Le déclin attendu ne s’avère pas

Sans surprise, les collèges de la région montréalaise et ses couronnes connaissent généralement des hausses de fréquentation.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Sans surprise, les collèges de la région montréalaise et ses couronnes connaissent généralement des hausses de fréquentation.

On le prédit depuis longtemps, mais le déclin de la clientèle au cégep ne s’avère toujours pas : les inscriptions sont légèrement plus élevées (0,7 %) que l’an dernier, selon les données préliminaires de la rentrée.

 

La Fédération des cégeps attribue cette stagnation somme toute encourageante à l’augmentation de la diplomation au secondaire (66 % des jeunes inscrits proviennent du secondaire, contre 64 % l’an dernier) et à l’offensive des cégeps pour recruter des jeunes au secteur technique.

 

Ainsi, 178 546 étudiants, dont 79 010 de nouveaux inscrits, sont depuis lundi sur les bancs des quelque 48 cégeps publics du Québec, soit à peine plus que l’an dernier. Le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, reconnaît que les nouvelles données font mentir les prédictions du ministère de l’Éducation, qui prévoit depuis plusieurs années une diminution des effectifs étudiants, mais allègue que c’est « circonstanciel ». « Cela ne fait que retarder le processus, et non l’éliminer par enchantement », a-t-il dit, laissant entendre que tôt ou tard le déclin viendra.

 

Sans surprise, les collèges de la région montréalaise et ses couronnes (Laval, Montérégie) connaissent généralement des hausses de fréquentation alors que les diminutions de clientèle se produisent en région, comme en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord et en Mauricie (qui connaît la pire baisse, soit 4 %). Toutefois, on ne saurait généraliser : les cégeps du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent connaissent une légère hausse de leurs inscriptions et en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, elles sont en hausse de 3,9 %, soit la plus importante augmentation.

  

Moins de techniques

 

Comme à l’habitude, les programmes pré-universitaires et ceux du secteur technique sont toujours à égalité, les premiers étant presque aussi choisis (47,2 %) par les élèves que les seconds (46,7 %). Enfin, 6,1 % des étudiants sont inscrits en Tremplin DEC, c’est-à-dire qu’ils ont été acceptés au cégep bien qu’ils n’aient pas tout à fait terminé leur diplôme d’études secondaires. Cette augmentation — ils étaient moins de 5 % il y a quatre ans — doit être saluée, croit M. Beauchesne. « C’est important de ne pas juger l’étudiant qui arrive et qui n’a pas tous les prérequis et qui n’est peut-être pas tout à fait prêt. On les prend comme ils sont, car l’important est qu’ils restent accrochés aux études et qu’ils continuent ».

 

Les programmes les plus populaires demeurent Sciences humaines et Sciences de la nature au secteur pré-universitaire et Soins infirmiers et Techniques de comptabilité et de gestion pour les techniques. Les filles (57,8 %) sont toujours plus nombreuses que les garçons (42,2 %) sur les bancs des collèges, mais ces derniers se rattrapent, et l’écart est moindre qu’il y a quelques années. « Il y a eu un retour en force des équipes sportives, et quelques-unes ont contribué à rattacher nos garçons », constate M. Beauchesne, citant l’exemple du cégep de Thetford Mines qui a connu un regain de popularité après avoir formé une nouvelle équipe de football. « Il faut bien trouver des solutions pour nos garçons. »


 
7 commentaires
  • Michel Milot - Inscrit 26 août 2014 07 h 46

    Nos étudiants ne sont pas des clients!

    il faut saluer l'intérêt des jeunes envers les cégeps, certes, mais il importe de dire que nos étudiants ne sont pas des clients! Difficile de modifier les habitudes, mais c'est important! La marchandisation à tout vent ne doit pas avoir raison de la parole. Merci de faire attention la prochaine fois.

    • John Patrick - Inscrit 26 août 2014 15 h 09

      Les étudiants du CÉGEP sont des clients. Ils paient et on paie pour eux aussi. Le concept de marchandisation n'a absolument aucun rapport avec le sujet. En tant que clients d'un CÉGEP, ce sont le droit des clients de demander certains services. Ignorer les concepts de bases économiques ne changent rien aux faits qu'ils existent. Si les CÉGEPs ne répondent pas aux besoin des étudiants et qu'ils ne s'adaptent pas aux réalités et à leurs buts, à quoi servent-ils?

      De croire que les cégep, particulièrement les techniques, ne servent pas au marché du travail, c'est se mettre la tête dans le sable.

    • Roger Gauthier - Inscrit 26 août 2014 19 h 54

      "La marchandisation à tout vent ne doit pas avoir raison de la parole"

      Généralement, ce sont les pays avec le plus de marchandisation qui offrent le plus de liberté de parole.

      La nourriture est une marchandise, elle est pourtant essentielle à chaque être humain, même à chaque être vivant.

      Qui vous a fait croire que les choses importantes n'avaient pas de prix?

    • Bertrand Guibord - Inscrit 26 août 2014 20 h 46

      L'éducation est un service public et un droit, non pas une marchandise. C'est la raison pour laquelle le terme "client" n'est pas pertinent, et doit être évité. Les étudiant(e)s sont client(e)s de leur épicier, de leur fournisseur de téléphone cellulaire, de leur dépanneur - mais certainement pas de leurs professeur(e)s!

  • Leclerc Éric - Inscrit 26 août 2014 09 h 15

    Il y a déclin

    Dans beaucoup de cégeps en régions une baisse appréciable est enregistrée, alors que dans de très rares cas il y a hausse importante grâce au mini baby-boom d'il y a quelques années.

    Exemple, à Thetford le cégep enregistre un "record" d'inscriptions aux dires de la direction. Mais... cette nouvelle vague d'étudiants arrive 18 ans après le début d'une longue série d'années de vaches très maigres.

    À l'heure où ont se parle le cégep situé en région éloignée, avec les déboires de son principal employeur (industrie de l'amiante) et une stagnation marquée de sa population à partir de 1975 serait fermé, si de nouveaux programmes n'y avaient pas été implantés.

  • Michel Paquette - Inscrit 26 août 2014 19 h 25

    Le client a toujours raison ?

    Je n'aime pas non plus qu'on désigne les étudiants comme des "clients". Pour que les institutions d'enseignement exercent leur responsabilité de sanctionner les études ou tout simplement pour qu'un professeur puisse avoir l'autorité de corriger les copies de ses étudiants, il faut reconnaître que l'étudiant n'a pas toujours raison. L'approche-client part du principe que le client a toujours raison. Dans une économie de marché, c'est peut-être un bon principe; dans le monde de l'éducation il est ruineux.

  • Loyola Leroux - Abonné 28 août 2014 17 h 52

    Double DEC, il faut en tenir compte

    Les statistiques ne tiennent pas compte des étudiants qui entreprennent un 2e DEC. Il font augmenter le nombre d'étudiants.