Une étude donne raison aux carrés rouges

Selon les chercheurs, les résultats de l’étude montrent que la hausse des droits de scolarité est une avenue qui doit être écartée pour mieux financer les universités.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon les chercheurs, les résultats de l’étude montrent que la hausse des droits de scolarité est une avenue qui doit être écartée pour mieux financer les universités.

Une nouvelle étude déboulonne la « croyance » de certains commentateurs et donne raison aux «carrés rouges» : les droits de scolarité élevés réduisent bel et bien l’accès aux études universitaires. C’est du moins la conclusion que tire un groupe de chercheurs dirigés par Pierre Doray, professeur de sociologie de l’UQAM, après avoir analysé sur une longue période (1946-2011) l’effet des fluctuations des droits de scolarité sur différentes catégories d’étudiants en Ontario et au Québec.

 

Tous ne sont toutefois pas touchés de la même façon. Et même si l’effet global est faible (pour chaque tranche de 1000 $ d’augmentation, le risque de ne pas poursuivre des études universitaires augmente en moyenne de 3 %), « il cache des situations contrastées en fonction des catégories sociales », soulignent les quatre chercheurs de l’étude.

 

Selon l’étude obtenue par Le Devoir, tant en Ontario qu’au Québec, les jeunes de première génération universitaire (dont aucun des parents n’a fait des études supérieures) sont parmi les plus vulnérables et, en moyenne, le risque qu’ils ne poursuivent pas d’étude est augmenté de 19 % pour chaque tranche de 1000 $ de hausse. Même s’ils ont souvent déjà connu une expérience de travail et sont donc plus susceptibles d’avoir les moyens financiers de fréquenter l’université, les étudiants les plus âgés (plus de 25 ans) sont aussi parmi les plus touchés en cas de hausse. « Au Québec, on a beaucoup de ces étudiants-là, fait remarquer M. Doray. Et dans les années 1990, on le voit, beaucoup d’entre eux ont décidé d’arrêter leurs études après la hausse des droits de scolarité. »

 

L’impact des droits de scolarité varie même selon le groupe linguistique. « En moyenne, chaque hausse de 1000 $ réduit de 10 % les chances d’accéder à l’université chez les francophones du Québec et de 28 % chez les francophones de l’Ontario », nous disent les chercheurs. En revanche, les anglophones des deux provinces ne semblent pas particulièrement touchés par une augmentation de la facture étudiante. Pourquoi ? « Parce qu’ils sont mieux nantis ou parce que l’expérience collective, la culture de l’université est plus importante, donc ils seraient prêts à investir davantage, mais on ne sait pas si leur endettement les pousse à abandonner leurs études davantage », avance M. Doray.

 

Des économistes ont tort

 

« Sur le plan du débat public, notre recherche montre clairement que penser que l’augmentation des droits de scolarité n’a pas d’effet sur l’accès est une idée qui relève de l’ordre de la croyance », écrivent les chercheurs.

 

Certains économistes étaient pourtant arrivés à cette conclusion en voyant que le Québec connaît un taux de fréquentation universitaire moyen alors que ses droits de scolarité sont pourtant parmi les plus bas, tandis qu’en Ontario, la fréquentation est très grande même si les droits de scolarité sont parmi les plus élevés.

 

Trop facile, rétorque Pierre Doray. « En faisant cela, on en reste à des généralités et on ne tient pas compte des autres facteurs qui interviennent et qui différencient les deux provinces. »

 

Premièrement, l’immigration est un facteur qui peut venir fausser cette corrélation faite par certains. Car les immigrants choisissent davantage l’Ontario que le Québec, et cela se reflète dans la population étudiante. Or, pour ces immigrants, qui au Canada sont largement sélectionnés sur la base de leurs diplômes de leurs qualifications, le prix des études est moins un frein.

 

Deuxièmement : en Ontario, la croissance des effectifs universitaires suit la croissance du poids générationnel. Or, les jeunes de la tranche d’âge 18-24 ans sont proportionnellement plus nombreux en Ontario. Au Québec, le poids de cette génération a diminué dans le temps, et les universités sont allées recruter en grande proportion d’autres étudiants, notamment des plus âgés ou ceux dont les parents n’ont pas fréquenté l’université (première génération). Ils sont plus difficiles à recruter, et cela peut expliquer le taux de fréquentation moyen, explique Pierre Doray, rappelant que les droits de scolarité ne sont pas le seul facteur qui influe sur l’accès.

 

Une étude inédite

 

D’où l’intérêt des chercheurs d’étudier l’impact d’une hausse sur plusieurs catégories de personnes, ce qui apparaît d’ailleurs comme inédit. Ceux-ci ont bien pris soin de différencier les immigrants, qui n’avaient pas habité ou fait leurs études dans l’une des deux provinces, pour mieux mesurer l’impact réel des politiques publiques, comme la hausse des droits de scolarité.

 

Leurs analyses ont également tenu compte du boom de fréquentation engendré par la démocratisation de l’éducation pendant les années 1960 et la Révolution tranquille, qui n’est pas nécessairement lié au coût des études. L’originalité de l’étude des chercheurs tient à son caractère historique et longitudinal (les données couvrent une période de 65 ans). Plus la « fenêtre » d’observation est grande, plus il est possible d’évaluer le poids réel d’une hausse, d’une diminution ou d’un gel des droits de scolarité en fonction des autres déterminants.

 

En outre, selon ces chercheurs, les résultats de l’étude montrent clairement que la hausse des droits de scolarité est une avenue qui doit être écartée pour mieux financer les universités. « D’autres outils plus simples et équitables devraient être explorés. Par exemple, un système d’imposition réellement progressif », croient-ils.

70 commentaires
  • Roland Guerre - Inscrit 2 septembre 2014 01 h 12

    Une confirmation

    Le mouvement étudiant est justifié. Le printemps érable acquiert ainsi de nouvelles lettres de noblesse. Les associations étudiantes, les citoyens, pourront s'appuyer sur cette étude pour combattre les projets de hausse, refuser les mauvais chemins empruntés (modération de la hausse, accompagnée d'une réduction des aides sociales), affirmer le devoir des politiques : favoriser l'accès à l'université.

    • Roger Gauthier - Inscrit 2 septembre 2014 08 h 01

      À ceux qui considèrent le mouvement des Carrés Rouges comme une grande victoire, il serait bon de rappeler que le Québec sera pour quatre années sous un gouvernement Libéral encore plus fort qu'au début du Printemps Érable.

      Si les Carrés Rouges ne s'étaient pas aliénés la majorité de la population, il est fort probable que les Péquistes auraient été élus majoritaires à l'élection qui a suivi leur mouvement.

      Les Carrés Rouges ont discrédité de manière importante les mouvements de gauche, en leur donnant une image d'enfants gâtés jouant à Mai 68.

      Ce n'est pas une petite étude en leur faveur qui va changer quoi que ce soit, puisque cent autres études arrivaient déjà à des conclusions semblables ou différentes.

    • Moustapha Knydr - Inscrit 2 septembre 2014 09 h 42

      @Maxime Denis : Ce que vous décrivez comme la désapprobation de la "population" à l'égard du mouvement étudiant est en grande partie dû à la couverture médiatique majoritairement de droite du printemps érable. Tout a été fait pour discréditer les carrés rouges, et ça a plutôt bien fonctionné. Comme bien d'autres l'ont dit, il n'y avait que peu de relation entre ce qui se passait dans la rue et ce qui en était rapporté. La "population" a bien été manipulée par les grands groupe de presse (Péladeau et autres).

      Quant au retour des libéraux, il doit quand-même beaucoup à l'incurie du gouvernement Marois.

    • François Paquin - Inscrit 2 septembre 2014 09 h 46

      "Les Carrés Rouges ont discrédité de manière importante les mouvements de gauche, en leur donnant une image d'enfants gâtés jouant à Mai 68."

      Ce sont les Carrés rouges qui se sont discrédités en se donnant eux-même une image d'enfants gâtés?

      Ah bon, je croyais que c'était les commentateurs à la sauce néolibérale ou conservatrice, majoritairement dominant dans le discours public médiatique, et les libéraux qui s'étaient évertués à donner cette image d'enfants gâtés afin d'arriver à leur fin (la hausse)...

    • Jean Richard - Abonné 2 septembre 2014 10 h 19

      @Maxime Denis – L'écart idéologique qui sépare le PLQ du PQ n'est pas très grand. Mettons de côté la question nationale et l'écart se réduit à presque rien. Aux dernières élections, le Québec a voté au centre – et c'est au centre que le PLQ et le PQ se rejoignent.

      Par ailleurs, c'est à Montréal que les carrés rouges ont fait le plus de bruit (normal car c'est là que se retrouve concentrée une bonne proportion de la population étudiante). Or, c'est à Montréal que la gauche politique a le plus progressé, ajoutant un troisième député à l'Assemblée nationale.

      Mais attention : les carrés rouges ne sont pas systématiquement associés à la gauche, bien au contraire. Leurs manifestations ont été plus souvent qu'à leur tour perçues comme des mouvements de foule et non pas des exercices de véritable solidarité sociale.

      Enfin, pour revenir à la défaite du PQ, un certain projet de charte, beaucoup plus à droite qu'à gauche (on a souvent comparé le PQ et le parti de M. Le Pen en France) pourrait avoir contribué à sa défaite. Alors, est-ce que le Québec a fait un virage à droite pour suivre le PQ et son nationalisme de droite ? Non ! Ce projet de charte, en faisant autant de bruit, a aussi contribué à détourner l'attention, des fois qu'il pourrait y avoir une onde de ressaut du printemps érable.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 2 septembre 2014 10 h 30

      C'est de la malhonnêteté intellectuelle crasse que de comparer le projet de charte du PQ au FN.

      L'interdiction des symboles religieux au travail a même l'appui de la communauté juive française, ça vous montre à quel point la comparaison au FN est insultante et malhonnête.

      http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

      Le recours à la désinformation a lourdement entaché la crédibilité des anti-charte et ça continue même une fois le projet mis sur une tablette.

    • Mario Gauthier - Inscrit 2 septembre 2014 10 h 34

      À monsieur Denis,

      Il me semble que vous oubliez un élément important dans votre critique du Printemps Érable et de ses effets, à savoir que les médias, grands faiseurs ou destructeurs d'image, y sont un peu beaucoup pour quelque chose dans cette "aliénation" de la perception de ce mouvement par la population.

      Et en ce qui concerne le discrédit de mai 68, les probables élections du PQ, etc. ce sont des hypothèses qui me semblent assez subjectives.

      D'une part, je ne suis pas du tout certain que le PQ auraient obtenu la majorité des suffrages "n'eut été de ...." car ça a toujours été un combat de tout les instants pour ce parti que de ralier la population à sa vision d'un "pays" (veut-veut pas?). Des dissensions existent depuis bien trop longtemps en son sein pour qu'il puisse renvoyer à la population l'image d'un parti uni et porteurs de véritables changements sociaux. En ce qui concerne mai 68, supposer que tel fut l'effet pervers du Printemps Érable est pour le moins réducteur car les français eux-mêmes se sont maintes fois chargé (avec succès) de déboulonner leur mythique "mai 68".

      Enfin, LA chose qu'il est difficile de ne pas concéder à ce mouvement et qui lui donne, selon moi, ses véritables lettres de noblesse est avoir tenté de conscientiser le peuple québécois à un enjeu maintes fois dénoncé par le passé et qui, depuis, continue de s'accentuer: l'écart entre les classes sociales.

      Il y a aussi qu'is ont eu, eux, le courage d'avoir tenté quelque chose. Toutes les générations ne peuvent pas se vanter d'en avoir fait autant.

    • Christian Fleitz - Inscrit 2 septembre 2014 10 h 52

      @ Maxime Denis- Je ne sais pas si vous avez raison, mais le mouvement des ''carrés rouges'' n'est qu'une version très édulcorée de ce qu'était Mai 68 en Europe, en France, en particulier. Les conséquences de ''Mai 68'' ont eu des prolongements qui dépassaient largement le monde étudiant : c'était une remise en question totale et violent de la société qui a modifié profondément la vie socio-politique, renforçant des concept jusque là marginaux tels l'autogestion et la nécessité écologique. Pour le reste, deux citations de Condorcet : ''Il serait donc important d’avoir une forme d’instruction publique qui ne laissât échapper aucun talent sans être aperçu, et qui lui offrît alors tous les secours réservés jusqu’ici aux enfants des riches.'' et ''Plus un peuple est éclairé, plus ses suffrages sont difficiles à surprendre ... même sous la constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave''.
      Les tenants d'un enseignement supérieur couteux ne peuvent que vouloir pérénniser la domination de la classe des possédants sur les autres : c'est le contraire de l'égalité qui laisse aux talents seuls la possibilité d'être valorisé sans contrainte de fortune. Ainsi, la société est gagnante. Enfin, dans un systéme d'équité face à l'impôt, peu importe la gratuité de toutes les études, plus celles-ci sont ''pointues'' et plus elle permettent l'accès à des professions mieux rémunérées, donc plus productives en matière d'impots. Mais de telles évidences ont du mal à émerger parmi les intoxiqués par l'idéologie néolibérale. De plus, dans une société dans laquelle les statistiques donnent près de 50% d'illettrés fonctionnels, ces considérations relèvent malheureusement davantage de la concertation entre initiés que du débat démocratique.

    • Roger Gauthier - Inscrit 2 septembre 2014 11 h 19

      @Jean Richard

      "Or, c'est à Montréal que la gauche politique a le plus progressé"

      Comparé aux élections de 2012, Québec Solidaire a gagné 1,6% d'électeurs supplémentaires, et un comté de plus en battant les Péquistes dans le comté de Saint-Jaques.

      Pendant ce temps, le Parti Libéral gagnait 10% des voix et 21 comtés. Sans oublier que la mairie de Montréal est maintenant aux mains de Coderre, un autre Libéral.

      Si c'est ce que vous appelez une victoires encourageante pour la gauche et Québec Solidaire, je ne sais pas trop quoi vous dire.

    • Roger Gauthier - Inscrit 2 septembre 2014 15 h 37

      @Tous ceux qui disent que c'est la faute des médias que les Carrés Rouges sont mal vus (Moustapha Knydr, François Paquin, Mario Gauthier)

      Durant la Crise du Printemps Érable, dans tous les grands médias Montréalais, il y a avait des journalistes pour appuyer les Carrés Rouges.

      Si les Carrés Rouges n'ont pas été capable de mettre la majorité des médias et du public de leur bord, c'est que leurs stratégies de communication étaient inadaptées au conflit.

      Comme je l'ai dit au départ, les étudiants ont agis comme s'ils étaient en mai 68. Le contexte de cette époque ne correspond pas aux enjeux d'aujourd'hui, et les méthodes qui fonctionnaient alors ne s'appliquent plus.

      Il y a une limite à toujours mettre les échecs de la gauche sur les gens de droite. Les débats de société, c'est comme dans les sports: Si votre technique de jeu est mauvaise, ne vous attendez pas à ce que l'équipe adverse compte dans son propre but pour vous faire plaisir.

      Imaginez si les Français de 1789 avaient attendu l'approbation du Roi pour faire la révolution...

    • François Paquin - Inscrit 3 septembre 2014 11 h 15

      Le discours des carrés rouges a eu de la difficulté à faire sa place dans l'espace médiatique. Est-ce que leur stratégie de communication était inadapté? Peut-être bien.

      Je me souviens par contre qu'il y a eu tellement de diversité dans les actions et manifestations posées. La forme s'est rendu dans les médias, mais pas le fond. Pourtant, au sein du mouvement, le fond était le coeur des préoccupations, et ce n'est pas les essais de le faire ressortir médiatiquement parlant qui ont manqué. Mais a-t-on fait assez de place au fond?

      Je me questionne à savoir quelles autres stratégies, plus efficaces, aurait-il pu être utilisées?

      Il faut garder en tête la subjectivité des médias: choisir de traiter d'un sujet et pas d'un autre est subjectif.

      p.s. L'IRIS a fait une "étude" sur le poids médiatique des discours entourant une hausse des frais de scolarité (pour ou contre), qui démontre le débalancement préavalant, essentiellement pour. (aller chercher l'étude sur leur site).

  • Carole Dionne - Inscrite 2 septembre 2014 02 h 41

    C'est un faux problème

    Qu.il réduise l'accès soit, mais même si on avait que des universitaires dans notre société, on ne leur trouverait pas d'emploi et seraient surformés. L'augmentation confirme que des frais un peu élevé joue le rôle de sÉlection. Si on n'en veut pas, que l'on introduise des examens de sélection.

    • Robert Lauzon - Abonné 2 septembre 2014 07 h 46

      La sélection ici, c'est de l'élitisme. Avec cela, les riches seront plus riches encore et les pauvres de plus en plus pauvres. Toute une société en perspective.

    • Bernard Plante - Abonné 2 septembre 2014 07 h 50

      Réduire l'accès et sélectionner sur la base des revenus serait ainsi un faux problème?

      Belle vision néolibérale. Merci pour le retour aux années 1950! On croyait que le Québec avait évolué avec la Révolution tranquille mais il semble bien qu'il ne faille rien prendre pour acquis. Visiblement certains n'ont encore rien compris.

    • Nicolas Bouchard - Inscrit 2 septembre 2014 08 h 03

      « Sur-formé »? Ceci est une vision où chaque formation doit mener vers un emploi spécifique sinon on est « sur-formé » ou "sous-formé". L’uniformisation des gens et des têtes.

      J'ai fait un baccalauréat en histoire, je ne travaille pas dans ce domaine et pourtant, aucun de mes supérieurs ne m’a jamais dit que j’étais « sur-formé ». Au contraire, ils apprécient ma capacité de raisonnement, mes connaissances historiques et sociologiques élargies aidant ma prise de décision et ma compréhension approfondie des langues grâce à mes années de grecque et de latin.

      « Sur-formé » vous dites? Je vais commencer à le prendre comme un compliment car mes supérieurs ne cessent de me dire qu’ils aimeraient plus d’employés comme moi !

      Nicolas B.

    • Olivier Laroche - Inscrit 2 septembre 2014 08 h 08

      D'accord pour des examens de sélection.

    • François Genest - Inscrit 2 septembre 2014 08 h 24

      Bien que je souscrive pas à ce point de vue, je suis bien familier avec la théorie sociale à laquelle Mme Dionne semble être sensible. Il s'agit de l'organisation scientifique du travail, dont la base théorique a été établie par l'économiste Vilfredo Pareto, puis développée par Taylor, Drucker et Ohno. Selon ce paradygme, les individus trouvent leur utilité optimale lorsqu'ils sont employés à leur pleine capacité au sein de la société des organisations. Une organisation doit se concentrer sur une seule activité et veiller à ne pas donner plus que ce que requiert le point d'équilibre du marché. Un employé qui ne trouverait pas de position à son niveau de formation serait donc bel et bien «sur-formé». Les universités devraient donc augmenter le prix des formations pour s'assurer que les individus achètent les formations appropriées au marché.

    • France Martin - Abonnée 2 septembre 2014 09 h 23

      Quelle vision erronée d'une société heureuse. Car, pour moi, c'est d'abord le bonheur que tous cherchent et devraient trouver. On n'arrête pas de dire aux jeunes:poursuis ton rêve. Comme enseignante, je disais aux parents qui pensaient que ce n'était pas grave de ne pas réussir à l'école puisqu'eux même gagnaient bien leur vie,qu'il fallait la voie la plus large possible pour avoir LE choix. J'ai jamais osé leur demander s'ils étaient heureux, surtout quand certaines fois je les savais aux prises avec alcool et drogues. Bien sûr, leurs enfants faisaient souvent partie de ceux qui seraient ''sélectionnés''pour renoncer à leurs rêves. Il faut que la société ouvre grandes les voies possibles pour tous ses enfants. Nous en ferons des travailleurs compétants et heureux, donc efficaces. Secondaire V, étude d'un métier, université, à chacun sa place CHOISIE par l'intéressé et non par les intérêts d'un système.

    • Marc Davignon - Abonné 2 septembre 2014 09 h 50

      Faux raisonnement.

      Vous confondez formation et instruction. Votre formation ne vous a pas aidé a en faire la distinction. La formation c'est du savoir, comprendre notre savoir c'est la connaissance et cela, c'est l'instruction qui aide à faire cela.

    • Arthur Bradley - Inscrit 2 septembre 2014 12 h 18

      Bonjour M. Bouchard, personne ne vous a dit que vous étiez sur-formé simplement car ce n'est pas le cas. Ce n'est pas 90 crédits universitaire en science molle donne ce résultat. Tout ce que ça donne, c'est un sentiment de supériorité face à ses collègues qui n'ont pas eu besoin de faire 3 ans d'études pour faire le même emploi même si de toute évidence leur capacité d'analyse est beaucoup moindre que la vôtre... Rarement lu un commentaire suffisant comme ça.

    • Hélène Paulette - Abonnée 2 septembre 2014 15 h 13

      @Bradley, je ne vois aucune suffisance dans le commentaire de Bouchard. Que de l'arrogance de votre part face aux ''sciences molles''... Quel mépris! Un reliquat du printemps érable sans doute....

    • Cyril Dionne - Abonné 2 septembre 2014 17 h 41

      Ce n'est pas une question d'être surformée ou le contraire, il s'agit bien des besoins sociétaux. Combien de philosophes, de sociologues, d'ingénieurs, d'avocats, d'enseignants, de médecins etc. a-t-on besoin pour répondre à nos besoins ?

      Ce qui m'agace dans cette étude, est le fait qu'on compare l'augmentation des frais de scolarité du Québec avec ceux de l'Ontario et qu'on arrive à cette conclusion de frais de scolarité trop élevés au pays de Gilles Vigneault. Les frais de scolarité en Ontario sont trois fois supérieurs à ceux du Québec. Or, les économistes n'ont pas tellement tord puisque la fréquentation est très grande en Ontario même si les frais de scolarité sont parmi les plus élevés au Canada, sinon les plus élevés. Les facteurs comme l'immigration (le Québec, en proportion, compte le même nombre d'immigrants que l'Ontario) et le poids générationnel ne sont pas assez importants pour jouer dans le facteur décisionnel de fréquenter une université ou non si on compare les deux provinces. Il s'agit plutôt de l'importance que l'on donne à l'éducation au Québec (facteur culturel) par rapport aux autres provinces.

      Il y en a quelques-uns qui seront peut être influencés par le prix à payer pour une éducation postsecondaire au Québec comme dans les autres provinces, mais la plupart des gens comprennent que c'est un investissement personnel qui durera toute une vie. Alors, il s'agit bien plus de valeurs sociétale et culturelle que de facteur économique.

      Et non, les carrés rouges n'avaient pas raison.

  • Yves Côté - Abonné 2 septembre 2014 04 h 16

    Merci !

    N'importe quel jeune qui connaît la pauvreté, ou moins jeune qui se rappelle l'avoir connu, n'a pu qu'en constater la chose depuis longtemps...
    Merci à Monsieur Doray, à ses chercheurs associés et à l'UQUAM, pour leur honnêteté intellectuelle.
    Nous avançons.
    Lentement sans doute, mais tout de même, nous avançons...

  • Maxime Raymond Dufour - Abonné 2 septembre 2014 06 h 18

    Ça ne change rien

    J'attends les propos de certains habitués de la section commentaire du Devoir qui vont nous expliquer que « des journalistes sérieux ne devraient pas promouvoir la "violence" et l'"intimidation" », ou encore que « certaines études ne servent à rien et tant mieux s'il y a moins d'étudiants ».

    Malheureusement, beaucoup (trop) de mes compatriotes interviennent dans le débats public sur la base de leur foi... Et on ne peut pas discuter avec les gens qui ont la foi.

  • Chantale Desjardins - Inscrite 2 septembre 2014 07 h 06

    On est loin de la gratuité scolaire du rapport Parent

    La gratuité scolaire est une farce. A l'élémentaire, les parents doivent débourser une moyenne de $300.00 comprenant matériel scolaire, souliers, uniformes, activités. Déjà on commence à payer jusqu'à l'université. Des étudiants universitaires sont endétés de $10 000.00 à $30 000.00 après leurs études. C'est mal commencé une vie active quand on doit rembourser des montants aussi élevés. Les étudiants avaient donc raison de manifester mais on semble ignorer leurs revendications sérieuses.

    C'est plus important investir dans le plan Nord... Vive l'économie libérale...

    • Paul Gagnon - Inscrit 2 septembre 2014 11 h 46

      Nous ne sommes plus, également, durant les "trente glorieuses"!

      Mais, heureusement, nous ne sommes pas encore en "Grèce"...