Des professeurs rémunérés selon les notes des étudiants?

Les professeurs devraient recevoir des primes en fonction de la performance de leurs étudiants si le système d’éducation canadien veut rester compétitif, selon une étude réalisée par l’Institut Fraser.

 

Le groupe de recherche conservateur et non partisan estime que, comme tous les autres professionnels, les enseignants devraient être récompensés seulement lorsque leur performance le justifie.

 

D’autres pays ont développé des mesures incitatives pour les professeurs, ce qui a eu pour effet d’améliorer les résultats des élèves. Les pédagogues sont actuellement rémunérés en fonction de l’ancienneté et de leurs diplômes.

 

Dans certains cas, ces incitatifs se seraient avérés plus rentables que l’augmentation des budgets globaux en éducation ou la diminution du nombre d’élèves par classe.

 

Le Canada, bien que ses étudiants affichent généralement de bonnes notes par rapport aux autres pays, ne peut se contenter du statu quo, selon l’auteure de l’étude, Vicki Alger. Elle remarque qu’il existe au pays un grand déséquilibre dans les résultats entre les provinces et les territoires, mais surtout entre les Autochtones et les autres Canadiens. « Il faut agir maintenant… Le monde devient de plus en plus compétitif », a-t-elle souligné.

 

La chercheuse mentionne toutefois que ces programmes devraient être élaborés avec la collaboration des enseignants pour déterminer les critères de récompense. « Un débat dont le but ultime serait d’améliorer la performance des étudiants, où l’opinion de tous est considérée, serait déjà un bon début », a-t-elle soutenu. Par exemple, au lieu d’octroyer des hausses salariales à tous, le gouvernement devrait cibler les professeurs qui forment de meilleurs étudiants.

 

Résistance dans le milieu de l’éducation

 

Les syndicats et certains enseignants sont réticents à une telle mesure, notamment parce que tous les autres facteurs qui influent sur la réussite scolaire, comme les conditions socio-économiques des étudiants, ne sont pas considérés dans cette analyse. Selon Wayne Ross, professeur en éducation à l’Université de Colombie-Britannique, cette proposition de l’Institut répand l’idée « qu’une prime va changer la façon dont les gens se comportent et que l’argent en est la motivation principale ».

6 commentaires
  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné 9 septembre 2014 09 h 27

    Oui mais sous réserve !


    En principe, oui, mais dans la mesure seulement où ladite performance, qui est multifactorielle et donc non réductible à une seule et unique mesure, prenne en compte, notamment, les milieux d'origine des étudiant-e-s puisque les milieux défavorisés n'ont pas du tout les mêmes chances au départ que les riches.

    Écolosociétalement,

    Daniel Clapin-Pépin
    Écologiste humaniste altermondialiste coopérativiste postcapitaliste
    Professeur de gestion + éthique + comptabilité environnementales
    Département des sciences comptables
    École des sciences de la gestion
    UQAM

  • Antoine Ezechiel - Inscrit 9 septembre 2014 12 h 01

    Toutes les professions?

    "Le groupe de recherche conservateur et non partisan estime que, comme tous les autres professionnels, les enseignants devraient être récompensés seulement lorsque leur performance le justifie."

    Ridicule et intrinsèquement contradictoire. Bon nombre de professions (ce qui englobe peut-être même la majorité des professionnels) n'offre pas une rémunération reliée à la performance. Dans l'actualité des dernières années, combien de personnes à la performance contestée avons-nous vu bonifiés, primés et récompensés?

    Il va falloir un jour arrêter cette hypocrisie et cette prise de haut envers les gens qui travaillent parfois corps et âme (et parfois pas, certes, comme partout) pour nous offrir les services essentiels (notamment la bouffe, l'hygiène, la santé et l'éducation).

  • Vincent Beaucher - Abonné 9 septembre 2014 17 h 25

    Bon, encore une fois...

    Je souligne d'emblée qu'on ne sait pas s'il s'agit des enseignants du primaires et du secondaire ou des professeurs de l'enseignement postsecondaire.

    Cela dit, si l'idée peut sembler intéressante ou même aller de soi, qu'on cherche de plus à vouloir impliquer lesdits professeurs pour établir un concensus (que de belles intentions...), je n'ajouterai que ceci:

    C'est n'importe quoi.

  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 10 septembre 2014 13 h 13

    Bref, comme à l'Institut Fraser

    À l'Institut Fraser, celui qui forme le pt'i nouveau pour pondre des études en ce sens reçoit une prime pour sa bonne ofrmation.

  • Catherine Cecile DUBUC - Inscrite 10 septembre 2014 13 h 47

    Oui mais

    Pour éviter nivellement à la baisse, faudra que les examens et travaux soient évalués par quelqu'un d'autre que le prof de ces élèves...
    Trop facile à «arranger» autrement, surtout quand il y va de sa job...
    Le ministère lui même a procédé à de tels nivellements pour «arranger les choses»...

    Et si la formation des enseignants redevenait plus sérieuse, difficile, comme il y a 40 ans... Les facs d'éducation sont du nombre des «vaches à lait» des campus, car la formation coûte si peu cher comparé aux facs avec labs coûteux... Alors plus on en gradue, plus ça paye pour les autres ? Pas de nature à renforcer la formation d'un praticien en éducation, ça !
    Québec

    • Simon Chamberland - Inscrit 10 septembre 2014 16 h 41

      Avez-vous des preuves pour étayer vos propos au sujet de la formation des enseignants ?