Les services de garde écopent

Les nouvelles règles budgétaires imposées par Québec font diminuer la subvention plus les enfants sont nombreux à fréquenter le service de garde.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Les nouvelles règles budgétaires imposées par Québec font diminuer la subvention plus les enfants sont nombreux à fréquenter le service de garde.

De nouvelles règles de financement dans les garderies des écoles forceront certaines commissions scolaires à couper dans la qualité des services. Déjà aux prises avec d’importantes compressions, les commissions scolaires situées à Montréal et dans la grande région métropolitaine déplorent être les plus touchées par ce changement.

L’augmentation du tarif des garderies au 1er octobre, qui passera de 7 $ à 7,30 $ par jour, a permis un recalcul du financement octroyé aux commissions scolaires pour leurs services de garde. Alors qu’elles recevaient 820 $ par enfant peu importe la taille de l’école, les nouvelles règles budgétaires imposées par Québec font diminuer la subvention plus les enfants sont nombreux à fréquenter le service de garde.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la plus importante et la plus endettée du réseau, c’est 1,1 million qui est retranché du budget. Au total, plus de 135 services de garde, dans autant d’écoles primaires, accueillent au-delà de 100 enfants. « C’est certain qu’il va falloir gérer de façon plus serrée. S’il y a des activités et des sorties, on va devoir faire plus attention », a déclaré au Devoir Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM. « Ça va limiter les achats de matériel. »

Les nouvelles règles budgétaires ont été transmises aux commissions scolaires cet été, mais c’est maintenant, alors que les déclarations d’effectifs sont attendues au 30 septembre et que le coût des garderies subventionnées augmentera au 1er octobre, que ces dernières en prennent toute la mesure. Mme Harel-Bourdon déplore que cette décision « touche les plus grosses commissions scolaires ».

Elle calcule qu’ailleurs au Québec, certaines commissions scolaires, qui couvrent un plus grand territoire, sont moins touchées étant donné que les enfants sont transportés en autobus et utilisent moins les services de garde.

Impact ailleurs

 

Sur la Rive-Sud, la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV) est aussi touchée. Plus de la moitié des 52 services de garde accueillent au-delà de 200 enfants. Au total, elle recevra un demi-million de moins que l’an dernier. Les ratios éducateurs-enfants étant protégés, les coupes dans ce service doivent se faire ailleurs.

« C’est prématuré de voir précisément quel sera l’impact, mais les directions d’établissement vont nécessairement avoir des choix à faire pour respecter les règles. Il y a des activités qui ne seront plus du tout ou moins faites », a indiqué Raynald Thibeault, directeur général de la CSMV.

À la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, l’effet de cette réduction de budget se fera aussi sentir, alors qu’un demi-million (environ 2 % du budget total de 28 millions alloué au service de garde), sera retranché. « Ça va demander une certaine créativité pour revoir certains de nos fonctionnements », a dit le porte-parole de la CSMB, Jean-Michel Nahas, soulignant que les services de garde ne sont pas touchés « de façon trop importante ». D’autant que l’augmentation de 0,30 $ de la facture des parents viendra compenser en partie, dit-il.

Sous certaines conditions, Québec versera toutefois des allocations supplémentaires par enfant dans les écoles regroupant 30 % des élèves les plus pauvres, ceux fréquentant les maternelles quatre ans et pour chaque élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA).

Les parents écopent

 

La présidente de la CSDM trouve « spécial » que la majoration de 0,30 $ du tarif des garderies touche non pas seulement les Centres de la petite enfance et les garderies subventionnées, mais également celles en milieu scolaire. « Les parents envoient leurs enfants en CPE pour sept heures par jour ou plus, avec repas, alors que dans le monde scolaire, c’est plus une utilisation de quelques heures, le matin, le midi ou le soir », fait-elle remarquer.

Catherine Harel-Bourdon ne souhaite pas alourdir le fardeau des familles plus défavorisées, qui sont nombreuses dans sa commission scolaire. « Déjà, dans les journées pédagogiques, on fait toujours attention aux sorties qui coûtent des sous, car beaucoup de familles ont de la difficulté à payer des montants de plus que [les frais de service de garde] », a-t-elle ajouté.

Règles budgétaires

Services de garde (2014-2015)

816 $ par enfant inscrit pour les points de services regroupant moins de 100 enfants ;

750 $ par enfant inscrit pour les points de services regroupant de 100 à 199 enfants ;

690 $ par enfant inscrit pour les points de services regroupant 200 enfants et plus.

Source : MELS


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