Le milieu de l’éducation attend des réponses

Le ministre Yves Bolduc
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Yves Bolduc

Devant le flou qui persiste entourant la nouvelle politique de financement des universités, le milieu de l’éducation presse le ministre Yves Bolduc de rendre public le rapport d’experts sur le sujet et de faire connaître ses intentions. Lancés après le Sommet sur l’enseignement supérieur en  2013, les travaux du chantier, qui doit proposer une façon de revoir et de « simplifier » le calcul du financement pour plus d’équité entre les établissements, devaient se terminer en juin dernier.

 

« Le milieu attend des réponses », a soutenu Max Roy, le président de la Fédération québécoise des professeures et des professeurs d’université (FQPPU). « On ne veut pas une confrontation [avec le ministre]. On n’est plus à cette étape-là. Mais il y a eu des chantiers, alors essayons de construire là-dessus, et s’il y a des choses à faire, faisons-les. Mais il est temps d’avoir une position nette sur la question », a-t-il ajouté.

 

Dans Le Devoir de mercredi, le ministre de l’Éducation a brièvement évoqué et cerné le problème du financement universitaire, laissant entendre qu’il doit être revu et que certains programmes ne sont pas « financés à la hauteur » et qu’il y aurait lieu de doter davantage ceux qui coûtent le plus cher. Le milieu de l’éducation se plaint depuis longtemps que le financement actuel — principalement par tête d’étudiant, mais également ajusté par des enveloppes supplémentaires en fonction du coût des programmes — n’est plus adéquat.

 

« Les règles de calcul semblent désuètes et ne répondent plus à la réalité parce que trop d’importance est donnée aux effectifs étudiants […] alors que ça devrait être en fonction des cours qu’elles [les universités] donnent », résume Jonathan Bouchard, président de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ). Il dit avoir eu du mal à « déchiffrer » ce que le ministre a en tête et souhaite vivement la publication du rapport.

 

Dans la situation actuelle, les universités cherchent par tous les moyens des façons d’aller chercher du « financement alternatif », ce qui a des effets pervers, souligne Jonathan Bouchard. Dans certains programmes de génie, des stages passent de 3 à 9 crédits, parce que plus de financement y est associé. Même si dans les faits, le stage ne mérite que 3 crédits, a-t-il constaté. « Cette situation découle directement de la non-adéquation entre ce que [la formation] coûte réellement et les subventions allouées aux universités. C’est aussi la preuve d’un manque de reddition de compte et de surveillance», dit-il.

 

Pour le président de la FQPPU, le nombre d’étudiants n’est qu’une variable parmi tant d’autres dans le calcul du financement. « Actuellement, on ne tient pas compte des besoins académiques et pédagogiques dans chacune des disciplines et c’est de cela qu’il faut se préoccuper », croit Max Roy. Sa fédération propose que la « tarte » du financement soit divisée en plusieurs portions, une pour l’administration, une autre pour l’embauche de profs, etc. Les programmes qui ouvrent, et qui comptent généralement peu d’étudiants les premières années, sont actuellement pénalisés par la formule actuelle du financement par tête d’étudiant. Idem pour les programmes en déclin, souligne-t-il. « Pour rendre attrayant un programme en déclin [...], on doit se donner les moyens financiers de le réviser en profondeur. »

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