Un nouveau projet-pilote supprime les devoirs au primaire

Les devoirs à la maison sont de plus en plus remis en question.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Les devoirs à la maison sont de plus en plus remis en question.

Des élèves d’une école du Saguenay–Lac-Saint-Jean peuvent s’attendre à disposer d’un peu plus de temps libre au cours de l’année scolaire qui vient de s’amorcer.

 

Dans le cadre d’un projet-pilote, les devoirs ont été bannis dans un établissement scolaire de la municipalité de Saint-Ambroise, une règle qui s’applique à toutes les classes.

 

Les 339 enfants fréquentant le Collège de Saint-Ambroise/Bon Pasteur vivront cette expérience pendant un an.

 

La porte-parole de la Commission scolaire De La Jonquière, Marie-Ève Desrosiers, a indiqué que son organisation veut voir si la mesure va avoir un impact positif sur les résultats scolaires.

 

Elle a précisé que les enseignants auront, cependant, le droit de donner des leçons à leurs élèves, mais qu’il n’y aura pas, par exemple, « quatre pages de problèmes mathématiques ». « Le tout s’appuie sur des recherches démontrant que le moment des devoirs devient de plus en plus difficile, a dit Mme Desrosiers en entrevue. Souvent, les enfants sont à la garderie de 7 h à 17 h, et plusieurs familles trouvent le tout de plus en plus difficile, alors nous avons décidé de l’essayer à notre école. »

 

La fin des devoirs ?

 

Cette expérience ne sera pas une première. Une école de Barrie, en Ontario, avait adopté la même ligne de conduite en 2008, et a constaté que les notes des élèves avaient augmenté.

 

En Europe, le président français François Hollande a jonglé avec l’idée d’une interdiction nationale en 2012, tandis que les écoles allemandes ont elles aussi dit adieu aux devoirs. Etta Kralovec, professeure à l’Université de l’Arizona et l’auteure de The End of Homework, soutient que les élèves du primaire sont souvent si occupés par les devoirs qu’ils n’ont pas le temps de participer à des activités scolaires, voire même de jouer. « Les études révèlent clairement qu’il n’y a pas d’avantages au primaire, dit Mme Kralovec. Au secondaire, c’est un peu plus compliqué. »

 

Certains parents canadiens semblent eux aussi sceptiques sur le sujet. Une étude réalisée en 2008 à l’Université de Toronto, portant sur des familles ontariennes et du reste du pays, a permis de déterminer que plusieurs parents « n’étaient pas certains de l’effet positif des devoirs sur la réussite scolaire ».

 

Selon Mme Desrosiers, la décision de faire disparaître les devoirs a été bien accueillie par les parents, bien que certains craignent de ne plus être aussi impliqués dans le processus d’apprentissage de leurs enfants. Pour la porte-parole, cela n’est cependant pas le cas. « Il y aura également un cahier d’exercices pour que les parents puissent suivre ce que les élèves font. »

3 commentaires
  • Denise Lauzon - Inscrite 2 septembre 2014 09 h 37

    Bonne initiative

    Très peu d'adultes apportent du travail à la maison. Pourquoi impose-t-on cela aux jeunes du Primaire? Les travaux scolaires à la maison engendrent un énorme stress pour les parents et les jeunes.

    • Jean Richard - Abonné 2 septembre 2014 12 h 23

      L'école doit-elle copier le modèle du milieu du travail : heure de rentrée, heure de la pause-café (encore appelée récréation à l'école), heure de dîner et heure de sortie, devant faire un total de 37,5 heures et demie par semaine selon une convention collective ? Avec, j'oubliais, interdiction d'apporter du travail à la maison...

      Notre modèle du milieu de travail pourrait avoir contribué à ce qu'on appelle le purgatoire du travail. Veut-on à tout prix que l'école soit perçue par les élèves également comme un purgatoire ? Elle l'est déjà pour nombre d'entre eux...

      Il y a place pour une remise en question de la formule actuelle des devoirs et des leçons, mais ça ne doit pas signifier que l'on inculque aux enfants une culture de l'apprentissage du savoir avec un horaire précis et dans un cadre précis, celui de l'école. On ne coupe pas le courant parce que la cloche de 15 heures 40 a sonné.

  • Réjean Blais - Inscrit 2 septembre 2014 10 h 53

    Supprimer les devoirs ou exacerber les inquiétudes de nombreux parents ?

    Comme beaucoup d'autres, j'ai été surpris quand le collège de St-Ambroise-Bon-Pasteur (primaire) a lancé sa bombe : plus de devoirs donnés aux enfants durant la prochaine année scolaire.

    Ayant, non loin de chez moi, deux nièces avec des enfants au primaire, dont l'une s'inquiétant plus que l'autre des résultats de sa fille à l'école, les devoirs constituaient pour elles une manière rapide et efficace d'avoir un oeil sagace et intéressé sur le cheminement de leurs enfants dans les divers apprentissages faits à l'école durant le jour et, au besoin, de les aider quand ils éprouvaient des difficultés. Ce regard des parents sur les matières scolaires par le biais des devoirs, le seul lien quotidien avec les facilités ou difficultés d'apprentissage de leurs enfants, va disparaître, au profit, dit la porte-parole de la commission scolaire (CS), d'un cahier d'exercices (?!?), probablement nouveau genre et fait maison. Que contiendra ce nouvel outil ? Mystère et boule de gomme. Par contre, le suivi parental quotidien sur les études de son ou de ses enfants par le biais de petits devoirs vite complétés (c'est sûr qu'il y a des parents trop occupés pour veiller quotidiennement sur le developpement intellectuel et physique de leurs enfants, donc la disparition des devoirs, qui leur laisse plus de temps libre pour faire autre chose, est un excellent baume), lui, disparaît et c'est cela qui me turlupine et me désoriente.

    Si un ou une élève éprouve des difficultés graves, sera-t-il laissé pour compte au profit, ce qu'on oublie de dire, d'un passage déjà automatiquement décidé d'une année à l'autre au Québec, même s'il échoue dans tout, les parents étant déjà rassurés puisque leur enfant gradue sans peine à la fin de l'année ? Je suis sceptique à plus d'un titre.

    Supprimer le devoirs ou en donner un seul par jour, d'au plus 20 ou 30 minutes ? J'attendrai les résultats de ces mêmes enfants à la fin de l'expérience, mais pour constater leur progrès dans chaque matière, il f