Hausse infime des demandes d’admission en techniques

Selon les données préliminaires du premier tour pour la région de Montréal, 51,5 % des demandes ont été faites dans des programmes techniques, comparativement à 51,2 % l’an dernier.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon les données préliminaires du premier tour pour la région de Montréal, 51,5 % des demandes ont été faites dans des programmes techniques, comparativement à 51,2 % l’an dernier.

Alors que la baisse prévue des demandes d’admission au collégial ne semble pas se concrétiser, l’engouement pour les formations techniques croît à pas de tortue. La pénurie de main-d’oeuvre est pourtant réelle : selon les données d’Emploi-Québec, 1,4 million d’emplois dans les secteurs techniques et professionnels seront à pourvoir d’ici 2019.

 

Selon les données préliminaires du premier tour pour la région de Montréal, 51,5 % des demandes ont été faites dans des programmes techniques, comparativement à 51,2 % l’an dernier. « Ça ne bouge pas beaucoup », reconnaît Geneviève Lapointe, directrice des communications au Service régional d’admission du Montréal métropolitain (SRAM), qui regroupe 35 cégeps. Mais elle ne s’inquiète pas trop : de plus en plus de jeunes vont aller sur le marché du travail et même à l’université pour revenir ensuite faire une technique. « On a fait une étude auprès des finissants du secteur technique. Et quand on regarde le placement, les performances sont très bonnes et leurs conditions salariales s’améliorent d’année en année. »

 

Région de Québec

 

Pour les cégeps dans la région de Québec, les demandes des étudiants sont également réparties : 50 % pour le secteur technique et 50 % pour le préuniversitaire. « Le secteur technique prend une légère avance cette année et on sent qu’il prend encore de plus en plus de place », a indiqué Marc Viens, directeur général du Service régional d’admissions au collégial de Québec (SRACQ), qui comprend 15 collèges. Pour lui, même si c’est minime pour le moment, c’est une bonne nouvelle, car cela permettra de maintenir en vie les formations techniques, qui coûtent plus cher à offrir que les formations pré-universitaires.

 

Au Collège Dawson, le plus gros cégep anglophone du Québec, la demande pour la formation pré-universitaire est toujours plus élevée (65 à 70 %), comparativement à la formation technique (30 % à 35 %). C’est relativement encore stable cette année, constate Donna Varrica, responsable des communications.

 

Dans les cégeps du SRAM, les techniques policières sont toujours très populaires. À Dawson, ce sont les techniques en soins infirmiers, en techniques administratives et en informatiques qui intéressent le plus les jeunes qui choisissent ce type de formation collégiale.

 

Pas de diminution draconienne

 

Bonne nouvelle pour les cégeps, la baisse attendue des demandes d’admission ne semble pas se concrétiser. Elle n’est, en tout cas, pas draconienne. Selon le SRAM, environ 67 000 dossiers d’inscriptions ont été reçus, soit une centaine de moins que l’an dernier (une diminution de moins de 1 %). « On s’attend souvent à une diminution parce que, démographiquement, on nous annonce une baisse au Québec. Mais le portrait demeure inchangé », a dit Mme Lapointe, qui rappelle que les données sont préliminaires. Soulignons qu’au premier tour, 73 % des étudiants qui ont fait une demande ont été admis, contre 71 % l’an dernier.

 

Dans la région de Québec et dans l’est de la province, la baisse est d’à peine 1 %. « Selon nos études internes, on s’attendait à une baisse de 2-3 % au moins, mais ça ne s’est pas produit », a dit Marc Viens. Au collège Dawson, la chute de demandes d’admission a été plus importante, mais pas catastrophique : 10 000 demandes comparativement à 11 000 l’an dernier.

 

« On n’est pas prêts à dire que c’est une bonne nouvelle, car il faut attendre les résultats des 2e et 3e tours, mais on ne peut pas dire que c’en est une mauvaise », soutient Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).

 

Pour elle, un plus grand nombre d’admissions dans le secteur technique pourrait certes combler les besoins de main-d’oeuvre, mais il faudrait arriver à un bon équilibre entre les intérêts des jeunes et les besoins du marché.

18 commentaires
  • Léopol Bourjoi - Inscrit 28 avril 2014 06 h 18

    L'évidence

    Qui est surpris de constater que les jeunes ne veuillent pas passer leur vie en bas de l'échelle sociale?

    • Patrick Lépine - Inscrit 28 avril 2014 10 h 05

      Avec 26 nouveaux ministres en plus, ce n'est pas comme si le gouvernement n'en avait pas les moyens!

    • Philippe Beaulac - Inscrit 28 avril 2014 12 h 36

      M.Bourjoi, pour vous, les technologues sont au bas de l'échelle sociale ?
      Je trouve que votre bas est tout de même assez haut, vous semblez négliger plusieurs critères pour poser votre jugement sur des professions très prometteuses.

  • Martin Pelletier - Inscrit 28 avril 2014 08 h 01

    a quand une baisse?

    Le vieillissement de la population entraine une augmentation du budget de la santé.
    Mais pourquoi que la baisse de natalité des années 90 (la natalité n'a recommencé à monter qu'à partir de 2001) ne se traduit pas par une baisse des étudiants et donc des budgets de l'Éducation?
    Réponse:
    1) On a réduit les classes et augmenter les spécialistes
    2) Les jeunes étudient plus longtemps que jadis
    3) On va chercher des étudiants en France, à la Réunion, à Madagascar pour remplir les Cegeps à Matane, à Rouyn, dans la Beauce
    4) Les immigrants, qui arrivent ici bardés de diplomes pourtant, se recyclent au cegep et à l'université.

    Résultat: le budget de l'Éducation, qui devrait baisser, augmente

  • Francois Parent - Inscrit 28 avril 2014 09 h 18

    Le secteur technique moins payant et intéressant

    Ne chercher pas loin les emplois en technique existent pour seconder les universiataire dans leur travail moins intéressant. De plus le salaire est moins intéressant.

    • Johanne Bédard - Inscrite 28 avril 2014 12 h 02

      Qui êtes-vous pour ainsi porter des jugements de valeurs sur les étudiants ? Vous laissez croire que les jeunes qui choissisent de faire une technique sont « intellectuellement » moins intéressants que ceux qui vont vers les 1er et 2e cycle universitaires ?

      Les techniciennes et les techniciens sont aussi importantEs dans la société que des docteurs en ceci ou en cela.

      Qui pensez-vous répare votre voiture ?

      Qui pensez-vous répare votre ordinateur ? Non, le bachelier est administrateur et crée des programmes et/ou administre des réseaux.

      Qui pensez-vous vous aide à choisir et vous informe en matière d'électronique ?

      Réfléchissez monsieur avant de commenter.

    • Beth Brown - Inscrite 28 avril 2014 13 h 07

      Je ne crois pas, Monsieur Parent, que vous jugez les étudiants. Vous soulevez, entre autres, une réalité qui fait que les inscriptions penchent du côté du parcours universitaire. Je crois que plusieurs feront de mauvais diplômés du fait qu'ils recherchent plus le salaire que la compétence qu'ils ne peuvent certainement pas tous atteindre.

      Un exemple pour ce que vous avancez c'est l'architecte qui reçois la commande, empoche le pognon du contrat et fait faire les plans par un technicien(ne) qu'il paye à petit salaire (comparativement au profit qu'il fait). Ceci se répète chez les hygiénistes dentaires, les secrétaires de notaires, et autres, qui seront de plus en plus appelés à travailler pour des patrons incompétents dans les décennies qui s'annoncent.

      Sachez, madame Bédard, que mon commentaire inclut la pensée qu'il n'y a pas de sots métiers. Il n'y a que de sottes gens.

  • Denis Carrier - Abonné 28 avril 2014 09 h 19

    Vendre ce besoin

    Pour diriger les jeunes là où seront (et sont déjà) les besoins, il faut vendre l'idée. Que de temps nous prenons pour comprendre qu'une idée, ça se vend comme tout autre produit. Que se soit l'idée d'avoir un pays, de passer à la traction électrique plutôt qu'au pétrole ou de choisir une profession «Big Sister» est le dénominateur commun. Elle nous a imposé la ceinture de sécurité, le hockey, etc, pourquoi pas un choix de carrière correspondant à nos besoins. Alors à quand un investissement important dans des publicités à la télé en gardant en arrière-plan le coût monétaire et social d'un chômeur vs un travailleur bien payé.

    • Patrick Lépine - Inscrit 28 avril 2014 10 h 06

      26 nouveaux ministres, la pub est déjà là!

  • Francois Parent - Inscrit 28 avril 2014 09 h 20

    Mettre fin à la formation collégiale

    Si nous avons un déficite devenons-nous pas mettre fin à la formation collégiale ?

    • Philippe Beaulac - Inscrit 28 avril 2014 12 h 54

      avec votre niveau de français écrit et les fautes d'orthographe que vous faites, m.Parent, peut-être auriez-vous mieux fait de faire une formation collégiale. Et pour votre suggestion, c'est sans commentaire, mais mon silence veut tout dire.

    • - Inscrit 28 avril 2014 16 h 42

      On pourrait aussi mettre fin aux hôpitaux ... l'économie serait bien plus considérable ... et pourquoi pas revenir à ce beau temps des écoles de rang? Les Québécois ont-ils vraiment besoin des écoles secondaires publiques ? On pourrait alors économiser tellement !!!

      Quelqu'un a dit : "Si vous croyez que l'éducation coute cher, essayez donc le contraire !"