La FEUQ ne renonce pas au gel

La fédération participera à la commission sur la fiscalité.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La fédération participera à la commission sur la fiscalité.

Le gel des droits de scolarité reste une revendication prioritaire de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), même si elle mise sur une modernisation de l’aide financière aux études dans sa campagne annuelle, a confirmé son président, Jonathan Bouchard, au Devoir lundi.

 

« Chaque fois que nous rencontrons le gouvernement et l’opposition officielle, c’est un message qu’on martèle. Ce n’est pas parce que ce n’est pas le sujet de notre campagne annuelle que nous ne continuerons pas de lutter pour le gel », a nuancé M. Bouchard, en rappelant que toutes ces mesures ont un même objectif : assurer l’accessibilité aux études universitaires et limiter l’endettement étudiant.

 

L’organisation, qui compte plus de 125 000 membres, ne serait pas prête à accepter un dégel en échange d’une bonification de l’aide financière aux études. « Ce n’est pas dans nos plans actuels et ne risque pas de le devenir. Le gel est depuis 25 ans la position de la FEUQ, et ce n’est pas près de changer », assure le président.

 

L’organisation mise davantage sur l’aide financière aux études dans sa campagne, notamment pour se mettre dans une bonne position de négociation avec le gouvernement cet automne, alors qu’elle participera à la commission sur la fiscalité et d’autres rencontres organisées par la commission de révision des programmes du gouvernement du Québec. « C’est important que notre campagne annuelle soit conjoncturelle avec ce qui se passe. Le gouvernement met sur pied des consultations, et nous voulons y participer activement », justifie le président.

 

Ces demandes de bonification de l’aide financière seront accompagnées de propositions de financement pour éviter d’être considérées comme une dépense supplémentaire, ajoute-t-il.

 

La Fédération étudiante collégiale du Québec, qui regroupe 70 000 étudiants, appuie la stratégie de la FEUQ. « Quand on fait face à une fermeture de la part du gouvernement concernant une proposition, il faut proposer d’autres idées pour atteindre notre objectif d’accessibilité aux études », a affirmé au Devoir son président, Alexis Tremblay.

 

À ses yeux, le programme d’aide financière aux études comprend plusieurs mesures désuètes, ce pour quoi il est en faveur de sa modernisation. « Les dépenses admises dans ce programme ne tiennent pas compte des nouvelles réalités, comme les dépenses grandissantes en frais d’accès à Internet », note M. Tremblay.

 

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante est elle aussi ouverte à une réforme du programme d’aide financière aux études. Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, n’était pas disponible pour accorder d’entrevue lundi, a indiqué au Devoir son cabinet.

2 commentaires
  • Denis Bouchard - Inscrit 19 août 2014 07 h 41

    encore une demande de diminution des frais

    « Les dépenses grandissantes en frais d’accès à internet » ? Pourrait-on avoir des chiffres à propos de cette menace à la qualité de vie des étudiants ? Y a-t-il vraiment une augmentation de ces frais ? Et est-ce plus qu’une poignée de dollar ?

    Quant au gel des frais de scolarité (cette diminution effective des frais), les leaders étudiants nous ressortent encore une fois l’affirmation que le dégel des frais forcerait beaucoup d’étudiants à interrompre leurs études. Venant d’étudiants universitaires et collégiaux, on s’attendrait à ce qu’une telle affirmation soit présentée avec une argumentation serrée qui conduit logiquement à cette conclusion. Or on n’a jamais fait la moindre démonstration de la chose et je parie que ses tenants sont incapables de fournir un seul cas documenté démontrant que la personne en question doit interrompre ses études si on augmente ses frais de scolarité de quelques dizaines de dollars.

    Quant aux propositions de financement que vous allez joindre à vos demandes de bonification de l’aide financière, j’espère qu’elles seront plus sensées que le réflexe des leaders étudiants lors des dernières grandes manifestations. Ils avaient demandé de piger dans l’argent pour la recherche universitaire afin de réduire leurs frais de scolarité. Heureusement, quelqu’un leur a expliqué durant la nuit les rudiments du fonctionnement d’une université et ils ont retiré leur suggestion le lendemain matin.

    Allez au-delà des clichés et des redites, soyez sérieux dans votre argumentation, et nous vous prendrons au sérieux.

    • Sebastien Fauteux - Inscrit 21 août 2014 02 h 51

      Monsieur Bouchard, pour répondre à votre demande d'informations supplémentaires:

      En 2004, un accès à internet coûtait environ 20$. Aujourd'hui, pour un accès équivalent (milieu de gamme en vitesse et capacité), c'est 50$. Ceci s'ajoute au fait que le coût du panier d'épicerie a doublé et les frais de scolarité ont augmenté d'environ 30% (environ 600$ par an de plus).

      Un étudiant moyen a un revenu d'environ 12k$ par an, environ 3k$ sont affectés aux frais de scolarité. Des 9k$ restants, environ 5k$ sont affectés au loyer. 500$ pour l'autobus. y sont prélevés. Il reste 4,5k$ pour le reste dont 500-700$ de transport en commun seront à prévoir, il faut considérer les loisirs, la nourriture (2k$), les vêtements, le permis de conduire annuel, les frais de santé, le dentiste?... Tout cela sachant que pour 75% des étudiants, 50% de cet argent sera en fait un prêt. Oui oui, un prêt... Et chanceux sont ceux qui sont dans la moyenne. Donc oui, n'importe quelle augmentation des frais a un impact MAJEUR sur la qualité de vie des étudiants.

      L'argumentaire sur la diminution de l'accessibilité a été largement étayé en 2012... je vous prie de vous y référer. Vous avez raison, généralement seulement une augmentation n'empêche personne de continuer. Néanmoins, ce n'est pas une situation binaire. Considérez que l'effet est cumulatif au reste et oui, l'augmentation des frais de scolarité a un effet sur l'accessibilité.

      Au plaisir,

      Sébastien Fauteux
      Étudiant qui du arrêter pendant une session parce que financièrement, ce n'était pas possible.