Le modèle sera refondu de toute façon

Les bureaux de vote ont fermé à 20 h dimanche soir.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les bureaux de vote ont fermé à 20 h dimanche soir.

Les électeurs montréalais ont reconduit la plupart des présidents de commissions scolaires de la métropole, dimanche, au terme d’élections marquées par un taux de participation de loin inférieur à celui observé aux dernières élections, en 2007.

La dernière fois que des élections scolaires ont eu lieu, en 2007, le taux de participation n’avait pas dépassé 8 % à l’échelle de la province. Selon les résultats préliminaires et partiels du ministère de l'Éducation, seuls 4,85 % des élécteurs admissibles auraient participé au scrutin cette fois-ci.

Dans la région de Montréal, les électeurs étaient appelés à se prononcer sur la composition des conseils de cinq commissions scolaires — de Montréal, de la Pointe-de-l’Île, Marguerite-Bourgeoys, Lester-B.-Pearson et English-Montréal.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la présidente sortante, Catherine Harel-Bourdon, l’a emporté facilement devant trois autres candidats, la totalité des 13 sièges du conseil des commissaires étant allés à son Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO).

La présidente sortante de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), Diane Lamarche-Venne, a également été réélue. L’équipe Lamarche-Venne a fait élire dix commissaires, contre trois du côté de l'équipe Martel.

Seule surprise de la soirée : l’élection de Miville Boudreault à la tête de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI), face au président sortant, Vincent Arciresi.

Chez les anglophones

Du côté de la Commission scolaire English-Montréal, la journaliste Anne Lagacé Dowson croisait le fer avec la présidente sortante, Angela Mancini. Cette dernière a toutefois conservé son poste sans trop de difficulté.

Suanne Stein Day, la présidente sortante de l’autre commission scolaire anglophone de l’Île de Montréal, la Lester-B.-Pearson, a aussi été élue à nouveau.

Faible participation

À l’échelle de la province, 781 postes de présidents et de commissaires scolaires étaient à pourvoir dans le cadre des élections scolaires de dimanche. Du lot, 43 % des candidats ont été élus sans opposition.

Les bureaux de scrutin fermaient à 20 h dimanche soir, mais en raison d’un apparent cafouillage, le ministère de l’Éducation n’a produit aucun résultat préliminaire avant le lendemain.

À la CSDM, la participation a atteint 4,82 %, contre 2,97 % à la CSMB et 4,46 % % à la CSPI.

English-Montréal et Lester-B.-Pearson n’ont pas divulgué le taux de participation de leurs électeurs au scrutin de dimanche, mais la communauté anglophone vote traditionnellement davantage que la majorité francophone aux élections scolaires, le taux de participation ayant atteint 17 % en 2007. Selon les données préliminaires du ministère, 17,86 % des électeurs anglophones auraient voté cette fois-ci.

La dernière fois que des élections scolaires ont eu lieu, en 2007, le taux de participation n’avait pas dépassé 8 % à l’échelle de la province. Le Québec compte actuellement 72 commissions scolaires.

Des élections charnières

Sitôt élus, les commissaires scolaires ont appris que le gouvernement Couillard reverrait en profondeur le modèle de gouvernance de l’éducation primaire et secondaire au Québec, à l’issue d’élections qualifiées de « charnières » par les libéraux.

Mme Harel-Bourdon ne se faisait pas d’illusions par rapport aux orientations du gouvernement Couillard en ce qui a trait aux commissions. « C’est sûr qu’il y a beaucoup de défis qui s’en viennent. […] J’ai de la misère à comprendre la direction que prend le gouvernement depuis quelques semaines. C’est impossible que des milliers de parents fassent affaire directement avec le ministère, les commissions scolaires sont là parce qu’il y a des besoins spécifiques à chaque milieu, à chaque communauté », a-t-elle affirmé.

Réforme en vue

En mission en Islande, le premier ministre Philippe Couillard n’a pas fait mystère de son projet de revoir à très court terme le modèle d’encadrement du réseau scolaire. Il a confirmé que son gouvernement travaillait à un grand rebrassage des cartes qui redéfinira le mandat confié aux enseignants et aux directions d’écoles, chargées de prendre la relève des commissions scolaires pour les services de nature pédagogique.

« Au cours des prochaines semaines », Québec va donc recentrer l’encadrement au palier local, dans le cadre d’une « révision assez profonde du mandat et des responsabilités des différents paliers dans le réseau scolaire », a confirmé le premier ministre, prônant une « simplification » des structures et une décentralisation vers le palier local.

Il n’a pas voulu dire si son gouvernement allait fusionner ou abolir des commissions scolaires, ou encore se contenter de les amputer de responsabilités. « Plusieurs scénarios » sont à l’étude, a-t-il dit.

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, avait dit dernièrement que l’avenir des commissions scolaires dépendait du taux de participation aux élections scolaires du 2 novembre.

14 commentaires
  • Nicole Bernier - Inscrite 3 novembre 2014 05 h 28

    Que le MEMO occupe tous les sièges de la Commission scolaire de Montréal, c'est une catastrophe anti-démocratique...

    Comme si tous les parents de Montréal visaient tous le même type d'éducation. Cela prouve encore davantage comment la société se structure de plus en plus de manière sectaire.

    On a perdu la capacité de travailler dans la diversité idéologique autour de projet. Donc, malgré tous les investissements, il y a une puissante absence de savoir accumulé puisque les différentes interprétations du savoir sont devenus toutes valables (postmodernisme), on n'a plus le droit de critiquer le point de vue de l'autre et de chercher ce qu'est la vérité: Maintenant toutes les vérités sont bonnes et chacun vit dans son coin et/ou prend le contrôle d’un secteur de la société.

    On voit bien comment la dégradation du système scolaire a atteint des sommets inégalés et lorsqu’une institution est totalement sous le contrôle d’un seul parti politique (le Devoir a affirmé que c’était un vrai parti politique), cela ne laisse présagé rien de bon.

    Je me rappelle quand je travaillais dans les groupes communautaires et que notre fierté était d'assoir autour de la table ou sur le devant de la scène tous les partis politiques qui soutenaient un projet que nous avions mis de l'avant. Plus il y avait de monde, plus nous étions fier(e)s d'avoir su faire unanimité autour de la valeur de notre travail pour la communauté.

    Puis, peu à peu, les nationalistes ont commencé à imposer la règle que s'ils finançaient un projet, il ne devait pas y avoir d'autres partis politiques; je me suis retirée des groupes communautaires à cette époque et j'ai choisi de m'investir davantage dans le monde de l'éducation (en sciences sociales et en sciences humaines). Un autre 20 ans à explorer le monde de l'éducation et à vivre le choc de découvrir comment l'intolérance se structurait à l'université au lieu de développer la passion de la recherche et du savoir. D'ailleurs, le MÉMO du temps défendait une vision laïque de l’éducation basée sur l’assimilation des autres à une vérité unique, qu’en est-il aujourd’hui?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 3 novembre 2014 08 h 09

      Les municipalités où il n'y a pas d'opposition sont en très grand nombre.
      Tout comme il y a des municipalités où il n'y a pas eu d'élection.

      Faut-il rappeler la CEIC et "les élections clefs en mains", au municipal?

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 3 novembre 2014 08 h 53

      Rarement lu une diatribe aussi remplie de ressentiments, comme si le fait d'avoir à coeur le bien commun pour notre nation rendait les électeurs qui appuient le MEMO incapables de tout discernement. Sans doute que les magouilles de profiteurs libéraux corrompus seraient préférables...

    • Sylvain Auclair - Abonné 3 novembre 2014 11 h 41

      Et que tous les ministres soient libéraux, est-ce aussi une aberration?

    • Nicole Bernier - Inscrite 3 novembre 2014 13 h 21

      Encore une fois la pensée binaire ou on est nationaliste ou libérale.. Ce sont des gens enfermés dans le binaire qui rendent la recherche de solutions saines impossibles

      Je suis totalement déçue du leadeurship politique et intellectuel

    • Nicole Bernier - Inscrite 4 novembre 2014 05 h 22

      Si l'opposition faisait son travail et si les élus avaient le souci de trouver des solutions aux problématiques en collaboration avec différents groupes idéologiques, parce qu'une fois élue, ils auraient l'objectif de servir l'ensemble de la population, pas seulement leur petite gang... on pourrait continuer à croire en la démocratie

      De lire, d'une part, des commentaires où on justifie les partis uniques au Québec et que, d'autre part, on dénonce dans les autres pays et au Canada la trop grande centralisation ou les partis uniques... on voit bien que la capacité d'analyse a fortement diminué dans le milieu intellectuel si on ne saisit pas l'odieux de ces affirmations...

      Au Québec, que les ministres soient libéraux est une réalité bien différente que de dire tous les députés sont libéraux et pire qu'ils soient élus avec seulement 7% des électeurs potentiels... il y a un sérieux problème que le MÉMO contribuent à entretenir puisque, il a les reins assez solides pour se vanter d'être un réel parti, contrairement aux autres commissaires qui sont isolés.... et qui doivent travailler dans la collaboration, ce qui forçait la majorité d’entre eux à développer la capacité de faire des alliances autour de projet à réaliser… Il n’y avait pas de ligne de parti qui dominait sur les autres élus isolés, ce qui crée un climat où les indépendants ne peuvent pas se sentir utiles, d’où le peu de motivation de plusieurs.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 3 novembre 2014 06 h 34

    Le rapport des experts du 30 mai trace la marche à suivre

    -LE DEVOIR 25 octobre 2014- " Yves Bolduc a convaincu le premier ministre Philippe Couillard que ce n’était pas la marche à suivre. « Je suis là pour faire de bonnes améliorations. Mais je pense que les gens ne constatent pas, par contre, qu’on a probablement un des meilleurs systèmes d’éducation au monde. »-

    Rapport du Comité d'experts déposé le 30 mai dernier:

    http://www.mels.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/docu

    Ce groupe a été présidé par Mme Pauline Champoux-Lesage, qui a notamment assumé les fonctions de sous-ministre à l’Éducation de 1996 à 2000 et de protectrice du citoyen de 2000 à 2006.

    Pour la seconder dans sa tâche :

    M. Marcel Leblanc, qui a entre autres agi à titre de sous-ministre associé au ministère des Finances, de sous-ministre du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et de secrétaire général associé aux Affaires intergouvernementales canadiennes;

    Mme Diane Provencher, anciennement directrice générale de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries et de la Commission scolaire de Beauport, qui a présidé l’Association des directeurs généraux des commissions scolaires du Québec de 1996 à 2000.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 3 novembre 2014 07 h 13

    … « sitôt élus » … ?

    « Sitôt élus, les commissaires scolaires ont appris que le » (Philippe Orfali/PC, Le Devoir)

    Si, de cette citation, la Gouvernance actuelle, déterminée à outrance ?, décide d’y aller, il convient de l’inviter à la prudence en lui proposant des forums régionaux susceptibles de l’inspirer et, par ailleurs, d’assurer une refonte du milieu scolaire responsable, transparente et courtoise !

    De cette invitation, l’honorer serait de bienvenu, sauf que …

    … « sitôt élus » … ? - 3 nov 2014 -

  • Pierre Grandchamp - Abonné 3 novembre 2014 08 h 26

    Le maintien des commissions scolaires mais avec plus de décentralisation

    “Rapport du Comité d’experts sur le financement, l' administration, la gestion et la gouvernance des commissions scolaires”.

    http://www.mels.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/docu

    Ces experts ont consulté beaucoup de gens intéressés par ces questions, beaucoup de chercheurs. Ils ont étudié, aussi, ce qui se fait dans les autres provinces et dans d’autres pays.

    Ils font plusieurs recommandations intéressantes: notamment le maintien des commissions scolaires mais avec plus de décentralisation vers les écoles. Des élections au scolaire en même temps que les municipales. Ils notent que le fait qu’il y ait un faible taux de votation aux élections scolaires ,et aux élections en général, n’est pas typique au Québec..mais que c’est assez général dans les démocraties occidentales.

    Ils notent les succès remarquables de nos élèves aux examens canadiens et internationales.

    J’invite les lecteurs du DEVOIR à consulter ce rapport. Ils font plusieurs autres recommandations intéressantes!

  • François Dugal - Inscrit 3 novembre 2014 09 h 03

    Le ministre

    "Le ministre de l'éducation, Yves Bolduc, a dit dernièrement ..."
    Ce que dit le ministre de l'éducation n'a aucune importance.