Coupes budgétaires: la CSDM fait une contre-proposition

Il y a quelques jours, la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, avait fait une sortie médiatique pour dénoncer les compressions de 9 millions.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Il y a quelques jours, la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, avait fait une sortie médiatique pour dénoncer les compressions de 9 millions.

La Commission scolaire de Montréal refuse de rentrer dans le rang et d’effectuer les compressions de 9 millions que lui impose le gouvernement. Elle propose plutôt de couper la poire en deux et consent à intégrer des économies de 5,4 millions à son plan de retour à l’équilibre budgétaire qu’elle doit rendre incessamment. Aucun service aux élèves ne serait coupé, selon nos informations.

C’est ce que les commissaires ont décidé lors d’une séance mercredi soir, à la suite d’un vote très largement en faveur (20 pour et une abstention) de l’adoption d’une résolution d’urgence sur le plan de retour à l’équilibre budgétaire.

La commission scolaire a indiqué qu’elle allait donc parvenir à ces économies notamment grâce à la vente d’immeubles, ce qui lui rapportera des revenus d’environ 4 millions. Le reste des économies sera des coupes d’environ un million dans le budget qu’elle devait consacrer à l’interne à la recherche de pistes de solutions pour optimiser ses finances.

La résolution adoptée fait valoir que son budget d’environ un milliard est déjà déficitaire de 29,3 millions (et qu’il est d’ailleurs déjà approuvé par le ministère de l’Éducation) et que le retour à l’équilibre est prévu pour 2016-2017.

Il y a quelques jours, la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, avait fait une sortie médiatique pour dénoncer les compressions de 9 millions qu’on lui demandait de faire d’ici la mi-septembre et avait indiqué qu’elle refusait de s’y plier. Selon elle, affaiblie par plusieurs vagues de coupes budgétaires, la CSDM ne pouvait pas en subir davantage sans couper d’importants programmes et services aux élèves.

La vice-présidente de l’Alliance des professeurs, Élaine Bertrand, concède qu’une coupe de « 5 millions est mieux que 9 millions » mais souhaite entendre parler de réinvestissement. « Pour être bien honnête, quand je fais le tour de mes écoles et qu’on leur dit que la CSDM refuse de couper, des enseignants sont soulagés. Mais ça ne fait que reporter les coupes à plus tard et ce n’est rien de rassurant », a-t-elle insisté. « On veut quelque chose à long terme. »

Rentrée mouvementée

Depuis la rentrée, plusieurs commissions scolaires du Québec à qui on a demandé de réaliser des économies d’environ 10 % de leur budget (au total 163 millions pour les 72 commissions scolaires) s’indignent. Elles ont déjà annoncé des coupes dans divers programmes, dont l’aide aux devoirs, l’aide alimentaire, le transport scolaire et divers programmes d’aide aux immigrants ou d’activités physiques (Écoles en forme et en santé).

La séance du Conseil des commissaires de mercredi était la dernière avant le déclenchement des élections scolaires dont le scrutin est prévu pour le 2 novembre. Elle a été l’occasion de plusieurs hommages, de remerciements et d’adieux aux commissaires (ils ne seront plus que 12 à se présenter en plus du poste de la présidence en vertu de la nouvelle carte du territoire) et discours sur l’avenir de la commission scolaire.