Une année scolaire qui finit sur une note « absurde »

Dans certaines écoles, le 23 juin, un lundi, sera la dernière journée de l'année scolaire, avant le congé de la Saint-Jean-Baptiste.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Dans certaines écoles, le 23 juin, un lundi, sera la dernière journée de l'année scolaire, avant le congé de la Saint-Jean-Baptiste.

L’année scolaire se terminera sur une note un peu absurde au goût de certains parents, alors que les élèves devront aller en classe le lundi 23 juin, au retour de la fin de semaine et juste avant la journée fériée de la Saint-Jean-Baptiste.

 

« C’est totalement absurde. Moi, c’est clair que mon enfant n’ira pas à l’école », souligne une mère d’un garçon qui fréquente une école secondaire de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). « C’est vraiment ridicule : les examens sont finis, les enfants n’en peuvent plus, les parents travaillent déjà comme des fous depuis deux semaines pour essayer de les garder motivés […] et ils vont mettre une journée soi-disant obligatoire le 23 en sachant très bien que l’école sera à moitié vide ! », poursuit-elle. D’autres soulignent le caractère insensé de ne pas avoir puisé dans la banque de journées pédagogiques, qu’elles soient institutionnelles ou propres à un établissement, pour en mettre une le 23 juin.

 

À la Commission scolaire de Montréal, si la plupart des écoles ouvrent leurs portes aux enfants lundi prochain, certaines ont toutefois choisi de puiser dans une banque de congés qui leur sont propres pour ne pas qu’il y ait classe en ce lundi pré-Saint-Jean. C’est aussi le cas à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, sur l’île de Montréal, dont environ 30 % à 40 % des écoles ont choisi de finir vendredi et de décréter une journée pédagogique le 23 juin.

 

Dans d’autres commissions scolaires, comme Marie-Victorin et des Grandes-Seigneuries, le 23 juin sera une journée pédagogique dans tous les établissements et les vacances commenceront vendredi, après la cloche. À la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, les élèves n’auront pas d’école non plus lundi, la journée pédagogique étant puisée à même la banque de trois congés flottants de « reprise de tempête ».

 

Approuvé par tous

 

Aussi illogique que cela puisse paraître aux yeux de certains, le calendrier scolaire n’est pas conçu à la légère. « On fait les calendriers sur une période de trois ans et ils sont approuvés par tous nos partenaires, comité de parents, syndicats, etc. Tout le monde se prononce sur les calendriers des trois prochaines années, qui comptent 180 jours d’école pour les enfants et 200 pour les enseignants », a expliqué Alain Perron, porte-parole de la CSDM.

 

Ensuite, c’est à l’école, à travers son conseil d’établissement (CE), de déterminer où seront placées les journées pédagogiques locales. « C’est aux parents du CE de soulever le point en réunion et de dire qu’ils ne sont pas d’accord avec la façon dont a été pensé le calendrier. Sinon, on ne peut faire grand-chose », a indiqué Ève Kirlin, vice-présidente communications du Comité central de parents de la CSDM. Le calendrier scolaire pour la prochaine année scolaire est toujours approuvé à la fin de la précédente (donc en ce moment).

 

« Comme parent, je sympathise avec ceux qui vivent cette problématique. On est bien embêté, on ne voudrait pas encourager notre enfant à manquer l’école. C’est vrai qu’une situation comme ça peut bousculer les enfants », a-t-elle dit. Plusieurs camps de jour commenceront d’ailleurs le lundi 23 juin et peu d’enfants se présenteront à l’école, reconnaît-elle. Mais elle rappelle que les dernières journées d’école sont consacrées à des jeux.

 C’est aux parents du CE [...] de dire qu’ils ne sont pas d’accord avec la façon dont a été pensé le calendrier. Sinon, on ne peut faire grand-chose. 

7 commentaires
  • Bernard Morin - Abonné 19 juin 2014 08 h 12

    Fête de la St-Jean

    Dans l'ensemble des médias on voit et entend de plus en plus parler de la St-Jean-Baptiste. C'est particulièrement le cas à Radio-Canada. Il s'agit pourtant de la Fête nationale du Québec. Pourquoi? On "jase" de la St-Jean mais il s'agit d'abord de la Fête national de tous les québécois. Nommons la chose par son nom sans renier évidemment la trame historique et identitaire qui a conduit le peuple québécois de la St-Jean à la Fête nationale.

  • André Michaud - Inscrit 19 juin 2014 10 h 43

    Bureaucratie

    Un autre example de la bureaucratie scolaire qu'on doit subir et de la mauvaise administration ...

  • Jacques Gagnon - Inscrit 19 juin 2014 14 h 54

    Tous les prétextes sont bons

    Les parents qui partent en voyage avec leurs enfants pendant l'année scolaire, qui défont l'autorité des enseignants sur leurs enfants, qui les gardent à la maison pour toutes sortes de prétexte, tout ça et encore plus, les camps de jour, ça se voit de plus en plus. L'école n'est pas toujours prioritaire. Alors quand j'entend ce genre de jérémiades où on plaint le pauvre petit qui devra encore faire quelque chose qu'il n'aime pas, je me dis que la vie est tellement cruelle parfois. Imaginez ! En plus les pauvres parents qui ont la tâche infâme d'être responsable.

    Il ne faut surtout pas manquer la première journée du camp de jour. Quand on en est rendu à faire les manchettes avec ça,

  • Denise Lauzon - Inscrite 19 juin 2014 14 h 55

    75 jours de congé d'été

    Le fils d'une amie qui vient de terminer son Secondaire 3 m'a annoncé qu'il allait pouvoir profiter de 75 jours de congé cet été. Sommes-nous les champions des congés scolaires au Québec? Ah oui j'oubliais. En plus des 75 jours de congé d'été, il faut ajouter 2 semaines au temps des fêtes, une semaine de relâche en mars, 3 ou 4 jours à Pâques.

    Pas surprenant que les jeunes soient bombardés de travaux scolaires quand ils retournent à l'école.

  • Roxane Bertrand - Abonnée 19 juin 2014 15 h 07

    C'est la fête

    Plusieurs écoles feront la fête le 23 avec jeux gonflable et pique-nique. Les parents sont invités à y aller avec leurs enfants.

    Il est vrai que ce n'est pas très "futé" de finir l'année scolaire un lundi, mais certaines écoles ont trouvé le moyen de motiver les élèves à y aller.