Déficit de 29,3 millions de dollars à la Commission scolaire de Montréal

Depuis 2010, ce sont près de 800 millions qui ont été retranchés du budget des commissions, souligne la présidente du conseil des commissaires de la<br />
CSDM, Catherine Harel-Bourdon.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Depuis 2010, ce sont près de 800 millions qui ont été retranchés du budget des commissions, souligne la présidente du conseil des commissaires de la
CSDM, Catherine Harel-Bourdon.

Scénario catastrophe à la Commission scolaire de Montréal : après des années de luttes contre le déficit, la CSDM se retrouve à nouveau avec un trou de plus de 29 millions de dollars dans son budget, à la suite d’une nouvelle vague de compressions annoncées au début du mois dernier par le gouvernement Couillard.

 

Dans son budget dévoilé au début du mois de juin, Québec annonçait des compressions de plus de 150 millions dans le réseau de commissions scolaires québécois, dont près de 15 millions à la CSDM. Depuis 2010, ce sont près de 800 millions qui ont été retranchés du budget des commissions, souligne la présidente du conseil des commissaires de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon.

 

Déjà qu’il était difficile de répondre aux besoins des quelque 112 000 élèves de la CSDM, les nouvelles exigences de Québec rendent la chose « impossible », selon elle.

 

« Ça n’a pas de bon sens, ce qui nous est demandé. On nous demande carrément d’aller couper dans les programmes de réussite scolaire, d’appui aux élèves, d’aide alimentaire, d’ateliers de francisation », s’indigne la présidente.

 

Les 15 millions retranchés au début du mois de juin s’ajoutent au déficit prévu de quelque 14 millions pour l’année scolaire 2014-2015.

 

La CSDM en était en principe à la troisième année de son plan de retour à l’équilibre budgétaire, un plan qui s’échelonne sur cinq ans.

 

Cette année, la commission scolaire avait déjà amputé 11 millions de son budget, par exemple en abolissant 25postes de professionnels ces dernières semaines, abaissant le déficit à 16 millions. Depuis le dévoilement du budget provincial, elle a été en mesure de trouver 2 millions additionnels d’économies, selon Mme Harel-Bourdon.

 

« Il y a eu beaucoup de travail de fait cette année. Et là, en juin, le gouvernement arrive et nous demande 15 millions de plus. C’est un non-sens. Pour nous, il est hors de question que nous allions chercher de l’argent auprès des enfants qui en ont le plus besoin », ajoute la présidente, soulignant que près de 50 % de la clientèle de la CSDM n’a pas le français comme langue maternelle, et la proportion élevée d’enfants avec des difficultés d’apprentissage.

 

La CSDM regroupe environ 10 % des élèves handicapés du Québec. Or, les services leur étant destinés sont sous-financés. Le gouvernement n’assure que 10 % de la facture de ces servicesau primaire et 14 % de celle au secondaire.

 

Mercredi soir, le conseil des commissaires de la CSDM a donc demandé à Québec l’autorisation d’effectuer un déficit de 29 millions, comme le requiert la loi. Chaque année, les commissions scolaires qui ne sont pas en mesure d’atteindre l’équilibre budgétaire doivent formuler une telle demande au gouvernement.

 

Rappelons qu’il y a trois ans, la CSDM a connu un déficit record de près de 50 millions. Mme Harel-Bourdon estime que la commission a fait d’énormes efforts depuis puisque ses frais d’administration atteignent aujourd’hui moins de 4 %. Plus de 190postes ont été abolis depuis 2011.

 

Dans une sortie publique commune, au début du mois de juin, les cinq syndicats représentant le personnel enseignant et non enseignant de la CSDM avaient uni leur voix à celle des commissaires afin d’exhorter le gouvernement à avoir le « courage politique de réinvestir dans le réseau des écoles publiques les 550 millions de dollars réservés annuellement aux écoles privées ». En vain, du moins pour l’instant.


 
5 commentaires
  • Robert Boivin - Inscrit 3 juillet 2014 08 h 30

    Joindre l'utile à la bonne forme...

    Quand j'entends le discours de mme Harel-Bourdon, je ne peux m'empêcher de faire un retour en arrière:j'ai fait tout mon primaire en marchant environ 1,5 km aller et retour a l'école, en milieu rural.Durant mon secondaire,je m'y rendais en byciclette.
    Alors mme la présidente, ça ne vous a jamais venu à l'esprit de couper dans le transport scolaire en repoussant la limite de klms/enfant...Pourtant c'est pas bien difficile a calculer, plus de marche, plus de vélo =plus de forme pysique pour nos élèves génération tablette/iphone et surtout 0 déficit....

    Mais c'est vrai...c'est peut-être trop «adroit(e)»

    Robert Boivin

    • Marie-Ève Mathieu - Abonnée 3 juillet 2014 13 h 30

      Ici, on parle de la CSDM. Les enfants habitent Montréal. Vous voulez vraiment que chaque matin plus de 100 000 enfants arpentent les trottoirs de la métropole? Combien d'accidents causés par des automobilistes pressés? Combien d'engorgements devant les cours d'école, parce que les parents préféreront aller conduire leurs enfants plutôt que les laisser marcher dans les rues seuls (moi non plus je ne laisserais un petit de 6 ou 7 ans se promener seul à Montréal).

  • Bernard Théroux - Inscrit 3 juillet 2014 12 h 42

    Cher Mr Boivin

    Le problème Mr Boivin c'est que je vois mal mon garcon de 7 ans marcher 1,5 km au travers le centre ville.

    Il faut se mefier des idées trop simpliste. Qu'elles soient de droites ou de gauches.

  • François Dugal - Inscrit 3 juillet 2014 18 h 03

    Proverbe chinois

    "Un peuple qui n'investit pas dans l'éducation n'a aucun avenir" - Lao-Tseu

    • Hélène Paulette - Abonnée 3 juillet 2014 23 h 56

      Ni de passé M.Dugal.