant lui être transférés présentent des similitudes importantes avec la population actuelle », homogénéité à tendance de favorisation.


    Pour la CSDM, les amputations subies vont concentrer en son sein la défavorisation.

    Mesures d'impacts : zéro pointé.

    Opérons, on verra bien (ou mal ou plus du tout) après...

    Planification stratégique : zéro pointé

    Niveau d'interférence politique : 100 %

    Pour la CSMB, 5 vingt-cinq sous pour une piastre.

    Pour la CSDM, 3 vingt-cinq sous pour une piastre.

    Amplification des écarts sociaux : c'est quoi ça?

  • Louis-Serge Houle - Abonné 2 décembre 2014 07 h 34

    Deux poids, deux mesures

    C'est clair, que le gouvernement Couillard sert une gifle à la CSDM, diminuera la qualité des services à Montréal, tout en contribuant à y accroître les écarts sociaux. Ce n'est pas la première fois que la Commission scolaire Marguerite-Bourgeois bénéficie des largesses de ce gouvernement: http://www.lapresse.ca/actualites/education/201411

  • Gilles Roy - Inscrit 2 décembre 2014 09 h 51

    Du côté syndical, on en dit quoi?

    Maintenant que la CSMB dévoile (un peu) ses cartes, reste encore à connaître l'avis des représentants de la Fédération Autonome des Enseignants (FAE) et plus encore, celle de l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal. C'est que leur silence est bien inhabituel, non? On sait bien sûr qu'ils vont s'opposer (puisqu'il y a là tradition à respecter). Mais s'opposer à quoi (à la tradition, au changement), là est la question...

    • Gilles Roy - Inscrit 2 décembre 2014 16 h 50

      Ai, en effet, très mal fait mon devoir. D'abord parce que je n'ai pas repéré l'hyperlien sur le site de l'Alliance (mon erreur). Ensuite, parce que je me suis mépris sur l'arborescence qui prévaut : l'Alliance est membre de la FAE, tout comme l'est le Syndicat de l’enseignement de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (mon erreur encore une fois). Ma question aurait donc du être la suivante : quelle est la position actuellement défendue par la FAE, et celle-ci siée-t-elle aux membres de l'Alliance? Merci de m'informer. Et désolé pour les erreurs (m'en excusant).

  • Sylvain Auclair - Abonné 2 décembre 2014 12 h 41

    Fusion forcée des municipalités

    Il est ironique de constater qu'un parti qui avait tellement dénoncé la fusions forcées des municipalités fait la même chose avec des commissions scolaires, qui sont aussi, si on s'y arrête, des municipalités, avec leurs territoires, leur pouvoir de taxation, leur champ de compétences.

  • Dominique Cousineau - Abonnée 2 décembre 2014 13 h 12

    Si madame Lamarche-Venne...

    ...a bien le droit de rêver tout haut d'une école de proximité pour les élèves de Côte-Saint-Luc, les citoyens de Notre-Dame-de-Grâce auraient raison de s'en inquiéter... Les écoles de NDG et de Côte-des-Neiges affichent déjà complet et peinent à desservir la population de ces quartier très populeux... Et puis, au fond, au risque de jouer le bouffon du roi (qui avait le rôle d'énoncer les faits inconfortables), s'il y avait une incongruité territoriale à corriger à Montréal, ce ne serait pas plutôt de mettre fin à l'enclavement bizarre d'Outremont pour l'annexer à la CSDM? ;p